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Accident de travail dans une boucherie : le propriétaire reconnu coupable

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L'ex-propriétaire de la Boucherie Huot accompagné de son avocat au palais de justice de Québec.

L'ex-propriétaire de la Boucherie Huot accompagné de son avocat au palais de justice de Québec.

Photo : Radio-Canada

L'ancien propriétaire de la Boucherie Huot, de Saint-Nicolas, est déclaré coupable de négligence criminelle causant des lésions, à un employé.

Bernard Huot et son fils Carl, qui étaient responsables de l'entretien des appareils, ont fait preuve de laxisme, estime la juge.

Les deux hommes qui étaient accusés conjointement ont négligé de faire réparer un hachoir industriel, qui devait s'arrêter lorsque le couvercle était ouvert.

En novembre 2016, un employé de 18 ans, Olivier Bouchard, a subi des blessures importantes à la tête et à un bras après être tombé dans l'appareil.

Les deux accusés ont tenté de faire porter une partie du blâme à l'employé, mais la juge a rejeté leurs prétentions.

Elle a qualifié les témoignages des deux hommes lors de leur procès d'invraisemblables.

Au moment du drame, le dispositif de sécurité qui devait arrêter l'appareil était défectueux depuis deux ans.

Il avait été contourné pour que la production puisse continuer. Il n'a jamais été réparé par la suite.

Laxisme et mépris

Selon la juge Annie Trudel, l'entreprise a démontré du laxisme et du mépris en matière de sécurité au travail.

Au-delà de l'appareil défectueux, la culture de l'entreprise a joué un rôle dans le verdict.

La juge Trudel fait valoir qu'il n'y avait chez Boucherie Huot, aucun programme de santé et sécurité au travail.

De plus, la magistrate relève que les nouveaux employés ne bénéficiaient d'aucun service d'accueil et de formation.

Elle souligne que la victime avait eu une formation minimale par une personne unilingue espagnole, qui a utilisé de signes pour lui expliquer le fonctionnement des appareils.

Bernard Huot était plus préoccupé par le rendement et la production, que la sécurité de ses employés

Annie Trudel, juge à la Cour du Québec

En fait, la juge estime que monsieur Huot se préoccupait de la sécurité, seulement lorsqu'on attendait la visite d'un inspecteur de la CNESST.

Des séquelles permanentes

C'est sûr que ça ne peut pas me changer moi-même, a déclaré la victime, à la sortie de la salle d'audience.

Ayant subi un traumatisme crânien sévère, il garde des séquelles des événements. Il est maintenant inapte au travail.

Il a entrepris une poursuite civile de 300 000$ contre ses anciens employeurs. L'affaire est toujours pendante devant la Cour supérieure.

Quant à la cause criminelle, Bernard et Carl Huot doivent revenir devant le tribunal le mois prochain, pour la détermination de leur peine.

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