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Des champignons hallucinogènes pour faciliter le processus de fin de vie

Tony White tenant un petit bout de champignon psychédélique à la main.

Tony White explique que la thérapie à base de champignons hallucinogènes a contribué à soulager sa détresse, son cancer étant en phase terminale.

Photo : Radio-Canada / Tony White

Radio-Canada

Tony White, atteint d’un cancer incurable, est le premier Albertain à suivre une thérapie légale qui comprend l'utilisation de la psilocybine, un hallucinogène actif que l'on trouve dans les « champignons magiques ».

L'année dernière, Santé Canada a commencé à autoriser les patients en soins palliatifs à prendre des « champignons magiques » pour soulager leur détresse pendant la fin de leur vie.

Tony White, âgé d'une quarantaine d'années, originaire d’Airdrie, en Alberta, était aux prises avec des crises d’anxiété et un état dépressif depuis qu’il savait que son cancer était en phase terminale.

Sa conjointe, Rebecca Crewe, dit qu'il a été difficile de le voir perdre sa joie de vivre.

Il est passé du statut de M. Bonheur, que tout le monde connaît, à celui d’une personne isolée à la maison atteint d'une maladie en phase terminale, raconte-t-elle.

Tony White a pris des « champignons magiques » pour la première fois le 1er janvier. Il dit qu'il s’est senti en paix.

L'expérience a été incroyable. Je ne pouvais rien demander de plus.

Tony White

Selon le couple, après avoir pris de la psilocybine, sous la supervision d'un psychiatre, le regard, le comportement et même le langage corporel de Tony White ont changé.

Il rit. Il sourit. Il a retrouvé le sens de l'humour, il est à nouveau affectueux, s’exclame Rebecca Crewe. Cela a changé sa vie.

Cette dernière explique que l'expérience a été si bénéfique pour eux qu’ils ont voulu en parler à d'autres.

J'ai vu tellement de changements physiques, spirituels et émotionnels. Cela a été vraiment inspirant et incroyable [...] Cela nous incite encore plus à vouloir parler de cette expérience à d'autres patients qui sont dans la même situation que Tony.

Rebecca Crewe, compagne de Tony White

L'entreprise Atma Journey Center (ATMA), de Calgary, a aidé Tony White dans sa démarche.

ATMA fournit des thérapies psychédéliques à l'échelle internationale et a mené le premier programme canadien de thérapies psychédéliques assistées légales.

Combattre les préjugés

Le cofondateur de la société, David Harder, dit qu’il a suscité moqueries et désapprobation lorsqu'il parlait des bienfaits médicaux des « champignons magiques » et d'autres hallucinogènes. Or, les recherches scientifiques se multiplient pour étayer ces affirmations.

Dans 20 ans, nous allons regarder en arrière et nous demander comment nous avons pu penser que ces produits étaient mauvais , affirme-t-il.

Si [ces thérapies] sont faites correctement, si elles sont faites avec respect, elles peuvent être le meilleur atout dont nous disposons pour nous aider à surmonter les problèmes de santé mentale auxquels nous faisons face.

David Harder, cofondateur de la société ATMA

Les traitements à base de psilocybine ont été conçus pour soulager la détresse des personnes atteintes d'un cancer en phase terminale, mais ils font encore l'objet d'essais cliniques nécessaires avant qu'ils puissent être largement diffusés auprès du public.

David Harder précise qu'il existe un processus de sélection dans le cadre de chaque demande de traitement. En général, la personne qui reçoit l'autorisation légale de suivre ce type de thérapie, doit recevoir des conseils avant et après chaque prise.

David Harder ajoute qu'il y a des personnes présentes pendant les quatre à cinq heures que dure l'expérience psychédélique, comme un thérapeute, un psychologue ou un psychiatre.

David Harder croit que les champignons psychédéliques pourraient un jour être utilisés plus largement pour traiter divers troubles de santé mentale tels que les troubles de stress post-traumatique.

Actuellement, Santé Canada approuve leur utilisation au cas par cas, uniquement pour les personnes en soins palliatifs.

Depuis août 2020, l'organisme a accordé ce droit à 20 personnes atteintes d'un cancer.

Avec les informations de Colleen Underwood

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