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Ekuanitshit veut son propre service de police

La voiture de police de Ekuanitshit.

C'est présentement la Sûreté du Québec qui couvre le territoire de la communauté innue d'Ekuanitshit.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Boudreault

Radio-Canada

Le chef d'Ekuanitshit, Jean-Charles Piétacho, souhaite mettre sur pied un service de police autochtone qui remplacerait la Sûreté du Québec sur le territoire de la communauté innue.

M. Piétacho a fait savoir qu’il s’agit d’une question de sécurité publique pour les citoyens de la communauté.

Il y a des événements qu’on va regretter si on ne peut pas se doter d'un service qui va protéger notre communauté. Dans le domaine de la sécurité publique, on veut être proactif, explique M. Piétacho.

C’est l’ancien policier et conseiller en sécurité publique pour la communauté d'Ekuanitshit, Maurice Tassé, qui pilote le projet d’un retour du service de police autochtone.

Ce dernier fait valoir que la présence de la Sûreté du Québec n’est pas bien adaptée à la réalité de la communauté et qu’elle n’est pas assez présente sur le territoire.

Il croit que la communauté était mieux protégée sous son propre service de police, qui a été dissous en 2008 après des coupes budgétaires de l’ancien gouvernement fédéral de Stephen Harper.

Actuellement, la Sûreté du Québec a un grand territoire à couvrir. Elle vient de Havre-Saint-Pierre, qui est à environ 40 km, ce qui fait que le temps d’intervention peut atteindre 25 min et parfois plus, illustre M. Tassé.

Une voiture de police noire qui effectue un virage.

Même si le service de police n'est pas encore établi, un véhicule d'urgence est prêt à l'action.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Boudreault

Réconciliation

La députée bloquiste de Manicouagan, Marilène Gill, estime que le programme fédéral de service de police autochtone souffre d’un sous-financement, ce qui complique l’établissement d’un nouveau corps policier.

Le programme de service de police autochtone ne répond pas aux besoins. Ça a plusieurs impacts négatifs, au sens où ce n’est pas attrayant pour les jeunes de devenir policier. C’est difficile pour les Premières Nations d’avoir des corps de police qui ne seraient pas aussi bien financés que le serait la GRC ou la Sûreté du Québec , soutient Mme Gill.

Selon elle, le ministre de la Sécurité publique du Canada, Bill Blair, a tout intérêt à collaborer à l’instauration d’un service de police autochtone, puisqu’il s’agit d’une tâche inscrite à son mandat.

Ça fait partie de son mandat et c’est vraiment une volonté dans la mouvance de la réconciliation , croit la députée.

Déçu du fédéral

Maurice Tassé avance toutefois que malgré plusieurs demandes envoyées au gouvernement fédéral, le conseil de bande d'Ekuanitshit serait toujours sans réponse. Il se dit très déçu du silence radio du ministère de la Sécurité publique du Canada.

Le conseil de bande est toutefois très satisfait des discussions qui ont cours avec le gouvernement du Québec et le ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière.

En attendant un retour du gouvernement fédéral, le conseil de bande a entrepris la modification d’un véhicule pour en faire la première voiture du futur service de police de la communauté.

Selon M. Tassé, plusieurs personnes qualifiées, dont des membres de la communauté innue, auraient fait valoir leur volonté de participer à l’établissement du corps de police.

Avec les informations de Djavan Habel-Thurton

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