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Report de la deuxième dose des vaccins : Ottawa met en doute la stratégie de Québec

Christian Dubé présente un tableau en conférence de presse.

Le calendrier de vaccination dévoilé cette semaine par le ministre de la Santé Christian Dubé montre que personne au Québec ne devrait recevoir une seconde dose de vaccin avant la mi-mars.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Ottawa conteste la stratégie du gouvernement Legault de repousser de plusieurs semaines l’injection des deuxièmes doses prescrites des vaccins contre la COVID-19 de Pfizer-BioNTech et de Moderna.

Québec a confirmé cette semaine que l’injection de ces deuxièmes doses aux clientèles des deux premiers groupes prioritaires est dorénavant prévue pour la mi-mars. Pour les premières personnes vaccinées dans la province, à la mi-décembre, cela représente un écart de trois mois.

Cette décision a été prise le 31 décembre, après que Québec eut conclu que l’efficacité d’une première dose de ces vaccins atteignait plus de 90 % pour les deux vaccins.

En agissant de la sorte, Québec dit vouloir inoculer une première dose de vaccin au le plus grand nombre de personnes possible auprès des groupes prioritaires.

En conférence de presse vendredi à Ottawa, la conseillère médicale principale de Santé Canada, la Dre Supriya Sharma, a mis en doute ce calcul et soutenu que les instructions des fabricants devaient être respectées.

Ces études n’ont pas été conçues pour chercher ce genre d’informations. Ce sont un peu des calculs faits sur le coin d’une table [on a back of an envelop], a-t-elle laissé tomber en réponse à une question à ce sujet.

Au bout du compte, ce sont des vaccins à deux doses. Vous devriez obtenir une deuxième dose. La deuxième dose devrait être donnée en respectant le plus possible le calendrier approuvé.

Une citation de :Dre Supriya Sharma, conseillère médicale principale de Santé Canada

Cela signifie que quiconque a reçu le vaccin de Pfizer-BioNTech devrait recevoir une deuxième dose trois semaines plus tard, et quatre semaines plus tard dans le cas du vaccin de Moderna.

La ministre fédérale de l’Approvisionnement, Anita Anand, a pour sa part laissé entendre que la stratégie de Québec pourrait compromettre ses efforts visant à obtenir plus de doses de ces vaccins auprès des fabricants.

L’enjeu de la deuxième dose a été soulevé dans nos conversations avec Pfizer et Moderna, a-t-elle enchaîné après les commentaires de la Dre Sharma.

Il est très important de se rappeler que les recommandations des manufacturiers, basées sur des études cliniques et, je le suppose, sur les discussions qu’ils ont eues avec Santé Canada, est que la deuxième dose doit être administrée tel que prescrit et ne devrait pas être repoussée de façon inutile.

Du point de vue de l’approvisionnement, il est important de constater qu’à mesure que nous demandons des doses livrées de façon accélérée, nous devons être capables de démontrer aux compagnies que le Canada suit les instructions selon lesquelles une seconde dose doit être administrée dans les délais prescrits, a-t-elle ajouté.

Plus tôt cette semaine, des résidents du CHSLD Maimonides, à Montréal, qui ont été parmi les premiers à recevoir le vaccin de Pfizer au Québec, ont envoyé une mise en demeure au gouvernement en plaidant que le report de la deuxième dose constituait un « bris de contrat ».

Le calendrier des livraisons de vaccins se précise

Selon le major général Dany Fortin, grand responsable de la logistique entourant la distribution de vaccins à l'Agence de la santé publique du Canada, Ottawa s'attend toujours à recevoir 6 millions de doses des vaccins de Pfizer-BioNTech et de Moderna d’ici la fin de mars.

Il a par ailleurs offert un calendrier de livraison plus précis, ce qui permettra aux provinces de mieux planifier leur campagne de vaccination pour les prochaines semaines.

Ainsi, 124 800 doses du vaccin de Pfizer-BioNTech ont été livrées à 68 centres désignés par les provinces cette semaine, et ce rythme devrait passer à 208 650 doses hebdomadairement pour le reste du mois de janvier, puis à environ 365 000 doses par semaine en février.

Un total de 1,4 million de doses de ce vaccin doivent être reçues en février, ce qui représente une augmentation de 60 000 par rapport à ce qui avait été initialement prévu, a-t-il précisé.

Quant au vaccin de Moderna, distribué toutes les trois semaines, 171 600 doses seront livrées la semaine prochaine, puis 170 000 autres lors de la première semaine de février; 250 000 autres doses seront ensuite acheminées à la fin de février, puis 1,24 million en mars.

Selon le major général Fortin, Ottawa s'attend ensuite à une augmentation accrue des doses au début du deuxième trimestre, en avril, a-t-il précisé.

Le responsable de la logistique a aussi indiqué que Pfizer a modifié ses directives et procédures pour ce qui est du transport de vaccins décongelés, ce qui permettra dorénavant d’en livrer de plus petites quantités à plus d’endroits et de donner ainsi plus de flexibilité aux campagnes de vaccination provinciales.

La Dre Sharma a par ailleurs indiqué que Santé Canada n’a toujours pas reçu l’ensemble des informations nécessaires à une possible autorisation des vaccins développés par Johnson & Johnson et par le partenariat AstraZeneca-Université d’Oxford.

Dans le premier cas, des données importantes issues des essais cliniques et d’autres données sur la fabrication sont attendues à la fin du mois de janvier, a-t-elle précisé. Dans le second, des questions sur la sécurité, l’efficacité et la fabrication se posent toujours.

Selon la ministre Anand, l'objectif du gouvernement de vacciner tous les Canadiens qui le veulent d'ici la fin du mois de septembre repose notamment sur l'approbation de ces deux vaccins supplémentaires.

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