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De grandes entreprises ferment le robinet à la majorité des républicains

Ted Cruz lève l'index.

Le sénateur Ted Cruz

Photo : La Presse canadienne / Darron Cummings

Plusieurs grandes entreprises frappent là où ça fait mal les 147 élus républicains qui ont refusé mercredi dernier de valider les résultats certifiés du Collège électoral, c'est-à-dire en cessant leurs contributions politiques. Plus de la moitié des élus républicains du Congrès sont ainsi visés.

Le mouvement de représailles des entreprises qui ont annoncé la suspension de leur financement par le biais de leurs comités d'action politique prend de l'ampleur, et celles qui s'y greffent ne sont pas les moindres.

Lundi, Amazon, Best Buy, American Express, MasterCard, AT&T, Verizon, Airbnb et Dow Chemical ont ajouté leur nom à la liste sans cesse grandissante des entreprises qui coupent les vivres aux élus républicains ayant contesté l'élection du président désigné Joe Biden lors du vote qui s'est tenu au Congrès mercredi et qui a confirmé une fois pour toutes son élection.

La séance plénière des deux chambres du Congrès avait été interrompue plusieurs heures en raison de l'assaut contre le Capitole par des partisans du président Trump, qui visait à empêcher la validation des résultats.

Ces tristes événements ont d'ailleurs motivé les entreprises en question à prendre leur décision.

Plusieurs ont décrété cette mesure pour une durée indéterminée, mais Dow est allée plus loin, précisant qu'elle n'encouragerait pas financièrement les élus en question pour la durée complète d'un cycle électoral, soit deux ans dans le cas des représentants et six ans dans celui des sénateurs.

La veille, Marriott International, The Blue Cross Blue Shield Association (BCBSA) et Commerce Bancshares avaient parti le bal.

Dans un communiqué sans équivoque, la BCBSA a accusé les élus républicains s'étant opposés à la validation d'une élection légitime d'affaiblir le système politique américain et d'éroder la confiance du public à son endroit.

À la lumière de l'assaut violent et choquant de [la semaine dernière] sur le Capitole des États-Unis, et le vote de certains membres du Congrès pour subvertir les résultats de l'élection de novembre en contestant les résultats du Collège électoral, la BCBSA suspendra les contributions à ces élus qui ont voté pour miner notre démocratie.

Extrait du communiqué de la BCBSA

Le géant des cartes de souhaits Hallmark a même indiqué avoir demandé aux sénateurs Josh Hawley et Roger Marshall de lui rembourser ses contributions.

Moins catégoriques, d'autres entreprises, comme Ford, Bank of America ou Bayer, ont indiqué que les actions des élus en cause seraient prises en considération dans leurs futures décisions sur le financement politique, selon le site Popular Information, qui a contacté les compagnies et met régulièrement sa liste à jour.

D'autres, comme ExxonMobil, FedEx, Target ou Walmart ont répondu aux journalistes du site qu'elles révisaient leurs politiques ou n'avaient pas encore pris de décision. Une centaine n'ont pas donné suite à leurs demandes.

Certaines entreprises, dont Facebook, Ford Motor, Coca-Cola, Citigroup, JPMorgan et Microsoft, ont préféré suspendre leurs dons à tous les candidats, démocrates et républicains, quel que soit leur vote de mercredi.

Une centaine de républicains visés

Huit sénateurs sur 51 se sont opposés à la validation de la victoire dans un ou des États clés, soit l'Arizona et la Pennsylvanie. La fronde a été menée par Ted Cruz (Texas) et Josh Hawley (Missouri), deux candidats potentiels à la présidence américaine en 2024.

À la Chambre des représentants, une majorité d'élus républicains, soit 139, ont fait de même, notamment le leader de la minorité républicaine à la Chambre, Kevin McCarthy, et des partisans indéfectibles du président, comme Jim Jordan.

Plusieurs commentateurs percevaient davantage le stratagème républicain comme une manœuvre électoraliste destinée à rallier les partisans du président lors des prochains cycles électoraux.

Les pressions ne viennent pas que des entreprises.

Ce week-end, deux grands quotidiens du Texas, le Houston Chronicle et le San Antonio Express–News ont appelé à la démission de Ted Cruz. Le premier, le quotidien le plus lu de l'État, a signé un éditorial particulièrement cinglant.

Vos mensonges ont coûté des vies, accuse l’équipe éditoriale. Démissionnez, M. Cruz, et délivrez le Texas de la honte de vous appeler notre sénateur.

Éditorial du Houston Chronicle

À St. Louis, au Missouri, des centaines de manifestants ont pour leur part réclamé la démission de leur sénateur Josh Hawley samedi.

Des démocrates de la Chambre ont également présenté lundi une résolution appelant à la tenue d'une enquête du Comité d'éthique sur leurs collègues républicains ayant joué un rôle dans les événements de mercredi, ouvrant la porte à leur expulsion (un scénario toutefois peu probable) ou à tout le moins une sanction.

Une autre résolution vise à censurer plus précisément le représentant Mo Brooks, qui a livré un discours enflammé lors du rassemblement des pro-Trump mercredi, les exhortant entre autres à faire tomber des noms et botter des derrières.

Les critiques ne fusent cependant pas seulement dans le camp démocrate.

Le sénateur républicain Pat Toomey a par exemple estimé que ses collègues allaient devoir se livrer à un examen de conscience, les accusant d'avoir été complices du grand mensonge [...] selon lequel Donald Trump a gagné les élections de façon écrasante, qui lui ont été volées.

Le président Trump, qui avait appelé ses partisans à converger vers Washington mercredi, puis les a enjoints à marcher vers le Capitole, a lui aussi été pénalisé pour son rôle dans l'invasion du Congrès. La PGA a par exemple décidé de retirer au club de golf Trump National Bedminster la tenue de son championnat de 2022.

Le réseau social Twitter l'a soudainement et définitivement réduit au silence. Après avoir annoncé la suspension de son compte la semaine dernière, Facebook a indiqué lundi qu'elle n'avait pas l'intention de la lever.

Shopify a pour sa part mis fin aux boutiques en ligne affiliées au président Trump.

Par ailleurs, les démocrates ont lancé lundi leurs démarches visant à l'évincer du pouvoir en déposant deux résolutions : l'une demandant au vice-président Mike Pence de recourir au 25e amendement, l'autre contenant un acte d'accusation pouvant mener à un éventuel procès en destitution du président.

Avec les informations de Reuters, et Popular Information

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