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Droits d’auteur : Nicki Minaj versera 450 000 $ US à Tracy Chapman

Collage de deux artistes femmes parlant dans un micro.

La rappeuse Nicki Minaj (à gauche) et l'autrice-compositrice-interprète Tracy Chapman (à droite).

Photo :  Getty Images / Rich Fury/Andre Durand

Radio-Canada

La rappeuse Nicki Minaj a accepté de payer 450 000 dollars américains à la chanteuse Tracy Chapman pour régler un différend de droits d’auteur, reconnaissant avoir utilisé sans permission des parties de la chanson de Chapman Baby Can I Hold You pour sa collaboration avec Nas sur le titre Sorry.

Selon des documents d’une cour californienne rendus publics jeudi, Chapman a accepté l’offre de Minaj, ce qui a évité aux deux artistes d’aller en procès, rapporte la BBC.

Tracy Chapman avait déposé une poursuite contre la rappeuse en octobre 2018, stipulant que la chanson de Minaj utilisait autant les paroles que la mélodie vocale de sa pièce Baby Can I Hold You, tirée de son premier album, sorti en 1988, qui lui a d’ailleurs valu trois prix Grammy.

Même si Sorry n’a jamais été officiellement lancé, le morceau a fuité et a été envoyé à Funkmaster Flex, qui l’a fait jouer à sa populaire émission de radio et l’a partagé sur les réseaux sociaux. Le titre est ensuite devenu viral sur Internet. C'est d’ailleurs ce qui a incité Chapman à entamer une poursuite.

Échantillonnage ou interpolation, pour Chapman, c’est non

En fait, selon la BBC, la chanson proposée par Nicki Minaj et Nas est basée sur un échantillonnage d’une pièce de dancehall intitulée Sorry, de l’artiste jamaïcaine Shelly Thunder. Ce que ne savait pas la rappeuse, ou du moins c’est ce qu’elle prétend, c’est que ce titre est lui-même basé sur un échantillonnage de la chanson de Chapman.

La chanson de Nicki Minaj a été créée dans la foulée de la conception de son album Queen, sorti en 2018. Lorsque la rappeuse a pris connaissance des arguments de Chapman, son équipe a contacté celle de la chanteuse pour lui demander officiellement de pouvoir utiliser Baby Can I Hold You pour en faire une interpolation, c’est-à-dire pour réenregistrer la mélodie et les paroles de la chanson, plutôt que de l’échantillonner directement.

Chapman a refusé. Son avocat a d’ailleurs spécifié que sa cliente avait une politique très stricte en matière d’utilisation de son matériel par des tierces parties et qu’elle refusait systématiquement ce genre de demandes.

On m’a demandé à plusieurs reprises la permission d’utiliser ma chanson. Chaque fois, de façon polie et dans un délai raisonnable, j’ai répondu non, de façon non équivoque. Apparemment, Mme Minaj a choisi de ne pas m’entendre et d’utiliser ma composition malgré mes intentions, a expliqué Chapman dans une déclaration envoyée à NBC News.

Ne pas étouffer la créativité

Dans un premier temps, la juge Virginia A. Philipps avait donné raison à Nicki Minaj et à son équipe juridique, qui affirmait que les artistes devraient pouvoir échantillonner la musique de quelqu’un d’autre au stade de la création, sans craindre de se faire poursuivre lorsqu'ils communiquent avec l’artiste original pour obtenir une licence.

La juge avait souligné qu’un jugement déracinant ces pratiques répandues limiterait la créativité et étoufferait l’innovation dans l’industrie musicale. Toutefois, elle avait accepté de mettre en place un procès pour explorer comment la chanson Sorry avait fuité et comment elle avait par la suite été distribuée, afin de déterminer si cela constituait en soi une enfreinte aux droits d’auteur.

Finalement, avec l'entente entre les deux femmes, ce procès n’aura pas lieu.

Avec les informations de BBC, NPR, et NBC News

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