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Couvre-feu et confinement : pas d’exception pour les Madelinots

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Centre intégré de santé et de services sociaux des Îles-de-la-Madeleine

Écoutez le reportage de Marie-Jeanne Dubreuil

Photo : Radio-Canada

Isolés du reste du Québec, les résidents des Îles-de-la-Madeleine auraient souhaité obtenir un statut leur permettant de conserver le niveau de restrictions sanitaires de la zone orange. La direction de santé publique n’en a pas fait la recommandation.

À compter de samedi, les Madelinots entreront donc en zone rouge et devront se soumettre au confinement et au couvre-feu, comme le reste des Québécois.

Les élus madelinots demandaient, en vertu de l’éloignement, de l’insularité et de l’isolement du reste du Québec, que des mesures différentes soient appliquées dans l’archipel. Nous et le Nord-du-Québec sommes les seules régions inaccessibles par la route, explique le maire, il n’y a aucune autre communauté du Québec qui unanimement a demandé de fermer les accès autant routiers qu’aériens à leur région. On était la seule à réclamer ça.

Les Madelinots faisaient aussi valoir la situation épidémiologique stable dans l'archipel, malgré la deuxième vague.

Les élus des Îles proposaient en contrepartie de fermer l’accès à l’archipel et d'appliquer un couvre-feu comme dans l’ensemble du Québec. Tous les gens entrant dans l’archipel auraient dû se soumettre à une quarantaine.

Le maire des Îles-de-la-Madeleine Jonathan Lapierre debout dans le hall d'un édifice.

Le maire des Îles-de-la-Madeleine aurait aimé éviter que les Madelinots passent en zone rouge.

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

En conférence de presse, le maire a laissé entendre que c'est surtout le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) des Îles qui s'est opposé à la proposition.

Pénurie de personnel

Le directeur de santé publique de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, le Dr Yv Bonnier-Viger, confirme que la proposition avait été envisagée, mais que c'est la fragilité du réseau de santé des Îles qui a fait la différence.

Après consultation du CISSS des Îles, force est de constater qu'actuellement, dans une situation relativement favorable, le personnel est déjà un peu à bout de souffle, on est en pénurie de personnel, ce serait vraiment très mal venu d'imposer un effort supplémentaire s'il y avait une éclosion aux Îles actuellement.

Le médecin rappelle que le risque d'éclosion demeure toujours présent. De plus, au cours des prochaines semaines, la campagne de vaccination mobilisera du personnel.

Yv Bonnier-Viger lors d'un entretien sur Skype.

Le directeur de la Santé publique pour la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine, Yv Bonnier-Viger

Photo : Radio-Canada / Capture d'écran Skype

Jeudi, la directrice du CISSS des Iles-de-la-Madeleine, Jasmine Martineau, s'était d'ailleurs inquiétée de la capacité des ressources humaines des établissements de santé des Îles de traiter tous les malades. Déjà, disait-elle, selon les conditions de patients qu’on a, c’est à la limite. Il faut qu’on ait les ressources pour s’occuper des autres patients qu’on a ici. Il ne faut pas que les régions remplissent tous les lits du continent. C’est la contribution de tout le monde. C’est un peu tout ça qu’il faut considérer et mettre dans le panier.

Une première aux Îles

C'est la première fois depuis le début de la deuxième vague que les Madelinots perdent le droit de se rassembler.

Ce qu’on demande maintenant à la population, c’est de respecter les règles.

Jonathan Lapierre, maire des Îles-de-la-Madeleine

Le maire Lapierre se dit prêt à revenir à la charge avec des demandes pour exclure les Îles des mesures généralisées si le confinement s'étire au-delà du 8 février et que la situation demeure stable dans l'archipel.

Avec la collaboration d'Isabelle Larose

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