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L'énigmatique Dr Howard Njoo

Le sous-administrateur en chef de la santé publique du Canada est aux premières loges de la crise sanitaire et paraît tous les jours dans les médias, mais on le connaît peu. Qui est-il vraiment?

L'administrateur en chef adjoint à l'Agence de la santé publique du Canada est assis derrière une table, lors d'une conférence de presse qui a eu lieu le 21 juillet 2020, à Ottawa.

Le Dr Howard Njoo, administrateur en chef adjoint à l'Agence de la santé publique du Canada (archives).

Photo : The Canadian Press / Adrian Wyld

Le Dr Howard Njoo, sous-administrateur en chef de la santé publique du Canada, est l’un des visages les plus connus de la lutte contre la COVID-19. Depuis le mois de mars, on le voit presque quotidiennement à la télévision faire des bilans sur la maladie. Cette soudaine popularité, il la vit bien malgré lui, parce que dans la vraie vie, c'est un homme plutôt discret.

De son statut de vedette de la télévision et de la radio, le Dr Njoo tient à préciser une chose : C’est temporaire et ce n’est pas pour toujours. Il ne veut surtout pas s’enfler la tête avec toute cette attention. En entrevue, il s'empresse de changer de sujet lorsqu'on aborde sa notoriété.

C’est pourtant lui que l’on aperçoit dans l’émission spéciale de fin d’année d’Infoman. Il est aussi très visible sur le web, où il répond directement aux questions des youtubeurs de l’heure. Mais tout ça, dit-il, n’est qu’une stratégie qui vise à joindre un plus large public.

Le Dr Njoo se prête au jeu des apparitions publiques — quel que soit le format — parce qu’elles informent les Canadiens et les sensibilisent sur la gravité de la pandémie.

La fin justifie les moyens.

Sa présence remarquée sur les réseaux sociaux, on la doit en partie à ses trois enfants qui trouvaient leur père un peu démodé dans ses points de presse à la télévision.

Ils m’ont dit que c’était seulement les vieilles personnes qui me regardaient. Pour rejoindre les jeunes, ils m’ont suggéré d’aller sur YouTube, raconte-t-il.

Depuis, l’idée a fait boule de neige et à l’agence, on pense aussi utiliser plusieurs autres plateformes pour communiquer avec les Canadiens.

De Munich à Toronto en passant par Montréal

Avant de se retrouver sous les feux de la rampe, le Dr Howard Njoo était relativement peu connu du public. Pourtant, il traîne une feuille de route assez impressionnante en matière de santé publique.

Le Dr Njoo a fait son entrée au gouvernement fédéral en 1996. En tant que haut responsable, il fut impliqué dans la gestion de crise du SRAS en 2003 et du H1N1 en 2009. Sur la scène internationale, il a été envoyé en Haïti en 2010, après le tremblement de terre, et en Guinée en 2015 pour freiner le virus Ebola.

Sur un plan plus personnel, le sous-administrateur en chef se décrit comme étant un citoyen mondial

Fils de parents indonésiens, né à Munich en Allemagne, il a appris à parler le néerlandais avant toute autre langue. 

À l’époque, explique-t-il, l’Indonésie était une colonie des Pays-Bas. Donc, la langue maternelle de mes parents était le néerlandais. J’ai appris à parler cette langue pour m’entretenir avec mes grands-parents.

Le jeune Howard Njoo était déjà familier avec le néerlandais, l’indonésien et l’allemand, lorsque son père a déménagé la petite famille à Montréal après avoir obtenu un poste à la Northern Electric. C’est donc ici, au Québec, qu’il a appris à parler français.

Dans les années 70, la compagnie transfère le poste de son père à Brampton, en Ontario. Le jeune Howard poursuit ses études secondaires et universitaires dans la grande région de Toronto, en anglais.

Des années plus tard, le Dr Njoo renoue avec le français et apprend même à parler à la québécoise, s’étant marié à une femme du Saguenay-Lac-Saint-Jean!

Ma conjointe me dit qu’elle ne sait pas si j’ai vraiment amélioré mon français, mais elle trouve que mon québécois est beaucoup mieux, maintenant!

Dr Howard Njoo, administrateur en chef adjoint de la santé publique du Canada

J’apprécie beaucoup la culture francophone québécoise et sa cuisine, déclare le Dr Njoo, pour qui les expressions bibitte à sucre et tourtière du Lac-Saint-Jean n’ont plus de secrets… ou presque!

Je croyais bien savoir faire une tourtière, mais ma femme m’a dit : ''Non. Ça, ce n'est pas une tourtière, c'est seulement un pâté à la viande'', relate-t-il, en riant. Les vraies tourtières viennent du Lac-Saint-Jean. J’ai appris ça!

Howard Njoo s'adresse aux journalistes.

Le sous-administrateur en chef de l'Agence de la santé publique du Canada, Howard Njoo, explique qu'une deuxième vague de contamination pourrait survenir très rapidement si les Canadiens abandonnaient les mesures d'hygiène et de distanciation sociale.

Photo : The Canadian Press / Justin Tang

Crise sanitaire sans précédent

La médecine est entrée un peu de force dans la vie du Dr Njoo. Disons simplement que sa mère a légèrement poussé son fils vers cette direction. J’avais de bonnes notes à l’école, se rappelle-t-il, alors elle me disait que je devrais être un médecin.

Il faut dire que le jeune Howard n'y voyait aucun inconvénient!

Lorsqu’il a fait ses études à l’Université de Toronto, jamais il n’aurait cru que sa spécialisation en santé communautaire et en épidémiologie lui serviraient un jour autant qu’au cours de cette année.

Une pandémie comme ça, c’est sans précédent. Jamais je n’aurais pensé que j'aurais utilisé l'épidémiologie de cette façon.

Dr Howard Njoo, administrateur en chef adjoint de la santé publique du Canada

Le Dr Njoo pense que janvier et février seront des mois très durs. Les Canadiens devront redoubler d’efforts et de patience. Il faut suivre les consignes de la santé publique, insiste-t-il. L'effort de guerre est loin d'être terminé.

A-t-il l’impression de se répéter? Sent-il que les Canadiens sont toujours à l’écoute?

Tout le monde commence à comprendre un peu la situation, répond le Dr Njoo. 

Je pense, en général, que les personnes apprécient la science. Si on leur donne les bons renseignements et les données probantes qui démontrent pourquoi une mesure de santé publique est une bonne pratique à suivre, je pense que la population va le faire.

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