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Audience du CRTC : CBC/Radio-Canada veut plus de numérique

La tour de la Maison de Radio-Canada à Montréal.

La tour de la Maison de Radio-Canada à Montréal

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Au cours des prochaines semaines, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) se penchera sur la programmation de CBC/Radio-Canada et entendra 70 intervenants pour le renouvellement des licences du diffuseur public qui viennent à échéance le 31 août 2021. Une importante audience qui permettra d'établir les balises à respecter pour les années à venir.

Chaque renouvellement des licences de CBC/Radio-Canada suscite de vives discussions, à tel point que lors de l'audience de 2011, le CTRC avait examiné près de 8000 interventions.

L'audience de 2021 permettra à nouveau de se pencher sur les obligations de licences de CBC/Radio-Canada, qui se doit de respecter les objectifs de la Loi sur la radiodiffusion qui date de 1991, dont celui de représenter les Canadiens et les Canadiennes, quel que soit leur lieu de résidence et dans les deux langues officielles.

Après avoir tenu deux consultations publiques en 2019 et en 2020, le CRTC recevra en ouverture, dès lundi, les dirigeants de CBC/Radio-Canada qui ont déposé en août 2019 un document sur les changements demandés relativement à leurs conditions de licences. Il entendra par la suite divers organismes, dont la Guilde canadienne des médias, Québecor Média inc., l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, l'ADISQ et le Bureau de l'écran autochtone.

Plusieurs intervenants auront des revendications à formuler à l’égard du diffuseur public.

Bien que le CRTC n'ait pas le pouvoir de révoquer les licences, il a le devoir de fixer des conditions qui devront être respectées par CBC/Radio-Canada.

Concrètement, cela veut dire que l'heure est au choix en ce qui concerne le nombre d'heures de programmation assigné pour chacune des régions du pays, pour les secteurs jeunesse, des dramatiques et du documentaire.

Un homme parle au micro.

Michel Bissonnette, vice-président des services français de Radio-Canada

Photo : Radio-Canada / Tifa Bourjouane

Tandis que le paysage culturel est en mutation et que les Canadiens et Canadiennes ne consomment plus la radio et la télévision de la même façon, le diffuseur public veut s'adapter et renforcer sa présence numérique.

L'exemple que je peux vous donner en jeunesse présentement : notre obligation, c'est de faire 100 heures par année diffusées à la télévision. On dit au CRTC : "On est prêts à en faire 110 heures, mais, s'il vous plaît, permettez-nous d'en mettre uniquement 80 heures à la télévision et de pouvoir en mettre davantage sur le numérique, parce qu'on sait que pour rejoindre les jeunes, TOU.TV est davantage performant qu'une case horaire que je pourrais mettre à 8 h le matin ou le week-end", explique en entrevue Michel Bissonnette, vice-président principal des services français de CBC/Radio-Canada, quelques jours à la veille de l'audience.

En somme, le diffuseur public le répète : il veut en offrir plus, mais différemment.

Pour CBC/Radio-Canada, ce renouvellement de licences survient à un moment crucial, nous dit Sylvain Lafrance, ancien vice-président principal des services français de Radio-Canada. Il fait partie aujourd'hui de Pôle médias HEC Montréal, où il est professeur associé. Il participera à l'audience du CRTC.

C'est un moment extrêmement important et qui peut définir pas mal de choses dans le rôle du diffuseur public. […] Je vais en appui en passant aux positions de Radio-Canada, parce que le projet de Radio-Canada, dans le fond, c'est de poursuivre la bascule vers le monde numérique, ce qui est une chose extrêmement importante, dit-il.

Un téléphone, une tablette et un ordinateur affichent du contenu de Radio-Canada.

CBC/Radio-Canada veut renforcer sa présence numérique.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Critiques à l'horizon

Le renouvellement des licences de CBC/Radio-Canada est l'occasion pour plusieurs organismes de critiquer le diffuseur public, qui a reçu lors de l'exercice 2019-2020 environ 1,2 milliard de dollars du gouvernement fédéral.

Il y sera sans doute question de la vente de publicité et du nouveau service de contenu promotionnel, baptisé Radio-Canada Tandem, qui ne fait pas l'unanimité.

Pour Michel Bissonnette, Radio-Canada Tandem doit être maintenu : Tant et aussi longtemps que le diffuseur public doit avoir également des revenus commerciaux, on n'a pas le choix d'avoir une offre qui réponde aux besoins des annonceurs. Ce qu'il est important de ne pas franchir, c'est la ligne où on ne peut pas savoir quelle est la différence entre du contenu publicitaire et du contenu journalistique. Et ce contenu-là, de marque, c'est ce qu'on retrouve dans le Globe and Mail, dans La Presse, à TVA, tous les médias canadiens ont cette offre-là dans leur portefeuille.

Québecor Média fera également entendre sa voix lors de cette audience pour le renouvellement des licences. La société a déjà déposé une plainte auprès du CRTC pour que cesse la version payante d'ICI TOU.TV. Québecor Média a décliné notre demande d'entrevue sollicitée dans le cadre de ce reportage.

En 2021, les défis sont nombreux en matière de diffusion visuelle, audio et numérique. Le CRTC est clair : le diffuseur public doit bien représenter les groupes autochtones, les groupes ethniques et multiculturels, les communautés minoritaires de langue officielle, les enfants et adolescents, les Canadiens handicapés et les Canadiens LGBTQ2.

Un homme devant le drapeau canadien et une affiche indiquant la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada.

Jean Johnson, président de la FCFA

Photo : Radio-Canada / Angie Bonenfant

Lors de l'audience, la Fédération des communautés francophones et acadiennes du Canada (FCFA) exigera davantage d'efforts du diffuseur public pour que soient bien représentées sur les plateformes de CBC/Radio-Canada les différentes communautés francophones du pays.

On ne parle pas de nous, on ne se reconnaît pas dans notre Radio-Canada. Je pense que, chaque fois qu'on arrive au moment de renouvellement devant le CRTC, on fait des promesses, mais en réalité, on n’agit vraiment pas. Je ne veux pas imposer une mauvaise volonté, c'est un manque de compréhension. […] On ne lâchera pas le morceau, on a besoin d'être entendus, on a le besoin d'être vus, affirme Jean Johnson, président de la FCFA.

Les consultations à propos du renouvellement des licences de CBC/Radio-Canada débuteront le 11 janvier et se poursuivront jusqu'au 27 janvier. Il sera possible de suivre l'audience ici, sur le site web du CRTC (Nouvelle fenêtre).

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