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Prestations aux vacanciers : Ottawa colmatera la brèche rétroactivement au 3 janvier

Ottawa retardera le traitement des demandes de prestations faites après un voyage à l'étranger jusqu'à ce que le processus législatif soit achevé.

Un voyageur entre dans l'aéroport, chargé de bagages, en poussant un chariot.

Un voyageur arrive à l'aéroport Montréal-Trudeau (archives).

Photo : Ivanoh Demers

La Presse canadienne

Les partis d'opposition à Ottawa se disent prêts à collaborer avec le gouvernement fédéral afin d'empêcher les voyageurs internationaux de bénéficier d'une prestation allant jusqu'à 1000 $ pour leur quarantaine obligatoire.

Ottawa a annoncé lundi matin son intention de changer les règles de manière rétroactive au 3 janvier. Il est prévu que les élus fédéraux adoptent ces dispositions législatives dès leur retour à la Chambre des communes, le 25 janvier.

Le leader du gouvernement, Pablo Rodriguez, a écrit sur Twitter qu'il avait déjà parlé avec les partis d'opposition du projet de loi qui va être présenté et qu'il s'attend à ce qu'ils collaborent afin qu'il soit adopté le jour même. Pour cela, il aura besoin d'un consentement unanime des partis.

Le projet de loi viserait à empêcher les gens qui reviennent de vacances, qui ont rendu visite à des êtres chers ou qui se sont occupés d'affaires immobilières à l'étranger, notamment, de toucher la Prestation canadienne de maladie pour la relance économique (PCMRE).

Cette prestation, adoptée dans un précédent projet de loi en septembre dernier, offre 500 $ par semaine aux personnes qui doivent s'isoler ou se mettre en quarantaine et qui n'ont pas droit à de l'aide de leur employeur. Une faille permettant aux voyageurs de la toucher a cependant mis le feu aux poudres après qu'elle a été révélée par le quotidien La Presse, le 2 janvier.

La nouvelle a fait grand bruit, au point où M. Rodriguez a fait la ronde des médias dès le lendemain, le 3 janvier, promettant de corriger la situation. La semaine dernière, le premier ministre Justin Trudeau a répété que les voyageurs n'avaient pas droit à cette prestation et disait que ses ministres travaillaient sur une solution.

La solution est arrivée lundi par voie de communiqué de presse. Les partis d'opposition disent avoir contribué à mettre de la pression pour que le gouvernement agisse.

Déjà, [le 2 janvier], on avait commencé à mettre de la pression sur les réseaux sociaux, sur les médias sociaux. On s'est aperçus rapidement du mécontentement des gens, a fait valoir Richard Martel, lieutenant politique du Québec pour le Parti conservateur, en entrevue téléphonique.

On demandait une action rapide, on demandait qu'on le bloque, ce 1000 $, et qu'on dépose un amendement au Parlement. [...] Finalement, on est contents de voir que le Parti libéral lit les propositions du Bloc. Nous, on est là pour être une inspiration pour le gouvernement et pour mieux servir nos commettants, a pour sa part déclaré le leader parlementaire du Bloc québécois, Alain Therrien.

M. Therrien dit qu'il aurait cependant aimé que les libéraux rappellent le Parlement plus tôt afin d'adopter ces mesures législatives. Il aurait aussi aimé voir ces changements rétroactifs bien avant la vague de voyageurs qui a déferlé vers le Sud pendant le temps des Fêtes.

Du côté du Nouveau Parti démocratique (NPD), on espère que le gouvernement ira encore plus loin pour empêcher les Canadiens de voyager.

Le gouvernement ne devrait pas en rester là. Il doit encore poser des actions plus concrètes et interdire sur-le-champ tous les voyages internationaux non essentiels. Tant et aussi longtemps que cette interdiction ne sera pas en vigueur, nombreux sont les Canadiennes et les Canadiens qui continueront de se rendre à l'étranger, mettant ainsi en danger leur entourage, a déploré Daniel Blaikie, dans un courriel.

D'ici à ce que le processus législatif soit achevé, l'Agence du revenu du Canada (ARC) mettra en veilleuse les demandes de prestations faites depuis le 3 janvier par des personnes qui sont en quarantaine à la suite d'un voyage à l'étranger.

M. Martel soutient que des cafouillages de ce genre auraient pu être évités si l'opposition avait pu faire son travail en bonne et due forme, au moment d'adopter le projet de loi en septembre dernier.

L'opposition, c'est important. [...] Le gouvernement a tendance à vouloir passer ses projets de loi rapidement, un peu en fast track, et nous autres, on passe souvent pour des gens qui font de l'obstruction. Ce sont pour des choses comme ça qu'on est obligés de revenir, a-t-il dit.

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