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En raison de la pandémie, des femmes du Nunavut préféreraient accoucher à domicile

Trois femmes enceintes dans une salle d'attente d'hôpital.

Le Nunavut a le plus haut taux de natalité au Canada (archives).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les restrictions sanitaires sont une difficulté supplémentaire pour les femmes enceintes du Nunavut qui doivent se rendre dans le sud pour accoucher. Certaines préféreraient pouvoir le faire à domicile.

La capitale du Nunavut, Iqaluit, est la seule des 25 communautés où il est possible d’accoucher avec une assistance médicale. À Rankin Inlet, il y a bien un centre de naissance, mais les services ont été suspendus en août à la suite de la démission des sages-femmes. 

Collette Nilaulak qui habite à Rankin Inlet justement, a donné naissance à son troisième enfant en octobre, seule à l'Hôpital de Saint-Boniface à Winnipeg.

En raison des restrictions sanitaires, elle n'avait droit qu’à une personne avec elle à l'hôpital. Son conjoint avait fat le déplacement lui aussi, mais a dû rester à l'hôtel pour s'occuper de leur fille de 2 ans.

Ça a été très difficile, se souvient Collette Nilaulak. Accoucher seule, c’est difficile.

En quarantaine avec un nouveau-né

Après deux jours à l'hôpital, elle a été en quarantaine durant deux semaines dans un hôtel, conformément aux exigences du gouvernement du Nunavut, pour quiconque souhaite revenir au territoire.

Au total, Collette Nilaulak a passé plus d’un mois à Winnipeg où elle n’avait pas de famille et ne connaissait personne, souligne-t-elle.

Sans compter qu’elle avait peur d’attraper la COVID-19, ajoute-t-elle. À ce moment-là, le Nunavut était encore épargné et ne répertoriait aucun cas, contrairement au Manitoba.

Adigii Nukapiak, qui vit également à Rankin, a donné naissance à son premier enfant en octobre à Winnipeg. Elle avait appris trois jours avant qu’elle n'accoucherait pas à Iqaluit, car il n’y avait plus de place à l'hôpital.

Adigii Nukapiak est restée six semaines à Winnipeg, dont deux en isolement. Ce n'était vraiment pas drôle, car ma mère n'était pas là avec moi, ma grande sœur non plus, raconte-t-elle. Adigii Nukapiak dit qu'elle craignait elle aussi de contracter la COVID-19.

Besoin de sages-femmes

Récemment, Silatik Qavvik, originaire de Sanikiluaq, est morte des suites de la COVID-19, qu’elle avait attrapée à l’hôpital de Winnipeg où elle s’était rendue pour accoucher.

Pour Rebecca Kudloo, présidente de l’association Pauktuutit Inuit Women of Canada, ce décès met en lumière le besoin urgent [d’avoir accès] aux services de sages-femmes dans chaque communauté.

Selon elle, les femmes ne devraient pas avoir à quitter leur domicile et leurs proches, que ce soit durant leur grossesse, leur accouchement ou après.

Rebecca Kudloo ajoute que les sages-femmes permettraient aux femmes enceintes d’avoir accès à des soins dans leur langue et respectueux de leur culture.

Selon les données de Statistique Canada, le Nunavut a le plus haut taux de natalité au pays avec 22,6 naissances vivantes pour 1000 habitants, soit le double de la moyenne nationale qui se situe à 10,1.

En 2019, au Nunavut, les femmes ont donné naissance à 840 enfants.

Le ministère de la Santé du Nunavut n’a pas donné suite aux demandes d’entrevue.

Avec les informations de La Presse canadienne

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