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Québec toujours indécis sur l'administration des deuxièmes doses de vaccin

Portrait de François Legault.

Le gouvernement Legault évalue toujours s'il conservera ou non la moitié des doses des vaccins pour administrer la deuxième dose dans les temps prescrits par les fabricants.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Laurianne Croteau

Le gouvernement du Québec évalue toujours s'il doit conserver ou non la moitié des doses des vaccins pour administrer la deuxième dose dans les temps prescrits par Pfizer-BioNTech et Moderna. La décision quant à la stratégie qu'adoptera Québec sera prise dans les prochains jours, assure le ministre de la Santé, Christian Dubé.

Des discussions se tiennent présentement entre Québec, le Comité consultatif national de l'immunisation et les fabricants pour déterminer s’il serait préférable de revenir à la stratégie initiale ou de poursuivre en fonction du plan actuel.

Est-ce qu'il y a un risque réel qu'une compagnie comme Pfizer cesse de livrer des doses parce qu'on ne respecte pas le délai entre les deux doses?, s'est demandé tout haut le premier ministre François Legault en conférence de presse lundi. Évidemment, on va se conformer si c’est pour arrêter l'approvisionnement des nouvelles doses.

Pour le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, le véritable débat est de savoir à quel intervalle les doses doivent être administrées. C’est certain qu’on va donner deux doses, mais on veut utiliser le vaccin de la façon la plus optimale pour protéger le maximum de personnes dans un court laps de temps.

Des critiques au fédéral

La semaine dernière, la Dre Supriya Sharma, conseillère médicale principale de Santé Canada, a critiqué la stratégie adoptée par Québec, qui a choisi d’inoculer une première dose de vaccin au plus grand nombre de personnes possible auprès des groupes prioritaires.

On voudrait que ça soit le gouvernement du Québec et non le gouvernement fédéral qui décide de la procédure, affirme François Legault.

Nous, on préfère vacciner le maximum de personnes, c'est une question de solidarité. C'est vrai que c'est peut-être un peu moins sécuritaire par personne, mais on joint plus de personnes.

François Legault, premier ministre du Québec

Le gouvernement repousse l’injection des deuxièmes doses aux clientèles des deux premiers groupes prioritaires de plusieurs semaines. Elle est maintenant prévue pour la mi-mars. Il s'agit d'un intervalle pouvant aller jusqu'à trois mois dans certains cas.

Selon Santé Canada, la première dose doit être suivie d'un rappel environ trois semaines après pour le vaccin de Pfizer-BioNTech et quatre semaines plus tard pour le vaccin de Moderna. Mais le ministère de la Santé du Québec a estimé que l’efficacité de la première dose, 14 jours après son administration, est de plus de 90 % pour les deux vaccins.

La Dre Supriya Sharma a toutefois mis ce calcul en doute et soutenu que les instructions des fabricants doivent être respectées.

Un approvisionnement compromis?

La ministre fédérale de l’Approvisionnement, Anita Anand, a pour sa part laissé entendre que la stratégie de Québec pourrait compromettre ses efforts pour obtenir plus de doses de ces vaccins auprès des fabricants. La deuxième dose doit être administrée comme prescrit et ne devrait pas être repoussée de façon inutile, a-t-elle dit en conférence de presse la semaine dernière.

Du point de vue de l’approvisionnement, il est important de constater qu’à mesure que nous demandons des doses livrées de façon accélérée, nous devons être capables de démontrer aux compagnies que le Canada suit les instructions selon lesquelles une seconde dose doit être administrée dans les délais prescrits.

Anita Anand, ministre fédérale de l’Approvisionnement

La première phase du déploiement du vaccin au Canada – qui s'adresse aux travailleurs de la santé de première ligne, aux résidents et employés des foyers de soins de longue durée et à certaines populations autochtones – a commencé le mois dernier. C’est au printemps que le reste de la population devrait pouvoir graduellement prendre part à l'opération de vaccination.

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