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Cuba redevient un État « soutenant le terrorisme », selon Donald Trump

Portrait de Mike Pompeo.

Le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo

Photo : Reuters / POOL

Radio-Canada

À neuf jours de la fin du mandat du président Donald Trump, son administration remet Cuba sur la liste des « États soutenant le terrorisme », ce que La Havane a dénoncé, qualifiant l’action de Washington d’« opportunisme politique ».

Le département d'État a classé Cuba comme État soutenant le terrorisme pour avoir apporté son soutien de manière répétée à des actes de terrorisme international en donnant refuge à des terroristes, a annoncé le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo.

Avec cette mesure, nous allons à nouveau tenir le gouvernement de Cuba pour responsable et envoyer un message clair : le régime Castro doit mettre fin à son soutien au terrorisme international et à la subversion de la justice américaine, a-t-il ajouté dans un communiqué, en évoquant les anciens dirigeants cubains Fidel et Raul Castro.

Cuba rejoint sur cette liste noire américaine l'Iran, la Corée du Nord et la Syrie. Le Soudan vient d'en être retiré par Donald Trump en contrepartie de l’établissement de relations diplomatiques avec Israël.

La Havane se dit elle-même victime de terrorisme

Nous condamnons la qualification cynique et hypocrite de Cuba comme État soutenant le terrorisme, annoncée par les États-Unis. L'opportunisme politique de cette action est reconnu par tous ceux qui se soucient avec honnêteté du fléau du terrorisme et de ses victimes, a réagi le chef de la diplomatie cubaine, Bruno Rodriguez, sur Twitter.

Cuba est un État victime du terrorisme perpétré pendant des années par le gouvernement américain ou par des individus ou organisations qui agissent depuis ce territoire, sous la tolérance des autorités, a déclaré Carlos Fernandez de Cossio, chef du département des États-Unis au sein du ministère cubain des Affaires étrangères.

Selon lui, ces attaques ont fait au total 3478 victimes mortelles cubaines et 2099 infirmes.

M. de Cossio a souligné par ailleurs que le département d'État américain manipule le sujet du terrorisme avec un opportunisme politique grossier.

La Havane avait été omise de la liste en 2015, lors du rapprochement opéré par l'ancien président démocrate Barack Obama, dont Joe Biden était le vice-président. La même année, les deux pays ennemis avaient rétabli leurs relations diplomatiques pour tenter de tourner la page de la guerre froide.

Lors d'une visite historique en 2016 à Cuba, Barack Obama était devenu le premier président américain en exercice à fouler le sol cubain depuis la révolution castriste de 1959.

Mais durant les quatre années de son unique mandat, Donald Trump, s'adressant volontiers à l'importante communauté d'exilés cubains de Floride, un électorat clé dans un État clé, n'a cessé de revenir sur la politique d'ouverture de son prédécesseur et de durcir le sévère embargo imposé à l'île des Caraïbes depuis 1962.

Que fera Biden?

L'inscription sur la liste noire a pour conséquence d’entraver davantage les investissements étrangers à Cuba.

Cette décision de l’administration Trump apparaît comme une tentative de compliquer la tâche de la future administration du président élu Joe Biden dans le cas où elle souhaiterait renouer avec La Havane.

Le démocrate avait affirmé durant sa campagne qu'il procéderait rapidement à l'élimination des restrictions de Trump sur les transferts d'argent et les voyages qui nuisent aux Cubains et séparent les familles.

Cependant, s'il veut annuler la sanction de lundi, il devra toutefois attendre et se plier à un processus juridique complexe et souvent long : le département d'État devra engager une analyse formelle afin de pouvoir déclarer que le pays n'a pas eu de liens terroristes au cours des six derniers mois.

Les justifications de Pompeo

L'administration Trump s'est efforcée depuis le début de nier au régime Castro les ressources qu'il utilise pour opprimer son peuple, et à contrer ses ingérences néfastes au Venezuela et dans le reste du continent américain, a écrit Mike Pompeo dans son communiqué.

Il a accusé le gouvernement cubain d'avoir nourri, logé et soigné pendant des années des meurtriers, des artificiers, des pirates de l'air, pendant que de nombreux Cubains manquent de nourriture, d'un toit et des médicaments de base.

Il a invoqué, pour justifier sa décision, le refus de La Havane d'extrader vers la Colombie dix chefs de l'Armée de libération nationale (ELN) après l'attentat de janvier 2019, revendiqué par le groupe, contre l'école de cadets de Bogota, qui a tué 22 personnes.

Cuba accueille aussi plusieurs Américains échappant à la justice, recherchés ou inculpés de violence politique, a-t-il indiqué.

Avec les informations de Agence France-Presse

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