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Retour sur quelques temps forts de protestations au palais législatif du Manitoba

Deux agents de police portant des casques de protection devant la porte principale du palais législatif du Manitoba.

Bien que ces manifestations étaient inédites pour des Manitobains, aucune d’entre elles ne peut être comparée au chaos qui a éclaté au Capitole à Washington cette semaine.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Alors que des incidents inédits ont secoué le Capitole à Washington cette semaine, au fil des années, le palais législatif du Manitoba a aussi été le théâtre de nombreuses manifestations lorsque les Manitobains se rassemblent à cet endroit pour contester sur différents sujets ou crier leur ras-le-bol par rapport à des actions gouvernementales.

Mais aucun de ces mouvements n’est comparable aux événements du Capitole, selon l'ancien premier ministre du Manitoba Gary Doer.

Quelques-unes de ces manifestations sont restées marquantes en raison de la brutalité ou de la ténacité dont ont fait preuve les protestataires.

En 1999, la journée d’ouverture de la session législative du printemps au Manitoba avait été marquée par les interactions entre la police antiémeute et une foule de personnes en colère qui essayaient de se frayer un chemin pour entrer dans l’édifice.

Cette foule d’environ 500 personnes dirigée par des groupes autochtones réclamait du gouvernement provincial de meilleurs logements, une meilleure éducation et des mesures de lutte contre la pauvreté et le chômage.

Les manifestants avaient renversé des barricades en acier et poussé la police pour se faire un chemin dans l’édifice.

Environ 70 policiers et officiers avaient la responsabilité de les contenir. Certains avaient été plaqués sur le sol en marbre du hall et beaucoup avaient aspiré du gaz poivré.

D’une manière ou d’une autre, le gouvernement Filmon [Gary Filmon] doit nous entendre, doit écouter , déclarait Bill Traverse, grand chef de la Southern Chiefs Organization à l’époque.

Nous avons des gens coincés entre les portes, veuillez reculer , criait une voix dans un haut-parleur.

Les enseignants prennent d’assaut les couloirs

En mai 1996, environ 300 enseignants ont pris d’assaut le palais législatif du Manitoba pour protester contre les propositions du gouvernement visant à retirer leurs droits de négociation collective.

Entassés dans les couloirs de l’édifice à Winnipeg, ils scandaient démission, démission devant le bureau de la ministre de l’Éducation Linda McIntosh.

Plus tôt la journée de la manifestation, l’association des enseignants, la Manitoba Teachers Society, avait dénoncé les modifications proposées par le gouvernement à la négociation collective lors de son assemblée générale annuelle. Les membres ont ensuite porté leur indignation au palais.

Il n’y a rien d’aussi draconien partout au Canada que ces propositions, déclarait le président de l’époque de MTS, Ken Pearce, selon un rapport de l’Alberta Teachers Association.

Les enseignants sont en colère comme jamais auparavant. Nos droits de négociation deviendront une simple coquille de ce qu’ils sont maintenant, nous serons tous réduits à la mendicité collective, déplorait-il.

Les étudiants

En 1990, ce sont des étudiants universitaires qui se sont rassemblés devant le palais législatif pour protester contre ce qu’ils disaient être le sous-financement des établissements postsecondaires.

Une foule des trois universités de Winnipeg et de l’Université de Brandon a scandé le nom du premier ministre de l’époque, s’est moquée de lui, tout en écoutant les discours des politiciens des partis d’opposition.

Mais avant que le porte-parole libéral ne puisse terminer, tout l’enfer s’est déchaîné , raconte un récit du livre Taché Hall : Celebrating a Century of Residence Life.

Ce qui avait commencé lorsque quelques personnes marmonnaient Storm the Lege s’était transformé en grands cris. Tout le monde s’est regardé, et dès que nous avions suffisamment confiance en nous en tant que groupe, il suffisait d’un signal. Puis nous avons pris d’assaut le Lege.

Sous le regard des agents de sécurité, les étudiants avaient grimpé les escaliers principaux de la législature et avaient envahi les balcons des deuxième et troisième étages de l’édifice central, selon le récit.

Les gens devenaient fous.

Tout le monde s’était réuni pour une manifestation assise alors que les présidents des syndicats étudiants universitaires rencontraient Gary Filmon et en émergeaient environ une heure plus tard.

Tout ce que Filmon avait promisétait une réunion ultérieure, dit le récit de Taché Hall tout en notant que les étudiants étaient insatisfaits, mais avaient tout de même quitté les lieux.

Le chaos de Washington est unique : Doer

Bien que ces manifestations étaient inédites pour des Manitobains, aucune d’entre elles ne peut être comparée au chaos qui a éclaté au Capitole à Washington cette semaine, lorsqu’une foule soutenant le président sortant Donald Trump a franchi les barricades et s’est frayé un chemin à l’intérieur de l’édifice, selon l’ancien premier ministre du Manitoba, Gary Doer.

Lors des incidents au Manitoba, les manifestants n’étaient pas incités par une personne occupant la plus haute fonction élective du pouvoir. Ils n’ont attaqué aucun agent de sécurité et ne sont pas allés plus loin que le hall. Ils n’ont saccagé aucun bureau, aucune fenêtre n’a été cassée et personne n’est mort.

Je ne me suis jamais senti en danger dans le bâtiment, et je ne me souviens de rien qui m’ait fait me sentir en danger à l’intérieur du bâtiment législatif, déclare M. Doer, qui connaît également les sièges du pouvoir aux États-Unis, où il était ambassadeur du Canada de 2009 à 2016.

Avec les informations de Darren Bernhardt

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