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COVID-19 : course contre la montre entre nouveau variant et vaccination

Une piétonne portant un masque de protection passe devant les cabines téléphoniques rouges à Londres le 19 décembre 2020.

Le nouveau variant qui a été découvert au Royaume-Uni pourrait rapidement devenir le plus commun en Ontario. (Photo d'archives)

Photo : Getty Images / TOLGA AKMEN

La présence en Ontario du nouveau variant du coronavirus, initialement identifié au Royaume-Uni, inquiète certains experts. Selon plusieurs projections de modélisation, ce variant pourrait être le plus commun dans la province d’ici quelques mois.

On ne sait pas quand le nouveau variant est vraiment arrivé au pays. [...] On ne sait pas non plus à quel point il s’est propagé dans la communauté. Si on projette, par exemple, que le nouveau variant est au pays depuis la mi-octobre – et c’est plausible – alors celui-ci deviendrait le variant dominant d’ici un mois ou deux.

C’est ce qu’explique le Dr Troy Day, membre de la Table de consensus de modélisation de l'Ontario et mathématicien qui se concentre sur la biologie mathématique à l'Université Queen's à Kingston, en Ontario.

« C’est une situation alarmante. »

— Une citation de  Dr Troy Day

Le mieux qu’on puisse faire, c’est de prendre ce qu’on sait sur la situation au Royaume-Uni et extrapoler ce que ça signifie ici.

La première confirmation de la présence du nouveau variant a été faite le 26 décembre chez un couple de la région de Durham, en banlieue de Toronto.

Le nouveau variant serait de 50 % à 74 % plus contagieux que celui qui prédomine présentement au pays.

Course contre la montre

Si le nouveau variant se propage à la vitesse suggérée par les pires projections de modélisation, le Dr Doug Manuel suggère que la vitesse à laquelle le vaccin est distribué en Ontario devient critique.

Ça va être une course, selon lui. Si la propagation se fait aussi vite que suggéré, il nous sera difficile de rouvrir [les commerces]. Or, si nous pouvons faire des vaccinations rapidement, alors nous serons en bien meilleure position.

Le Dr Manuel est membre de la Table consultative scientifique de l'Ontario et scientifique à l'Hôpital d'Ottawa.

Vendredi, lors d'une conférence de presse, la Dre Barbara Yaffe, médecin hygiéniste en chef adjointe de l'Ontario, a reconnu que le nouveau variant était une menace.

Nous sommes dans une situation grave, a-t-elle déclaré. Nous avons identifié six cas en Ontario, et nous effectuons beaucoup plus de tests pour savoir combien il y en a vraiment.

Depuis une semaine, des voix s’élèvent pour dénoncer la lenteur à laquelle l’Ontario distribue les vaccins. Le premier ministre Justin Trudeau s’est d’ailleurs dit frustré devant cette situation.

La densité de population un facteur

Selon le Dr Day, on peut supposer que ce qui se passe [côté transmission] au Royaume-Uni est un scénario du pire (worst-case scenario) et que le tout serait probablement moins pire ici en partie en raison de la différence de densité de population entre les deux pays.

Nous nous attendons à ce que ces taux de transmission très élevés arrivent surtout dans des endroits où la densité de la population est très élevée.

Le Royaume-Uni a une densité de population de 275 personnes par kilomètre carré alors que ce chiffre est de 4 par kilomètre carré au Canada.

Peut-être moins virulent

Le Dr Day explique qu’un virus qui est plus contagieux devrait, en principe, causer des symptômes moins graves.

Bien qu’aucune étude ne prouve que le variant découvert au Royaume-Uni cause des symptômes moindres que le variant le plus commun en Ontario, le Dr Day explique que si la COVID-19 se comporte comme les autres coronavirus étudiés par le passé, le nouveau variant devrait être moins virulent.

C’est difficile de prédire comment la sévérité de la maladie causée par le virus va évoluer dans le temps, mais, en règle générale, un variant qui cause des symptômes plus graves se transmet moins parce qu’il réduit le temps durant lequel il peut se propager. Si le virus tue son "hôte", il ne peut plus se propager. Ce n’est pas dans l’intérêt du virus. Mais comme on le sait, il y a beaucoup de choses que nous ignorons en ce moment.

Le Dr Day ajoute que la COVID-19 a une longue période d’incubation, ce qui pourrait fausser cette hypothèse.

Le Dr Samir Patel, chef adjoint de la microbiologie à Santé publique Ontario, ajoute qu’une inquiétude existe à propos de la propagation du nouveau variant chez les enfants.

Il semble y avoir, sur la base des données britanniques, une augmentation du nombre de cas chez les enfants, selon lui. Il précise que cette situation pourrait être liée à une transmission accrue en général chez les enfants plutôt qu'à un nouveau comportement du virus.

Davantage de données et de recherches doivent être effectuées.

Des études préliminaires suggèrent que les vaccins de Pfizer-BioNTech et de Moderna sont efficaces pour contrer le nouveau variant découvert au Royaume-Uni, selon le Dr Patel.

Le Dr Day ajoute que de plus amples détails seront dévoilés au sujet des projections de modélisation lundi.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario
Avec les informations de CBC News

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