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La pandémie affecte les trappeurs et les ventes de fourrure

Une fourrure de renard déposée sur une boîte de bois.

L'impossibilité d'assister aux ventes aux enchères pour les acheteurs internationaux pose problème (archives).

Photo : Gracieuseté de Gabriel Ladouceur

Radio-Canada

Alors que les ventes de fourrure ont été décevantes en 2020, les enchères prévues en janvier au Fur Harvested Auction, en Ontario, sont reportées au printemps en raison des restrictions dues à la COVID-19. 

La salle des ventes Fur Harvested Auction est le dernier endroit où les trappeurs peuvent encore vendre des peaux d'animaux sauvages en Amérique du Nord.

Au mois d’août déjà, en raison de la pandémie, seuls les courtiers canadiens y avaient été autorisés en personne. Le reste s'était fait en ligne.

Ça a été terrible, souligne Nathan Kogiak, un trappeur basé à Yellowknife. Les résultats ont été très mauvais, les fourrures haut de gamme ne se sont pas vendues.

Il dit que sur la petite centaine de peaux qu’ils avaient à vendre cet été, il en a vendu moins d’une vingtaine. Habituellement, il arrive à en vendre plus de 200, assure-t-il.

Mark Downey, le président-directeur général de Fur Harvested Auction, confirme qu’en raison des restrictions, la vente aux enchères estivale n’a atteint que 30 % de son volume habituel.

Selon lui, cela s'explique notamment par le fait que les plus belles fourrures se vendent en présence des acheteurs, quand ils peuvent les voir et les toucher.

Un manque d’acheteurs internationaux

Notre slogan a toujours été : "North Bay, là où le monde [entier] vient acheter de la fourrure sauvage". Et bien vous ne pouvez pas avoir d’enchères quand le monde [entier] ne peut pas venir, constate-t-il.

D’après lui, la vente prévue en janvier aurait permis aux trappeurs d’écouler leurs invendus de l’an dernier et non pas de nouvelles peaux.

Nathan Kogiak assure que les faibles ventes n’ont pas changé sa façon de trapper et qu’il continue d’attraper autant d'animaux que les années précédentes.

Un homme dans une cabane.

Le trappeur Nathan Kogiak dans sa cabane à Yellowknife (archives)

Photo : Radio-Canada / Kate Kyle

En revanche, cela a changé sa façon de vendre ses fourrures. Tout d’abord, il les fera tanner. Ainsi, les acheteurs pourront les utiliser immédiatement, explique-t-il.

Cela pourrait prendre entre trois et six mois, voire une année, selon les tanneries avec lesquelles il travaillera. Cela représentera également un coût supplémentaire pour lui.

Mais il envisage de vendre ses fourrures lui-même, pour en obtenir un meilleur prix. Il espère ainsi rentrer dans ses frais.

À côté de cette activité, Nathan Kogian a un emploi à temps plein. Il reconnaît donc qu’il est moins sous pression que d'autres trappeurs.

Une aide gouvernementale

De plus, les trappeurs des Territoires du Nord-Ouest bénéficient d'un programme du gouvernement territorial qui leur permet de vendre leurs fourrures au ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles contre un montant garanti.

Nathan Kogian explique qu’il peut ainsi obtenir 400 $ pour une fourrure de loup ou 25 $ pour une fourrure de castor par exemple.

Cela m’aide en fait à payer certains de mes frais. Mais je sais que ce programme est seulement pour les T.N.-O. Donc n'importe quel trappeur en dehors du territoire doit assumer tous ses frais.

Il ajoute que c’est décourageant de perdre de l’argent pour une fourrure de qualité, dont on sait qu’elle pourrait se vendre bien plus cher. C’est pour cela qu’il va essayer de trouver lui-même des acheteurs, plutôt que de vendre ses peaux au gouvernement ou aux enchères.

La prochaine vente au Fur Harvested Auction doit avoir lieu du 9 au 13 avril. Mais il se pourrait qu’elle soit à nouveau reportée si la situation ne s’améliore pas, déplore Mark Downey.

Il espère d’ici là que les acheteurs internationaux transmettront leurs ordres à des courtiers sur place. Il espère aussi que les acheteurs seront de plus en plus à l’aise avec les ventes en ligne.

Malgré tout, Mark Downey est confiant : il y a toujours un très très fort intérêt pour l'industrie de la fourrure [...] Nous sommes toujours en grande forme et le marché continue d’être prospère.

Mais il reconnaît que pour obtenir le meilleur prix pour les trappeurs, il n’y a rien de mieux qu’une pièce remplie d'acheteurs internationaux se faisant concurrence.

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