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Des hôpitaux accueilleront des patients d’ailleurs en Ontario

L'anesthésiste Rolf Gronas discute avec un patient installé sur une civière à l'Hôpital général de North York.

Les hôpitaux les plus surchargés ont déjà commencé à transférer certains patients. (Photo d'archives)

Photo : CBC/Evan Mitsui

Des hôpitaux des régions moins touchées par la COVID-19 se préparent à recevoir des patients transférés des zones où les établissements de santé sont débordés. Cette tâche n'est pas sans conséquence sur leurs activités régulières.

Le président-directeur général de l’hôpital Kingston Health Sciences Centre, le Dr David Pichora, dit ne pas avoir été surpris par la demande de Santé Ontario, jeudi, de réserver le tiers des lits en soins intensifs aux patients qui pourraient y être transférés en provenance d’autres régions.

En regardant les données épidémiologiques de la grande région de Toronto, on s’attendait à devoir aider la province, note-t-il.

L’hôpital dispose de 55 lits de soins intensifs au total. Il n’en a qu’une douzaine de libres en ce moment, selon le Dr Pichora. Un hôpital de campagne est en construction dans la région de London, mais l’administrateur ne croit pas qu’il sera prêt avant encore plusieurs semaines

Et pour l’instant, il dit ne pas connaître tous les détails sur le genre de patients qui pourraient être transférés à l’hôpital qu’il dirige. 

Nous ne saurons pas exactement ce que nous devrons faire jusqu'à ce qu'on nous le dise. Donc nous nous préparons à plusieurs niveaux, en nous attendant à ce que les patients aient des besoins, sachant qu’ils pourraient avoir besoin d’opérations chirurgicales ou d’autres soins. Ils pourraient avoir la COVID-19 ou non, explique le Dr Pichora.

À London, dans le sud-ouest, l’hôpital a reçu cette semaine huit patients transférés de Windsor. Mais selon le médecin en chef de l’établissement, le Dr Adam Dukelow, il a fallu entre autres annuler plusieurs opérations chirurgicales pour répondre à la demande. 

On essaie de planifier la reprise de ces opérations, mais étant donné ce qu’on voit à Toronto et autour de nous, il est possible qu’on en annule d’autres, selon le Dr Dukelow.

Inquiétudes dans le Nord

Pour l’instant, aucun hôpital du Nord de l’Ontario n’a encore confirmé qu’il allait en effet recevoir des patients en provenance d’ailleurs. 

Une porte-parole de l’hôpital de Sault-Sainte-Marie a confirmé à Radio-Canada que l’établissement est doté d’un plan pour gérer une augmentation de patients souffrant de la COVID-19 qui serait employé pour prendre des décisions relatives au transfert des patients dans la communauté

La députée de Nickel Belt France Gélinas, porte-parole du NPD en matière de Santé, rappelle toutefois que les hôpitaux du Nord de l’Ontario faisaient déjà face, même avant la pandémie, à des problèmes de surcapacité.

Les problèmes que nous avons dans le Nord de l’Ontario ne sont pas disparus parce que le Sud de l’Ontario commence à avoir des problèmes lui aussi. Les problèmes d’engorgement d’hôpitaux qui opèrent à 110 % de leur capacité, des gens qui sont admis dans des salles de bains, dans les fonds de couloirs, on vit ça depuis des années, affirme-t-elle.

Elle s’inquiète également du fait que des citoyens nord-ontariens pourraient avoir besoin de soins intensifs pour d’autres raisons que la COVID-19, surtout en hiver.  

Si  les routes ne sont pas bien entretenues, on se retrouve avec des accidentés qui, eux aussi, ont besoin de soins intensifs, de soins hospitaliers. Est-ce que ça m’inquiète? Oui, absolument, affirme la députée. 

Je regarde les chiffres de ce qui se passe dans le sud de l’Ontario, ce sont nos voisins, des Ontariens [...], je veux qu’ils aient accès aux soins de santé, mais je connais le système de santé suffisamment pour savoir qu’il y avait déjà des problèmes à résoudre et que ces problèmes-là n’ont pas été résolus, précise-t-elle.

Samedi, la province a rapporté que près 400 patients se trouvaient dans les unités de soins intensifs des hôpitaux ontariens.

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