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Les dépanneurs s'adaptent au couvre-feu

Un client paye au comptoir d'un dépanneur

Un comptoir de dépanneur

Photo : Radio-Canada / Nicolas Lachapelle

Largement épargnés depuis le début de la pandémie, les dépanneurs s’apprêtent à sentir à leur tour les contraintes de la santé publique. Les succursales qui ne vendent pas d’essence devront respecter le couvre-feu et fermer leurs portes à 19 h 30, sans possibilité de vendre de la bière et des cigarettes jusqu'au lendemain.

Le couvre-feu qui entre en vigueur samedi soir imposera des sacrifices financiers aux détaillants.

La vente des produits alcooliques, ça représente environ 30 % du chiffre d’affaires, indique Yves Servais, directeur de l’Association des marchands, dépanneurs et épiciers du Québec (AMDEQ).

Le directeur de l’AMDEQ, qui regroupe 1 300 membres indépendants, croit toutefois que les consommateurs sauront s’adapter au nouvel horaire imposé par le gouvernement.

Oui, il va y avoir un certain impact, croit M. Servais. Mais comme les consommateurs savent déjà à quoi s’en tenir, d'après moi ils vont prévoir leurs sorties en épicerie et au dépanneur plus tôt, pour combler leurs besoins alimentaires de la soirée.

L’univers des dépanneurs a grandement évolué au cours des années récentes, selon M. Servais. Plusieurs ne se contentent plus de fournir houblon, croustilles, nicotine et loterie au voisinage; ils proposent des mets préparés, certains de façon très élaborée, à leur clientèle.

C'est pour cette raison que certains détaillants ont réclamé le droit de livrer leur nourriture après la tombée du couvre-feu, un peu à l’image des restaurateurs.

Yves Servais croit toutefois que les dépanneurs peuvent assumer le sacrifice qui leur est demandé.

Il faut avaler notre pilule, c'est une manière pour les dépanneurs de contribuer à diminuer les transmissions. Je ne déchirerai pas ma chemise sur la place publique parce que les restaurateurs, ils en ont mangé toute une.

Une citation de :Yves Servais, directeur de l’Association des marchands, dépanneurs et épiciers du Québec

Cependant, si ce couvre-feu d’un mois devait se prolonger au-delà du 8 février, il faudrait trouver un compromis pour permettre aux détaillants d’éponger leurs pertes, selon le directeur de l’AMDEQ.

Changements et fermeture

Même s’ils ont l’autorisation de demeurer ouverts pour fournir de l’essence aux automobilistes exemptés du couvre-feu, plusieurs dépanneurs choisiront quand même de fermer leurs portes plus tôt, affirme Yves Servais.

Certains dépanneurs avec essence avec qui j'ai parlé récemment, surtout en région, considèrent que l'achalandage ne sera pas là. Donc ils vont quand même fermer leurs portes.

Une citation de :Yves Servais, directeur de l'Association des marchands, dépanneurs et épiciers du Québec

M. Servais souligne toutefois que l’absence de dépanneurs ouverts au-delà de 20 h, dans les petites localités du Québec, aura un impact.

Souvent, ce sont les seuls détaillants qui vendent de la nourriture. C’est sûr que ça va avoir un impact.

Dans les centres urbains, il est possible que certaines stations-service décident de fermer leurs portes en fonction de l'achalandage des prochains jours, selon l'AMDEQ.

Livraison

Contrairement aux restaurants, les commandes en dépanneurs faites avant la fermeture de 19 h 30 devront être livrées avant le début du couvre-feu.

Pour le site bieresanslimite.com, qui offre une plateforme d'achat en ligne et de livraison pour les dépanneurs, on prévoit une difficulté à pouvoir livrer la marchandise dans la même journée.

Ce que ça engendre comme problème, c'est que là, les livraisons ne pourront pas toutes être complétées justement parce que l'heure de fermeture est plus tôt, estime le fondateur, Jimmy St-Pierre.

Si quelqu'un veut commander, exemple, à 19 h, c'est limite si on veut livrer ça avant 20 h, ajoute-t-il.

Il demande notamment à ce que les livreurs de dépanneurs aient le droit de circuler après l'entrée en vigueur du couvre-feu, comme ceux des restaurants.

Restaurateurs soulagés

Les restaurateurs auront donc le privilège de pouvoir livrer la nourriture pendant la période de couvre-feu. Un privilège que méritent les restaurateurs, selon François Meunier, vice-président aux affaires publiques à l’Association Restauration Québec.

Après 10 mois de pandémie dont 7 de fermeture des salles à manger, c’est tout ce qu’il nous reste! indique-t-il.

Les SAQ vont fermer plus tôt, ça peut donc représenter une opportunité pour les restaurateurs, croit M. Meunier. On s’entend, ce ne sera pas le Klondike non plus. Les restaurants vont peut-être aller chercher 20 % de leur chiffre d’affaires habituel pendant le couvre-feu.

Livraison des restaurants

  • Les restaurateurs ont le droit de livrer de l'alcool avec un repas depuis 2002.
  • Récemment, ils ont gagné le droit de vendre de l'alcool à un tiers, soit un service de livraison commandé par le client.

François Meunier craint que sans l’exclusivité sur les livraisons de nourriture et d’alcool après le couvre-feu, la survie de plusieurs établissements serait en péril.

Ça va avoir des conséquences immenses, on parle de 6 G$ qui ont déjà été perdus, uniquement en 2020.

Une citation de :François Meunier, vice-président aux affaires publiques à l’Association Restauration Québec

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