•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le couvre-feu, un casse-tête pour les résidences pour sans-abri de l'Est-du-Québec

Des graffitis sur une façade d'un établissement de la rue Ontario à Montréal.

Les personnes itinérantes pourraient être touchées durement par le confinement (archives).

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Déjà éprouvés par la COVID-19, les centres d’hébergement pour personnes itinérantes ou vulnérables devront en plus composer avec un couvre-feu difficile à respecter pour leur clientèle.

À Pointe-aux-Outardes, le directeur général de la Résidence St-Joseph, Dany Farcy, ne mâche pas ses mots.

C’est du n’importe quoi, lance M. Farcy. C’est de rêver au père Noël que de penser que ces personnes-là, parce qu’on impose le couvre-feu, vont avoir une place où aller.

Selon lui, les mesures sanitaires ont réduit considérablement les options pour les personnes itinérantes qui souhaitent se maintenir au chaud.

On vient de les priver de plusieurs places qui sont chauffées comme les restaurants et les entrées de centre d’achat, déplore-t-il.

Il craint que des constats d’infraction soient remis à des personnes qui ont de la misère à se payer un café et que soit judiciarisée davantage une population qui l’est déjà beaucoup.

Les autorités sous-estiment le nombre de personnes en situation d'itinérance sur la Côte-Nord, croit M. Farcy. Il mentionne aussi que l’immensité du territoire rend plus ardue qu’en ville la prestation de service pour les personnes sans domicile.

Il rappelle que l’offre d’hébergement pour les personnes itinérantes est limitée, comme en témoignait aussi cette semaine la maison d’hébergement le Transit de Sept-Îles.

De l'autre côté du fleuve, à Rimouski, la directrice du Répit du passant, Marguerite Pelletier, ne craint pas un afflux de personnes nécessitant un hébergement d'urgence. Le nombre de lits du centre d'hébergement a toutefois dû être réduit à seulement six en raison de la pandémie.

Mme Pelletier explique avoir bien clarifié avec ses résidents les nouvelles règles imposées par Québec. Les gens qui sont ici présentement sont déjà avisés. J’ai déjà des affiches dans la maison [à propos du couvre-feu], explique-t-elle.

La directrice du Répit du passant entrevoit toutefois la possibilité que des itinérants de Montréal, ne trouvant pas d’hébergement dans la métropole, se rendent en région où les places sont également fort limitées.

Les personnes qui sont à l'extérieur après 20 h sans motif valable peuvent recevoir des contraventions de 1000 à 6000 $.

Avec les informations de Jean-Philippe Guilbeault

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !