•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une exemption pour permettre l'utilisation des masques N99 Dorma

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Scott Richmond : Espérer qu'il pleut

Radio-Canada

Les entrepreneurs à l'origine du masque N99 Dorma ont eu des sueurs froides. Après avoir craint que l'utilisation de leur masque ne soit bloquée en raison d'un règlement de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), ils devraient finalement bénéficier d’une exemption et avoir le feu vert, selon le ministre du Travail Jean Boulet.

Cette annonce tombe après que La Presse eut révélé que l’utilisation de ces masques, entièrement fabriqués au Québec, avait été bloquée par la CNESST. Selon un règlement de la Commission datant du début des années 2000, tout appareil de protection respiratoire (APR) doit en effet recevoir une certification NIOSH fournie par l’Institut national de la santé des États-Unis (National Institute for Occupational Safety and Health).

En raison de la pandémie, cet Institut a toutefois été fermé aux entreprises étrangères pendant plusieurs mois en 2020, et il recommence à peine l'analyse des demandes. L'approbation NIOSH aurait pu être accordée seulement dans trois à cinq mois, un délai jugé inacceptable pour les entreprises qui s'investissent dans le projet.

En entrevue à Radio-Canada, Jean Boulet a toutefois confirmé qu'une dérogation sera possible, et que le dossier cheminera rapidement.

Je me suis assuré qu’on puisse compléter les analyses le plus rapidement possible avec l’Institut de recherche en santé [et en] sécurité du travail [IRRST] au Québec, et une décision sera rendue dans les prochaines journées.

Jean Boulet, ministre du Travail du Québec

Le règlement nous permet de faire une exemption ou de donner une autorisation temporaire, a précisé le ministre, en notant que l’évaluation des masques sera achevée dès que la CNESST recevra la version finale des masques. Selon lui, ce sont des prototypes qui ont été envoyés à la Commission en octobre dernier.

Vincent Houle, président de l'entreprise M.I. Intégration, à Sherbrooke, admet que ces nouvelles sont rassurantes pour son entreprise, qui participe à la fabrication des masques.

Je suis très positif par ce qui se passe actuellement, souligne-t-il. Il y a des échanges entre la CNESST et Dorma, et ça bouge excessivement vite. Ce qu'on peut voir, c'est que ça regarde bien pour au moins avoir une dérogation temporaire, le temps d'aller chercher les certifications nécessaires.

Un masque qui filtre 99 % des particules

Le masque Dorma est fabriqué grâce à un partenariat entre plusieurs entreprises québécoises, dont M.I. Intégration, à Sherbrooke, et Sefar BDH, au Saguenay. Il permet de filtrer jusqu’à 99,9 % des particules, soit plus que le masque N95, qui en filtre entre 95 % et 97 %.

Selon le Dr René Caissie, chirurgien maxillo-facial qui a participé à son élaboration, le masque a été approuvé par Santé Canada il y a quelques mois, et il avait commencé à être distribué dans certains hôpitaux québécois.

Le docteur déplorait le règlement de la CNESST, car selon lui, les critères d’approbation de Santé Canada ressemblent énormément aux critères NIOSH.

Cette approbation-là ressemble presque à un copier-coller aux critères d’admissibilité du NIOSH, elles sont même un peu plus corsées, avait-il expliqué en entrevue.

Yves Tremblay, directeur général de Sefar BDH, avait également exprimé son mécontentement face à la situation.

Dans ce cas-ci, c’est vraiment l’appareil administratif qui n’a pas d’humanité, dans le sens qu’on ne se met pas à la place des gens de première ligne. [...] C’est important d’avoir la certification au niveau du Canada, et on l’a obtenue. C’est là que c’est incohérent, avait-il conclu.

Plusieurs entreprises de la province, dont M.I Intégration, ont investi des millions de dollars afin de mettre en place des chaînes de production pour ces masques. En Estrie, une quarantaine d'emplois ont été créés en lien avec le projet.

D'après les informations de Brigitte Marcoux

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !