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Voici le nouveau visage de l'épicerie J.A. Moisan, 150 ans après son ouverture

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Une épicerie de Québec fraîchement rénovée

Le reportage d'Alexandre Duval

Photo : Radio-Canada / Alexandre Duval

Sa fermeture temporaire, en mars dernier, avait créé un trou dans le quartier Saint-Jean-Baptiste à Québec. Sa réouverture prévue lundi, même en pleine pandémie, risque de faire tourner les têtes. L'épicerie J.A. Moisan amorce une nouvelle phase de son existence, 150 ans après son ouverture. Radio-Canada vous la fait découvrir en photos.

Depuis le 20 décembre, les employés sont ici tous les jours en train de remplir les tablettes, recevoir les commandes, tout rentrer en inventaire. C'est quand même un gros défi , reconnaît la nouvelle propriétaire des lieux, Donna Willet.

Une famille propriétaire d'une épicerie à Québec

Donna Willet (au centre) est accompagnée de son conjoint Yves Doucet et de sa fille Candice Dort, elle aussi copropriétaire.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Duval

Les travaux devaient durer huit semaines; ils auront finalement duré neuf mois. Le bâtiment construit en 1846 cachait de nombreux problèmes qui se reflètent dans la facture finale épongée par Mme Willet : 3,5 millions de dollars.

Un investissement sept fois plus important que ce qui était prévu au départ, mais qui en valait la peine. C'est vraiment splendide. Je suis vraiment contente du produit final , dit Mme Willet.

Des charcuteries et des fromages dans un comptoir réfrigéré

Comme dans l'ancienne boutique, l'épicerie J.A. Moisan offrira toujours plusieurs types de charcuteries et fromages.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Duval

À la réouverture de la plus vieille épicerie en Amérique du Nord, les habitués de la place ne devraient pas être trop dépaysés. Certes, l'espace plancher est désormais plus petit : la moitié du bâtiment a été convertie en une boutique de vêtements qui n'ouvrira qu'en mai prochain.

Mais les produits fins et du terroir restent à l'honneur. À l'arrière du commerce, là où se trouvaient jadis les épices, un immense cellier qui abrite uniquement des vins québécois rappelle les boutiques des petits cavistes en Europe.

Des bouteilles dans un immense cellier

Le cellier situé à l'arrière de l'épicerie compte des centaines de bouteilles de vin du Québec.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Duval

Avec sa fille Candice Dort, elle aussi copropriétaire de l'épicerie, Mme Willet a fait un effort évident pour préserver un maximum d'objets qui font partie de l'histoire des lieux.

C'est quelque chose qui me tenait vraiment à coeur, pour moi autant que pour les gens du quartier. Je sais que ça représente quelque chose de spécial pour les gens du quartier. On ne voulait pas tout changer ça.

Donna Willet, propriétaire de l'épicerie J.A. Moisan

En entrant dans l'épicerie, l'enseigne d'origine occupe à elle seule un pan complet de mur situé juste au-dessus de la banquette où pourront s'asseoir les clients.

Une enseigne commerciale d'époque

L'enseigne d'origine de l'épicerie est mise en valeur à l'entrée du commerce.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Duval

Une partie de l'ancien plafond fait désormais office de tapisserie dans le cellier. L'ancien comptoir à café a été complètement revampé et brille désormais fièrement à l'avant de la boutique, comme un sou neuf.

Le nom de J.A. Moisan, ainsi que son visage, apparaissent à plusieurs endroits dans l'épicerie. Dans la cave à vin, on retrouve même une affiche de 1921, qui soulignait alors les 50 ans d'ouverture du commerce.

Une affiche de 1921 qui souligne les 50 ans d'un commerce de Québec

La propriétaire de l'épicerie J.A. Moisan a retrouvé une vieille affiche de 1921 qui soulignait les 50 ans du commerce.

Photo : Radio-Canada

C'est d'ailleurs l'une des nombreuses trouvailles que Donna Willet a faites dans le grenier du bâtiment.

Elle y a aussi trouvé d'innombrables petites bouteilles en verre clair. Plutôt que de les envoyer à la récupération, elle a choisi de les confier à un artisan pour qu'il les transforme en luminaires.

Des bouteilles en verre clair transformées en luminaires

Des bouteilles retrouvées dans le grenier ont été transformées en luminaires.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Duval

Au-delà des nombreux clins d'oeil matériels au passé du commerce, Mme Willet a aussi opté pour la continuité en ressources humaines.

Lors du passage de Radio-Canada, les 10 employés qui se trouvaient sur le plancher étaient tous issus de l'ancienne administration.

Pierre-Marie Ruiz, qui a travaillé trois ans pour les anciens propriétaires, admet être très attaché à ce commerce emblématique de la rue Saint-Jean et à sa clientèle.

Je pense que c'était le parti pris, parce que Moisan était quand même assez réputé pour son ambiance et son service. C'est vrai qu'on travaille tous comme une grande famille.

Pierre-Marie Ruiz, employé
Pierre-Marie Ruiz a travaillé trois ans pour les anciens propriétaires de l'épicerie J.A. Moisan

Pierre-Marie Ruiz a travaillé trois ans pour les anciens propriétaires de l'épicerie J.A. Moisan.

Photo : Radio-Canada

Si les propriétaires et les employés trépignent à l'idée de reprendre du service, c'est tout un quartier qui ressent une bouffée d'air frais, selon la directrice générale de la Société de développement commercial Saint-Jean-Baptiste.

Dans un contexte où justement, tout le monde retient un peu son souffle et se demande combien de temps encore il y aura le couvre-feu et tout ça, on carbure à l'espoir et aux bonnes nouvelles et ça, c'en est une, donc on a hâte à lundi! , dit Marie-Noëlle Bellegarde-Turgeon.

L'épicerie J.A. Moisan a pignon sur rue à Québec depuis 1871, dans un bâtiment construit en 1846

L'épicerie J.A. Moisan a pignon sur rue à Québec depuis 1871, dans un bâtiment construit en 1846.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Duval

Sans surprise, Donna Willet espère que le succès sera au rendez-vous. Pourtant, ses principales préoccupations concernent surtout celles et ceux qui graviteront autour de son épicerie.

Si mes employés peuvent être heureux et les gens du quartier sont satisfaits avec le produit final, ça va répondre à mes besoins! , lance-t-elle en guise de conclusion.

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