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Médecins et infirmières dénoncent le report de la seconde dose du vaccin en C.-B.

La stratégie de la province est dangereuse, contraire à l’éthique et ne se base sur aucune donnée scientifique, plaident-ils.

Une femme portant un masque se fait vacciner dans le bras par une infirmière.

En Colombie-Britannique, le délai entre les 2 injections pourrait atteindre 35 jours.

Photo : Getty Images / Karen Ducey

Radio-Canada

Des médecins et des infirmières de la Colombie-Britannique souhaitent que la province revienne sur sa décision de retarder l'inoculation de la seconde dose du vaccin contre la COVID-19.

L'association des médecins de la Colombie-Britannique, Doctors of BC, et un regroupement de plus de 100 infirmières de la province font part de leurs préoccupations dans deux lettres distinctes.

Nous comprenons la raison de cette décision, mais il y a plusieurs facteurs pour lesquels celle-ci est alarmante, contraire à l'éthique et constitue une violation des droits au consentement éclairé, indique la lettre des médecins.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Un délai qui dépasse les recommandations

Le 24 décembre, la médecin hygiéniste en chef, Bonnie Henry, a annoncé qu'en Colombie-Britannique le délai entre les deux doses du vaccin contre la COVID-19 pourrait atteindre 35 jours.

Or, les directives fédérales indiquent que les doses du vaccin Pfizer-BioNTech devraient être espacées de 21 à 28 jours et de 28 jours pour le vaccin Moderna. Ces recommandations proviennent directement des fabricants, sur la base de leurs essais cliniques.

Des chercheurs ont découvert que le vaccin Pfizer-BioNTech n'était efficace qu'à 52 % sans la seconde dose. Les autorités sanitaires du Royaume-Uni estiment cependant que son efficacité augmente à environ 89 % au 15e jour suivant la première dose.

Des chercheurs estiment également que le vaccin Moderna est efficace à 80,2 % après une seule dose.

Une pratique expérimentale

En ne suivant pas la directive préconisée, la Colombie-Britannique fait une campagne de vaccination qui n'est pas appuyée par les preuves existantes et qui pourrait être considérée comme expérimentale, lit-on dans la lettre des médecins.

Lors d’un point de presse jeudi, la Dre Henry a défendu la décision de la province de retarder les secondes doses.

La science confirme qu'il s'agit d'une approche raisonnable qui maximise notre capacité à protéger un grand nombre de personnes pendant une période contagieuse où nous avons un grand risque de transmission, dit-elle.

Des mains gantées plantent une seringue dans le bras d'un homme.

Selon les directives fédérales, les doses du vaccin Pfizer-BioNTech devraient être espacées de 21 à 28 jours et de 28 jours pour le vaccin Moderna.

Photo : Reuters / PASCAL ROSSIGNOL

Une pratique non consentie

Les deux lettres soulèvent des préoccupations éthiques au sujet du consentement éclairé, faisant valoir que ceux qui ont reçu une première dose avant le 24 décembre croyaient qu'ils recevraient la seconde dose selon le calendrier recommandé.

Les personnes ont été explicitement informées par les administrateurs du vaccin qu'une deuxième dose serait requise dans les 21 jours pour le vaccin Pfizer-BioNTech, mentionne la lettre des infirmières adressée à la Dre Henry ainsi qu’au ministre de la Santé, Adrien Dix.

La décision d'annoncer un calendrier de vaccination retardé après que les doses ont commencé à être administrées est en soi une expérimentation à laquelle nous avons participé, mais à laquelle nous n'avons pas consenti, poursuivent les infirmières.

La Dre Henry rejette cet argument. Ce à quoi les gens ont consenti, c’est une série de vaccination en deux doses, dit-elle.

La médecin hygiéniste en chef de la C.-B., Bonnie Henry.

La Dre Bonnie Henry défend la décision de la province.

Photo : La Presse canadienne / Chad Hipolito

Les États-Unis contre le report de la seconde dose

Santé Canada recommande que les doses soient administrées aussi près que possible du schéma posologique autorisé, selon un porte-parole.

Aux États-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) s'est prononcée contre le report des secondes doses, qualifiant l'idée de prématurée et non solidement ancrée dans les preuves disponibles.

L'organisme américain croit qu'il y a un risque important pour la santé publique si on modifie le calendrier de vaccination, selon un communiqué publié lundi.

Avec des informations de Bethany Lindsay et Ethan Sawyer

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