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COVID-19 : faut-il ignorer la notice d'utilisation des vaccins?

Une travailleuse de la santé vêtue d'équipements de protection personnelle tient dans ses mains une petite bouteille contenant une dose de vaccin.

Certaines provinces vont au-delà de la période recommandée pour administrer la seconde dose du vaccin contre la COVID-19.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Afin de vacciner un plus grand nombre de personnes contre la COVID-19, certaines provinces ont décidé de ne pas respecter à la lettre les instructions des fabricants de vaccins. Jeu dangereux ou bonne idée? Les experts sont partagés.

Les doses des vaccins Pfizer-BioNTech et Moderna doivent être espacées de 28 jours maximum, mais certaines provinces attendent plus longtemps. La Colombie-Britannique se donne ainsi 35 jours pour administrer la deuxième dose, tandis que le Québec prévoit d'attendre jusqu'à 3 mois.

Voici ce qu'en pensent les experts.

Augmenter le temps d'attente entre les deux doses?

Pour. La Dre Allison McGeer, infectiologue à l'Hôpital Mont Sinaï de Toronto, pense que les provinces doivent rester flexibles dans la distribution du vaccin pour l'injecter au plus grand nombre de personnes le plus rapidement possible. Cela comprend, selon elle, la possibilité d'espacer l'administration des deux doses au-delà des recommandations des fabricants.

Nous sommes en pleine pandémie. Les règles sont faites pour être transgressées.

Allison McGeer, infectiologue à l'Hôpital Mont Sinaï de Toronto

Contre. Horacio Bach, professeur spécialisé en maladies infectieuses à l'Université de la Colombie-Britannique, craint que le vaccin ne soit plus efficace si l'on attend trop longtemps pour administrer la seconde dose.

Un labo, c'est un labo. Les gens, c'est les gens. Il faut faire attention parce qu'on peut se retrouver avec une population qui n'a été vaccinée qu'une fois et on ne sait pas pendant combien de temps elle sera protégée, affirme-t-il.

Attendre le prochain arrivage?

Dimanche, la ministre fédérale de l'Approvisionnement, Anita Anand, a reconnu que le Canada devait appuyer sur l'accélérateur pour vacciner 30 millions de personnes avant septembre.

Dans ces conditions, plusieurs provinces tentent d'épuiser leurs stocks dès maintenant pour vacciner le plus grand nombre de personnes et attendent la livraison suivante pour administrer la deuxième dose.

Pour. Zain Chagla, spécialiste des maladies infectieuses à l'Hôpital Saint-Joseph de Hamilton, en Ontario, pense que c'est une solution. Nous devons d'abord améliorer notre logistique et utiliser au maximum notre approvisionnement, dit-il.

Contre. Horacio Bach prône encore une fois la prudence. On ne connaît pas les risques. S'il y a un problème et que l'usine de production doit fermer pendant un mois, tout sera retardé et la population n'aura été vaccinée qu'une fois, dit-il.

Utiliser des réfrigérateurs?

Un des principaux défis logistiques dans la distribution des vaccins est leur conservation. Le vaccin Pfizer-BioNTech, qui est à base d'acide ribonucléique (ARN), doit être conservé entre -80 et -60 degrés Celsius dans des congélateurs spéciaux ou dans de la glace carbonique, ce qui complique son transport.

Un supercongélateur.

Un supercongélateur coûte plusieurs milliers de dollars et ne peut pas être déplacé facilement.

Photo : Hôpital général de Hawkesbury (HGH) / courtoisie

Or, certains notent que le vaccin Pfizer-BioNTech peut être conservé pendant cinq jours dans un réfrigérateur avant d'être administré, ce qui permettrait de le transporter dans des régions plus reculées.

Pour. Le Dr Chagla pense que cela vaut la peine d'essayer. On prend soin du vaccin Pfizer autant que possible et il est conservé dans quelques centres, mais je pense que ça nous empêche d'innover et de tenter des choses ailleurs, dit-il.

Contre. Horacio Bach dit qu'avec l'ARN on ne peut pas jouer avec les règles. L'ARN est une molécule très fragile, explique-t-il. Si elle est détruite, on court le risque de vacciner les gens avec quelque chose qui n'est pas efficace.

Mélanger les vaccins?

Pour. La Dre McGeer pense que toutes les options devraient rester envisagées, y compris celle de diviser les doses ou de mélanger les vaccins.

Sans opinion. Horacio Bach, lui, fonde ses espoirs sur de futurs vaccins qui ne nécessiteront qu'une dose et pourront être conservés dans un réfrigérateur.

La demande est tellement grande que nous aurons besoin de plusieurs types de vaccins, pense-t-il.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Avec les informations d'Adam Miller

L'évolution de la COVID-19 d'heure en heure.

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