•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Plusieurs défis pour les producteurs agricoles de l’Abitibi-Témiscamingue en 2021

Le soleil se couche sur un champ agricole de Rapide-Danseur, en Abitibi-Ouest.

Le soleil se couche sur un champ agricole de Rapide-Danseur, en Abitibi-Ouest. (archives)

Photo : Radio-Canada / Émilie Parent-Bouchard

L’année 2020 n’a pas été de tout repos pour les producteurs agricoles de l’Abitibi-Témiscamingue, qui ont dû s’adapter aux répercussions de la pandémie mondiale de COVID-19. Quels sont maintenant les défis qui attendent les producteurs et productrices pour l’année 2021?

Selon Mariella Collini, agente de recherche à l’Observatoire de l'Abitibi-Témiscamingue, pérenniser la popularité de l’achat local au sein de la population de la région sera l’un des principaux défis liés au monde agricole pour l’année à venir.

La pandémie a accentué l’engouement de la population pour les produits régionaux. Il faudra voir comment on peut poursuivre cette tendance-là pour répondre au besoin. Comment on va pouvoir renforcer le lien entre le producteur agricole et le consommateur. Oui, il y a les marchés publics, les kiosques à la ferme, mais il faut voir aussi les campagnes promotionnelles, les plateformes transactionnelles aussi, parce que ce n’est pas partout que l’internet est accessible. Donc il faut trouver le moyen de rendre accessible des plateformes pour nos producteurs agricoles pour qu’ils puissent accéder à des marchés autrement difficiles, indique Mme Collini.

La députée de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien, abonde dans le même sens, et ajoute que ce sera un défi pour les consommateurs de poursuivre cette habitude, étant donné les impacts financiers qu’a eu la pandémie pour plusieurs citoyens.

[Durant la première vague], il y a comme eu quelque chose de sécuritaire d'acheter des produits locaux. C’est un défi quand même, parce que la pandémie va avoir eu un impact sur le portefeuille des citoyens et citoyennes. Donc de maintenir cette habitude-là, d’acheter local, je pense que ça va être un des beaux défis, mais aussi une belle opportunité, précise-t-elle.

Selon Mme Lessard-Therrien, il sera important de poursuivre le développement de nouveaux canaux de distribution, comme la plateforme Goûtez AT, afin de favoriser l’achat local et ainsi donner un coup de pouce aux producteurs de la région.

Autonomie alimentaire

Selon le président de l’Union de producteurs agricoles pour la région de l’Abitibi-Témiscamingue, Pascal Rheault, un autre important défi sera de donner aux producteurs et productrices les outils nécessaires afin de s’aligner avec l’objectif du gouvernement du Québec d'accroître l’autonomie alimentaire de la province. Cet outillage est selon lui d’autant plus important pour ceux qui viennent tout juste de joindre la profession.

On a eu quand même une trentaine de nouveaux producteurs en 2020, alors on doit leur donner les outils pour performer. C’est pour ça qu'on est en train de mettre une table de travail en place avec l’UPA, le MAPAQ, la Financière agricole et la table des préfets. On veut mettre de quoi en place, un peu comme une équipe de hockey, pour être tous à la même place et avoir le même but, c’est-à-dire de développer la région, soutient-il.

Un homme pose pour la caméra dans son bureau.

Pascal Rheault, président de l'UPA en Abitibi-Témiscamingue (archives)

Photo : Radio-Canada / Camille Lalancette

Pour Émilise Lessard-Therrien, l’accroissement de l’autonomie alimentaire en région passe par de meilleures infrastructures de transformation.

Au début de la pandémie, où on a vécu peut-être un stress au niveau de la sécurité alimentaire avec toutes les importations qui viennent des États-Unis, on s’est rendu compte à quel point on pouvait être vulnérables du point de vue de l’alimentation. De consolider nos infrastructures de transformation en région, d’en développer des nouvelles, indique-t-elle.

Mme Lessard-Therrien cite les projets d’abattoirs, notamment de la part de la boucherie Des Praz et la ferme Nordvie, qui a innové dans la transformation de ses produits, afin de donner des exemples d’initiatives qui permettront d’accroître l’autonomie alimentaire.

Recrutement de la main-d’oeuvre

Selon Mariella Collini, il sera important de mettre en place des programmes adaptés afin de soutenir la relève en agriculture. Ces programmes devront, selon elle, favoriser le transfert, mais aussi la création d’exploitations agricoles.

Ce que l’on constate avec l’agriculture, le milieu agricole, c’est que jusqu’à très récemment, on voyait année après année une diminution du nombre d’exploitations agricoles. Or, les récents chiffres du MAPAQ nous indiqueraient plutôt une croissance du nombre de fermes en Abitibi-Témiscamingue, ce qui est en soi une excellente nouvelle, parce que plus le nombre d’exploitations agricoles se maintient ou croît, plus la région peut conserver des services spécialisés, on pense aux soins aux animaux ou autres, souligne Mme Collini.

En ce qui concerne le recrutement de la main-d'œuvre, Pascal Rheault soutient que le principal enjeu pour l’année à venir sera le même qu’en 2020, à savoir la venue ou non des travailleurs étrangers temporaires.

Ça va être la difficulté de les faire venir. Les pays ne sont pas tous équipés pour faire des tests avant de faire venir ces travailleurs étrangers là. Quand même qu’il y aurait de la vaccination dans leur secteur, la vaccination n’est peut-être pas aussi rapide. C’est vraiment un enjeu. On travaille là-dessus, parce que c’est un besoin chez nous, de plus en plus. Avec la compétition du secteur minier et de l’industrie forestière, c’est difficile d’attirer de la main-d'œuvre locale , affirme M. Rheault.

Bertrand Bégin pose dans son étable à côté de vaches dans leur enclos qui mangent du foin.

Bertrand Bégin, copropriétaire de la ferme Princy à Ste-Germaine-Boulé (archives)

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

Alors que plusieurs entreprises agricoles ont de la difficulté à recruter suffisamment de main-d'œuvre pour poursuivre leurs opérations, certaines entreprises familiales peuvent en contrepartie compter sur chacun des membres de la famille afin de suffire à la tâche. C’est le cas à la ferme Princy de Ste-Germaine-Boulé, comme l’explique le copropriétaire, Bertrand Bégin.

Pour la main-d'œuvre, moi je suis chanceux, je les ai tous impliqués, ils sont tous propriétaires. Donc ça va bien la main-d'œuvre dans ce temps-là. Mais faire du recrutement de main-d'œuvre en agriculture, quand tu te bats contre le secteur minier, ce n’est vraiment pas facile, déclare-t-il.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !