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Basketball universitaire : une saison sans matchs

Des joueuses de basketball dribblent avec des ballons sur les lignes de côté d'un terrain.

Les membres de l'équipe féminine de basketball de l'Université de Toronto se sont entraînées tout au long de la saison sans disputer le moindre match.

Photo : Photo offerte par Tamara Tatham

Radio-Canada

L'équipe féminine de basketball de l'Université de Toronto a connu des haut et des bas cette saison.

En septembre, les joueuses étaient sur le terrain et s'entraînaient surtout en groupes de cinq – à l'exception d'un entraînement en équipe complète – jusqu'à l'Action de grâce, lorsque le confinement de l'Ontario les a obligées à quitter le terrain.

Les entraînements à domicile ont duré quatre semaines de plus, jusqu'à ce que l'équipe soit autorisée à revenir sur le terrain pour sept jours supplémentaires. C'est à ce moment que le plus récent confinement provincial est entré en vigueur, forçant l'équipe à quitter le terrain à nouveau.

Aujourd'hui, alors que les cas de coronavirus se multiplient dans toute la province, et plus particulièrement à Toronto, le retour sur le parquet ne se profile pas à l'horizon.

Ce fut une période difficile, évidemment parce qu'on n'a pas souvent été sur le terrain. On a essayé autant que possible de faire en sorte que notre équipe devienne essentiellement une équipe – pas que sur le parquet. Ç'a été difficile. Cela étant dit, il y a beaucoup de choses que vous pouvez faire en dehors du terrain [où] je trouve qu'il y a des opportunités de vraiment s'améliorer, pas seulement en tant que joueur de basket, mais en tant que personne, a déclaré Tamara Tatham, entraîneuse-chef par intérim et deux fois olympienne.

Cette dernière a pris la relève le 1er juillet suite à la retraite de Michèle Bélanger, qui a passé 41 saisons à la tête des Varsity Blues.

Mais Tatham n'a pas encore appelé de temps mort ni même établi une formation partante. Elle a pris sa retraite en tant que joueuse en 2017 avant de devenir assistante sur le banc de touche de Belanger. En septembre, la joueuse de 35 ans a fait ajouter au personnel sa coéquipière des Jeux olympiques de Rio et membre actuelle de l'équipe nationale, Miah-Marie Langlois.

Un mois plus tard, U Sports a annoncé que tous les championnats d'hiver, y compris le basketball féminin, seraient annulés en raison de la pandémie. L'équipe n'a pas joué et ne jouera pas un seul match de la saison.

Nous nous assurons simplement qu'ils restent connectés d'une manière ou d'une autre. Nous avons fait beaucoup de choses pendant l'été, mais nous avons en quelque sorte réduit la charge de travail depuis le début de l'année scolaire, car ils sont en ligne 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, a déclaré Tatham.

Entraînements via Zoom

L'équipe se réunit régulièrement par l'entremise de la plateforme Zoom, bien que le basketball ne soit pas souvent le principal sujet de discussion. Tatham et Langlois choisissent plutôt de se concentrer sur l'interaction sociale.

Il est vraiment important de ne pas s'en prendre aux filles ou d'attendre beaucoup d'elles alors qu'elles font face à un problème plus important que le simple fait de ne pas pouvoir jouer au basket. Il faut quand même se préoccuper d'elles, surtout de leur santé mentale. Nous essayons donc d'être très attentifs au temps d'écran de chacune d'elles et de les soutenir autant que possible pour qu'elles s'en sortent, a déclaré Langlois.

Des séances ont été organisées pour que les joueuses puissent faire connaissance. Une autre réunion avait pour thème Noël, et une paire d'appels avait pour objectif des entraînements dans des costumes des années 80 et d'Halloween.

Trois fois par semaine, l'entraîneur du conditionnement physique envoie un programme et les joueuses soulèvent des poids simultanément par vidéo. Langlois a également réussi à organiser une séance de maniement de ballons lorsqu'il faisait plus chaud.

Le basket est un sport d'équipe. Je pense que les filles aiment [cette partie du] sport, toute la connexion et les liens. Nous voulons donc conserver cet aspect du basketball et essayer d'utiliser les mêmes séances pour permettre aux filles de se connecter les unes aux autres, même si elles ne le peuvent pas physiquement, a précisé Langlois.

Des joueuses de basketball sur un terrain.

L'équipe a eu accès au terrain de basketball de l'Université de Toronto ces derniers mois.

Photo : Photo offerte par Tamara Tatham

Tatham et Langlois disent que les montagnes russes de la saison annulée ont été difficiles pour les joueuses.

Mais cela a aussi été une bénédiction, car on réalise ce qu'est le basketball et à quel point il est important pour nous, a souligné Tatham.

La pandémie n'a pas non plus facilité la transition des nouvelles entraîneuses vers le banc de touche. Il n'y a pas de plans de match à préparer, pas de rotations à gérer, pas de progression à prévoir sur les huit mois de la saison.

Au contraire, l'absence de compétition a permis à Tatham et Langlois d'apprendre sur les coulisses de l'entraînement, comme le recrutement, la collecte de fonds et la formation d'équipes en dehors du terrain.

Courbe d'apprentissage pour les entraîneurs

Tatham précise que la chose la plus importante qu'elle a appris sur le métier d'entraîneuse, c'est que cela peut être comme le rôle d'un PDG d'entreprise, avec la nécessité de marier tous les trucs qui ne sont pas liés au basket à ce qui est important sur le terrain.

Toutes ces tâches n'ont pas empêché l'entraîneuse-chef de regarder la NBA – en particulier les Raptors de Toronto de Nick Nurse et le Heat de Miami d'Erik Spoelstra – pour y trouver de nouvelles stratégies chaque soir.

La façon dont ils gèrent les temps morts, et pas nécessairement s'ils en appellent, mais plutôt ce qu'ils font au moment du temps mort, pourquoi ils les prennent à ce moment […] Et juste la façon dont ils gèrent différentes situations. Comment cela se ressent-il ?

Langlois, encore plus habituée à être entraînée qu'à diriger, a apprécié l'opportunité d'améliorer ses relations avec les joueuses, comme le fait de savoir quand pousser et quand se retenir.

À sept mois des Jeux olympiques de Tokyo, elle doit également se préoccuper de sa carrière de joueuse. Elle est actuellement en rééducation suite à une blessure au nerf sciatique et espère pouvoir se rétablir complètement en juillet, mais ce processus est rendu encore plus complexe par la fermeture des salles de sport.

La tâche à accomplir à court terme demeure avec les Varsity Blues. Bien que les entraînements en ligne se passent bien, tout le monde a hâte de retourner sur le terrain.

On nous dit une date et puis elle approche et puis elle est repoussée à nouveau. Nous sommes donc dans le néant comme tout le monde, a-t-elle déclaré.

Avec les informations de Myles Dichter, CBC Sports

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