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Des opinions partagées face à la vaccination contre la COVID-19 à Opitciwan

Un homme pose devant une forêt en hiver.

Fabien Awashish avait beaucoup d’inquiétudes face au vaccin contre la COVID-19. Il a tout de même pris la décision d’aller se faire vacciner.

Photo : Radio-Canada / Romy Boutin St-Pierre

C’est un soupir de soulagement dans la communauté atikamekw d’Opitciwan (aussi connue sous le nom d'Obedjiwan) qui a été la première communauté autochtone au Québec à recevoir des vaccins contre la COVID-19. Certains résidents restent tout de même réticents face à ce vaccin, principalement pour des raisons historiques.

En deux jours, environ 25 % de la population d’Opitciwan a reçu la première dose du vaccin Moderna cette semaine. Le coordonnateur des mesures d’urgence à Opitciwan, Martin Awashish, spécifie que près de la moitié des résidents d’Opitciwan ont moins de 18 ans.

Vaccination dans un gymnase à Opitciwan.

Opitciwan a connu une explosion de cas en décembre. Ce sont 109 personnes qui ont été infectées sur une population d’environ 2300 habitants.

Photo : Radio-Canada / Gracieuseté de Martin Awashish

Cette tranche d’âge n’était pas visée lors de cette première campagne de vaccination. Il se dit donc très satisfait de la participation de la population à la campagne de vaccination.

Le chef d’Opitciwan, Jean-Claude Méquish, ajoute toutefois que plusieurs résidents avaient des inquiétudes face au vaccin contre la COVID-19 et ont pris la décision de ne pas se faire vacciner.

Une inquiétude face au vaccin

Une peur face au vaccin s’est propagée dans la communauté dans les dernières semaines. Les origines de ces inquiétudes sont plus profondes que le partage d'information contre la vaccination diffusé sur les réseaux sociaux.

Fabien Awashish, un résident d’Opitciwan souligne que les blessures de ses ancêtres et l’histoire de sa communauté contribuent à nourrir ces inquiétudes.

Je me suis dit, s’ils viennent nous vacciner en premier, c’est qu’ils veulent nous utiliser comme cobaye.

Fabien Awashish, Atikamekw d’Opitciwan

Au Canada, plusieurs autochtones ont servi de cobayes lors d’expériences médicales, entre autres, pour tester le vaccin contre la tuberculose dans les années 1930. Des actes qui ont marqué la mémoire collective.

Le chef de la communauté ajoute qu’il existe toujours une méfiance lorsque de nouveaux médicaments arrivent à Opitciwan.

Pour Helene Pétiquay, la mort de Joyce Echaquan à l’hôpital de Joliette a alimenté ses craintes face au vaccin contre la COVID-19.

Un plan de sensibilisation

Devant cette méfiance, le chef et le comité des mesures d’urgence d’Opitciwan ont utilisé la radio communautaire pour encourager les membres de la communauté à se faire vacciner, ou du moins à prendre une décision éclairée.

Le chef de la communauté d’Opitciwan, Jean-Claude Méquish, souligne que plus de 400 de ses résidents ont des problèmes de santé chroniques tels que le diabète et des maladies pulmonaires. Ce qui les rend plus à risque de complications s'ils contractent la COVID-19.

L’hôpital le plus près étant à plus de quatre heures de route, la communauté était inquiète face à cette propagation rapide du virus.

1200 doses ont été acheminées à Opitciwan. Une partie des vaccins restants sont réservés aux personnes actuellement confinées en raison de la flambée de COVID-19. Les autres seront administrées à des autochtones qui résident hors de la communauté, à Roberval.

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