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Le réseau conservateur Parler est hors ligne, après son expulsion par Amazon

Privé de serveurs, le réseau social pourrait prendre du temps à être remis en service, puisque les géants de la techno lèvent le nez sur lui.

Une personne aux cheveux longs regarde l'écran d'un ordinateur portable, sur lequel est affiché la page d'accueil du réseau social Parler.

Parler se présente comme un champion de la liberté d'expression. Le réseau social est surtout apprécié de la droite conservatrice américaine.

Photo : AFP / Getty Images / Olivier Douliery

Radio-Canada

Le réseau social Parler, prisé de la droite américaine, était hors service lundi, au lendemain de la décision d'Amazon de lui couper l'accès à ses serveurs, en raison de la persistance des messages d'incitation à la violence après l'assaut du Capitole par des fans du président Trump mercredi.

Amazon avait annoncé cette fin de semaine que ses services à Parler seraient suspendus dans la nuit de dimanche à lundi, expliquant dans une lettre adressée au site conservateur avoir observé récemment une augmentation persistante de contenus violents.

Les géants de la techno Apple et Google avaient auparavant retiré de leurs plateformes de téléchargement d'applications le réseau social où proliféraient, selon eux, menaces de violences et activités illégales.

Dimanche, dans une entrevue à Fox News, le cofondateur du site John Matze a admis que la remise en route du site pourrait prendre du temps.

Tous nos partenaires, ceux qui gèrent les textos, les courriels, nos avocats, nous ont laissé tomber le même jour, a-t-il déploré.

Nous allons faire tout ce que nous pouvons pour revenir en ligne le plus rapidement possible, mais tous les fournisseurs que nous contactons nous disent qu'ils ne veulent pas travailler avec nous si Apple ou Google ne nous approuvent pas, a-t-il expliqué. Et il est difficile de trouver 300 à 500 serveurs informatiques en 24 heures.

Une poursuite en cours

M. Matze avait accusé samedi les géants du web de mener une guerre contre la liberté d'expression.

Ils ne gagneront pas! Nous sommes le dernier espoir du monde pour la liberté d'expression et la libre information, avait-il déclaré.

L'homme à la tête du réseau social est passé de la parole aux actes un peu plus tard lundi en lançant une poursuite judiciaire contre Amazon. Selon Reuters, Parler accuse le service d'hébergement Internet d'avoir pris une décision illégale et politiquement motivée pour fermer son compte.

La décision d'AWS [Amazon Web Services] de résilier le compte de Parler est apparemment motivée par une animosité politique, peut-on lire dans la plainte. Parler a non seulement perdu une partie de sa clientèle actuelle et future, mais il a également été incapable de trouver une autre société d'hébergement web. En bref, les fausses déclarations d'AWS ont fait de Parler un paria.

Le réseau social d'extrême droite souhaite une ordonnance du tribunal exigeant qu'Amazon rétablisse les services inscrits au contrat.

Un réseau qui prône la liberté d'expression

Au lendemain de la décision prise par Twitter de supprimer de façon permanente le compte de Donald Trump, Parler était encore samedi l'application la plus téléchargée aux États-Unis sur la plateforme d'Apple.

Donald Trump, assis à une table, regarde son téléphone portable.

Le président sortant Donald Trump a été expulsé de Twitter vendredi.

Photo : Getty Images / SAUL LOEB

Lancé en 2018, le réseau social fonctionne un peu comme Twitter, avec des profils à suivre et des parleys au lieu de « tweets ». La liberté d'expression est son leitmotiv.

Basé à Henderson, dans le Nevada, le réseau social a été lancé par John Matze, un ingénieur informatique, et Rebekah Mercer, une importante donatrice du Parti républicain.

La plateforme attirait surtout à ses débuts des franges ultraconservatrices, voire d'extrême droite. Mais elle a récemment commencé à attirer des voix républicaines plus traditionnelles.

Le présentateur vedette de Fox News Sean Hannity y avait 7,6 millions de personnes abonnées; son collègue Tucker Carlson en avait 4,4 millions.

On y trouvait aussi des responsables politiques du Parti républicain comme le parlementaire Devin Nunes ou la gouverneure du Dakota du Sud, Kristi Noem.

Le web ultraconservateur

Déjà en plein essor, l'application avait accueilli ces derniers jours de nombreuses nouvelles personnes ulcérées par la décision de Twitter de bannir Donald Trump.

D'autres réseaux grand public comme Facebook, Instagram, Snapchat ou Twitch ont aussi suspendu le profil du locataire de la Maison-Blanche.

Dans la foulée, plusieurs partisanes et partisans du président américain se sont rués sur les plateformes conservatrices comme Parler ou Gab.

Maintenant que les géants de la techno ont clairement fait savoir qu'ils séviraient contre les sites et applications continuant à relayer des messages extrêmes, les réseaux sociaux conservateurs vont probablement devoir s'ajuster.

Le service de vidéos en direct DLive, utilisé par plusieurs personnes qui ont participé à l'invasion du Capitole mercredi, a ainsi banni 7 chaînes et retiré plus de 100 vidéos de son site.

Un autre réseau social en vogue chez les internautes aux valeurs ultraconservatrices, Gab, pourrait connaître une hausse de popularité.

La plateforme avait notamment fait polémique en 2018, quand il avait été découvert que l'auteur d'une fusillade qui avait fait 11 morts dans une synagogue de Pittsburgh y avait publié de nombreux messages antisémites.

Déjà considéré comme indésirable par Apple et Google, Gab a mis en place ses propres serveurs pour ne pas dépendre de sociétés extérieures.

Avec les informations de Agence France-Presse, Wall Street Journal, et Reuters

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