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Le métier d'illustrateur judiciaire en voie de disparition

Un homme comparaît dans une salle d'audience devant des avocats, des policiers et un jury.

Dessin judiciaire de l'illustratrice Berg sur l'affaire Shafia

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

En raison de la crise des médias d’information et de la popularité des réseaux sociaux, les personnes qui ont pour profession d’illustrer ce qui ne peut être photographié dans les salles d’audience ont vu leurs contrats se réduire comme peau de chagrin.

Le caricaturiste Yannick Lemay, alias Ygreck, a fait des milliers de dessins judiciaires avant de se tourner vers la caricature.

Celui qui a couvert entre autres le procès de Maurice Mom Boucher et l’affaire Scorpion considère que les transformations médiatiques des dernières années ont fragilisé le métier d’illustrateur judiciaire.

Avant les réseaux sociaux, si t'avais pas une photo de la personne concernée par l'affaire, t'avais pas de photo pantoute.

Ygreck, caricaturiste et illustrateur judiciaire
Ygreck esquisse un sourire à l'extérieur l'hiver.

Le caricaturiste et illustrateur judiciaire Ygreck

Photo : Radio-Canada

Ygreck ajoute que plusieurs médias qui commandaient une grande quantité de dessins judiciaires, tels qu'Allo Police et Photo Police, ont disparu du paysage médiatique depuis les années 1990.

Des oiseaux rares aux conditions de travail particulières

Illustrer la justice en action n’est pas une tâche facile. L’illustrateur ou l’illustratrice n’a souvent que quelques secondes pour apercevoir la personne accusée et la dessiner le plus fidèlement possible.

Souvent, [les personnes accusées] ne souhaitent pas qu’on les reconnaisse, qu’on voit leur visage, explique l’illustratrice judiciaire Delphine Bergeron, alias Delf.

Guy Turcotte est dessiné dans une salle d'audience en compagnie de juristes.

Dessin judiciaire de Berg lors du procès de Guy Turcotte

Photo : Radio-Canada

Celle qui a dessiné lors des procès de Guy Turcotte, de Luka Rocco Magnotta et des Shafia affirme que les témoignages sont parfois difficiles à entendre.

C’est arrivé que je pleure en train de dessiner. Souvent, c’est dans des moments super dramatiques ou tristes, précise-t-elle, ajoutant que le contexte de travail est très instructif.

J'ai appris beaucoup de choses sur le système de justice, sur la société, sur le genre humain, et tout ça amène des discussions fascinantes.

Delf, illustratrice judiciaire

La plus grande rareté des contrats la contraint toutefois à exercer ses talents à temps partiel dans les salles d’audience, ce qui ne l’empêche pas de vouloir continuer à pratiquer le métier encore longtemps. C'est vraiment un dream job et je compte bien y revenir quand je serai à la retraite.

Ygreck reste également attaché au métier : il a entre autres repris ses crayons récemment après la tuerie le soir de l'Halloween à Québec.

Avec les informations de Nabi-Alexandre Chartier

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