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Sondage : 10 % des familles ontariennes peinent à suivre les cours en ligne

Une fillette dessine alors que son père travaille sur l'ordinateur.

Le Centre franco-ontarien de ressources pédagogiques estime qu'environ 500 élèves francophones suivent les cours en ligne de façon asynchrone.

Photo : Reuters / Bernadett Szabo

10 % des foyers avec un ou plusieurs enfants, principalement du Nord de l'Ontario, soutiennent avoir de la difficulté à suivre les cours en ligne faute de matériel ou d’une connexion internet suffisante. Des parents désemparés ont également du mal à se retrouver parmi les ressources éducatives francophones en ligne.

C’est ce que révèle un sondage mené cette semaine par l’association Parents partenaires en éducation (PPE) auprès de 4 339 parents d’élèves francophones, majoritairement à l’élémentaire, partout à travers la province.

Face à ce manque de moyens, les parents choisissent souvent de suivre les cours, mais seulement partiellement [...] Plusieurs parents ont tout simplement abandonné l'idée de l'apprentissage en ligne, précise l'association.

Les parents sentent qu’il n’y a rien de très solide qui est fait pour les aider et s'inquiètent du niveau académique de leurs enfants. Certains enseignants ne sont pas du tout préparés à l’enseignement en ligne, déplore Badrieh Kojok, présidente de PPE.

Le Centre franco-ontarien de ressources pédagogiques (CFORP) estime qu'environ 500 élèves francophones suivent les cours en ligne de façon asynchrone.

Les conseils scolaires nous ont demandé de préparer des trousses d’activité sur toutes les matières de la maternelle à la huitième année pour ces élèves qui ne suivent pas les cours en direct, assure le directeur général du CFORP, Claude Deschamps.

On a embauché 12 enseignants et on se met là-dessus dès la semaine prochaine, ajoute-t-il.

Un homme dans une bibliothèque

Claude Deschamps, directeur général du Centre franco-ontarien des ressources pédagogiques

Photo : Radio-Canada / Godefroy Macaire Chabi

Ces trousses permettront aux familles de se retrouver parmi la multitude de ressources éducatives dispersées sur différentes plateformes, explique Claude Deschamps.

Les ressources ne sont pas structurées. Même pour les enseignements, c’est difficile de s’y retrouver.

Badrieh Kojok, présidente de Parents partenaires en éducation

On offre beaucoup de ressources en ligne sur nos plateformes, le défi c’est la communication et de se retrouver dedans, consent le directeur général du CFORP.

Dans le labyrinthe des ressources pédagogiques

Les parents ne sont pas les seuls à avoir du mal à accéder à des ressources éducatives adéquates.

Des professionnels de l’éducation affirment devoir traduire des contenus en anglais faute de retrouver leur équivalent sur internet en français.

Quand on se retrouve à faire de l’école en ligne et que l’on doit traduire de la matière, ça ajoute un poids supplémentaire sur les épaules des enseignants des écoles francophones, estime Jeremy Séguin, conseiller pédagogique au Conseil scolaire public du Grand Nord de l'Ontario (CSPGNO).

Il y a toujours eu un manque de ressources [franco-ontariennes], surtout dans le domaine technologique, déplore le conseiller pédagogique en Apprentissage par expérience qui remarque que l’école en ligne rend la tâche plus difficile.

Jeremy Séguin soutient que les conseils scolaires anglophones sont mieux outillés comparativement aux conseils scolaires francophones, à la traîne.

Les ressources en français, si elles sont disponibles, viennent toujours plus tard.

Jeremy Séguin, conseiller pédagogique au Conseil scolaire public du Grand Nord de l'Ontario

Julie Jones, enseignante de 2e année à l’Académie virtuelle du Conseil scolaire catholique (CSC) Nouvelon, trouve également que les ressources francophones sont difficiles à obtenir et sont parfois payantes alors qu’en anglais on en retrouve en abondance gratuitement.

Ce n’est pas que les ressources pédagogiques en français sont impossibles à trouver, mais tu dois vraiment creuser.

Julie Jones, enseignante de 2e année à l’Académie virtuelle du Conseil scolaire catholique Nouvelon

Il m’arrive de traduire du contenu parce que les ressources sont très bonnes… mais ce n’est pas disponible en français, explique l’enseignante.

Elle précise que le CSC Nouvelon est à l’écoute de ses employés pour fournir davantage de ressources.

Même si Jérémy Séguin du CSPGNO reconnaît que des associations comme le CFORP essayent de combler ce manque, il n'y en a toujours pas assez.

De son côté, le directeur général du CFORP estime que la situation exceptionnelle d’école à la maison due à la pandémie a entraîné l'augmentation de son offre.

Le CFORP n’est malheureusement pas la référence quand on discute entre enseignants des ressources, pourtant il y a de beaux trésors là-dedans, avoue Julie Jones qui estime que l’organisme devrait davantage communiquer avec les éducateurs.

Il y a plus de ressources qu’au début de ma carrière. Mais une fois qu’on en a fait le tour, il faut repartir à la recherche, surtout que ce genre d’outil est important pour l’école en ligne parce que les enfants ne peuvent pas écouter Mme Julie parler à la journée longue.

Julie Jones, enseignante de 2e année à l’Académie virtuelle du Conseil scolaire catholique Nouvelon

Offrir des formations sur le matériel franco-ontarien disponible en ligne est aussi une des demandes des parents, selon PPE.

Utiliser du matériel québécois?

Il existe du matériel en français d’ici, soutient avec vigueur Cindy Vachon, enseignante en 7e année au Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE) à Ottawa.

J'utilise aussi parfois des ressources pédagogiques du Québec. Et parfois, c’est tout bête, mais il suffit de mettre son moteur de recherche en français, ajoute Cindy Vachon, ancienne conseillère pédagogique en Construction identitaire au CECCE.

Jeremy Séguin a dans son passé d’enseignant préféré traduire des ressources ontariennes de l’anglais vers le français plutôt que de s’assurer que les documents québécois respectent tous les points du curriculum de l’Ontario.

Chacun a sa façon de faire et puis la situation dans laquelle se retrouvent les enseignants franco-ontariens les pousse à la débrouillardise et à bien connaître leur programme, dit-il.

La pandémie aura toutefois permis une collaboration plus étroite des professionnels de l’éducation, selon le directeur du CFORP et M. Séguin.

À la suite du sondage mené par PPE, l’organisme partagera ses recommandations avec les conseils scolaires et le ministère de l’Éducation.

Parmi celles-ci, les parents interrogés souhaitent réduire le temps d’écran des élèves en fournissant des cahiers d’exercices, obtenir davantage d’aide financière et obtenir du soutien technique ainsi que du soutien à l’apprentissage.

Des parents quittent leur travail ou sont à temps partiel pour pouvoir aider leurs enfants et donc on parle d’énorme perte de revenu, signale la présidente de PPE, Badrieh Kojok.

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