•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un tatoueur sanctionné pour avoir ouvert ses portes malgré les ordonnances sanitaires

Le propriétaire dit qu'il doit subvenir aux besoins de sa femme et de ses quatre enfants.

Phil McLellan avec des tatouages plein les mains, tient une feuille de papier rose.

Phil McLellan brandit le constat d'infraction qu'il a reçu pour avoir ouvert son commerce malgré les ordonnances sanitaires.

Photo : Radio-Canada / Chloé Dioré de Périgny

Radio-Canada

Le propriétaire d'un salon de tatouage de Winnipeg, Phil McLellan, a reçu lundi une amende, mais il a quand même l’intention de reprendre ses activités mardi. Le commerce, The Parlor Tattoos, a rouvert ses portes au mépris des ordonnances de santé publique en vigueur dans la province.

Six agents chargés du respect des ordonnances sanitaires — dont trois policiers — se sont rendus à la maison de M. McLellan lundi après-midi pour lui remettre une contravention de 1296 $, le montant maximal pour un individu qui enfreint les règles sanitaires. L’amende pour un commerce qui ne respecte pas les ordonnances sanitaires est de 5000 $.

Je savais qu’il y aurait des répercussions. Je ne savais pas ce que le gouvernement allait faire, dit-il, en ajoutant qu’il a l’intention de rouvrir son commerce mardi, malgré la contravention.

Rien n’a changé financièrement. Ils ne m’ont pas donné un chèque de 1296 $, alors je dois encore travailler, je dois encore gagner de l’argent [...] J’ai encore une maison à soutenir, j’ai encore des enfants à nourrir, lance-t-il.

Toutes les entreprises considérées comme non essentielles sont fermées pour diminuer le risque de transmission du coronavirus.

Phil McLellan affirme ne pas pouvoir rester fermé plus longtemps. Il dit devoir nourrir sa femme et leurs quatre enfants.

Selon lui, rouvrir la boutique est donc une décision financière.

Nourrir mes enfants est plus important qu'une amende. Si le gouvernement décide de m'imposer une amende parce que je subviens aux besoins de ma famille, c'est sa décision.

La façade du magasin de tatouage.

La boutique The Parlor Tattoos est située au 1404 rue Main, à Winnipeg.

Photo : CBC / Walther Bernal

Des agents municipaux se sont rendus dans la boutique samedi, selon le propriétaire. Il n’a pas reçu d’amende, mais les agents ont dit qu’ils reviendraient dans la semaine.

Dans un courriel envoyé à CBC/Radio-Canada, le gouvernement du Manitoba affirme que tout commerce qui enfreint les ordonnances est sujet à une amende.

Le médecin hygiéniste en chef du Manitoba, Brent Roussin, a indiqué en conférence de presse lundi qu’il reconnaît que les commerçants se trouvent dans une position difficile en raison des ordonnances sanitaires.

Cependant, ajoute-t-il, les ordonnances servent à protéger les Manitobains, et lorsqu’un individu décide de désobéir, il met d’autres personnes à risque.

Nous connaissons l’alternative. Nous avons vu la trajectoire des cas que l’on suivait au début décembre. Nous avons vu que cela aurait submergé notre système de soins de santé si nous n’avions pas pris ce tournant , poursuit le Dr Roussin.

Faire pression pour l’ouverture de petites entreprises

Le 7 janvier, Phil McLellan a publié sa décision de rouvrir sa boutique sur les réseaux sociaux.

Le tatoueur et deux de ses confrères ont créé le groupe FacebookSmall Business Fights Back. Le groupe, composé de 877 membres, appelle les entreprises manitobaines à se regrouper pour rouvrir leurs portes.

Phil McLellan est dans une boutique devant un miroir. Il porte un masque.

Le propriétaire de Parlor Tattoos, Phil McLellan, affirme qu'il doit rester ouvert malgré la pandémie pour subvenir aux besoins de sa famille.

Photo : CBC / Walther Bernal

M. McLellan dit connaître de nombreuses entreprises qui ont rouvert en fin de semaine.

Selon lui, la subvention transitoire de 5000 $ du gouvernement du Manitoba n’est pas suffisante.

Phil McLellan affirme que l’ouverture des magasins comme Walmart ou Canadian Tire est injuste, car une boutique comme la sienne doit rester fermée.

La façade d'un magasin Walmart.

Des gens attendent et font la file à l’extérieur du magasin à Winnipeg (archives).

Photo : CBC / Lyzaville Sale

Les gens peuvent acheter des articles jugés non essentiels en ligne et aller les chercher dans ces commerces par la suite.

Les magasins à grande surface ne demandent pas aux clients de remplir un questionnaire de dépistage de la COVID-19. Je comprends qu'il y a une pandémie. Je ne nie pas que la COVID-19 existe. Si d'autres entreprises peuvent fonctionner en toute sécurité malgré cette pandémie [...] je suis presque sûr que nous pouvons le faire aussi.

Le chef du Nouveau Parti démocratique du Manitoba, Wab Kinew, affirme que tous les Manitobains sont responsables du respect des ordonnances sanitaires, mais ajoute que le gouvernement peut aider à protéger la santé publique en offrant plus de soutien aux entreprises.

Ce qu’on voit dans ce cas, c’est la frustration des petites entreprises qui est le résultat d’un gouvernement qui n’a pas assez fait pour soutenir les propriétaires d’entreprises, dit-il.

Avec les informations de Peggy Lam, Chloé Dioré de Périgny, Aidan Geary, Marcy Markusa et Nicholas Frew

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !