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Confinement resserré : un impact de 1 à 2 milliards sur les finances publiques

Le ministre des Finances du Québec, Eric Girard.

Le ministre des Finances du Québec, Eric Girard.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

C’était devenu une « obsession » pour le ministre des Finances depuis l’annonce du prolongement du confinement et d'un couvre-feu au Québec : quelle sera l’incidence des nouvelles mesures? Tout compte fait, « l’impact sera moindre qu’au confinement du printemps », a dit Eric Girard lors du septième Bilan de la fiscalité au Québec de l'École de gestion de l'Université de Sherbrooke, vendredi.

Son ministère prévoit que la croissance économique devrait en conséquence reculer de 1 % à 2 % sur l’année 2021. Les répercussions sur les finances publiques pourraient atteindre 2 milliards de dollars.

À Zone économie jeudi, l’économiste et stratège en chef de la Banque Nationale, Stéfane Marion, soulignait que ce recul est ponctuel et que, si 40 % des industries étaient fermées à 50 % au printemps, 40 % le seraient maintenant à 15 %.

En effet, les secteurs manufacturier et de la construction poursuivent leurs activités, de nombreux programmes d’aide sont en place et le télétravail fait désormais partie de la routine.

Le déficit prévu pour l’année financière 2020-2021 demeure d’ailleurs toujours évalué à 15 milliards de dollars, en incluant 2,7 milliards versés au Fonds des générations. Nous avions une provision de 4 milliards de dollars [pour faire face aux imprévus] et nous pourrons absorber les effets du nouveau confinement, a assuré Éric Girard.

Mais le gouvernement aurait certainement préféré ne pas être contraint d’y avoir recours. Un défi de taille se présente sur l’écran radar du ministre : réduire le déficit structurel, de l’ordre de 6 à 7 milliards de dollars, et le poids de la dette.

Comment retrouver l’équilibre budgétaire?

Dans le cadre des prochaines consultations prébudgétaires, M. Girard tentera de trouver une solution pour faire croître les revenus plus rapidement que les dépenses. Pour reprendre la diminution du poids de la dette, prévient-il, il faudra engendrer des surplus plus importants et ça va prendre des revenus plus importants.

Il est faux de dire que la croissance économique va faire disparaître la dette.

Eric Girard, ministre des Finances du Québec

La voie sera tracée au prochain budget, un budget qui s’annonce axé sur la prudence.

Le ministre Girard n’est pas friand de l’endettement. Il y est allé de cette mise en garde : Il est faux de dire que les taux d’intérêt sont à zéro et que ça ne coûte rien d’emprunter. Les taux d’intérêt sur la dette québécoise sont en moyenne de 3,35 %, parce que les emprunts sont à plus long terme.

Pas question à première vue de miser davantage sur le crédit ni, a-t-il fait savoir, de hausser le fardeau fiscal ou de mettre au rancart le Fonds des générations.

Le gouvernement table d’abord sur une augmentation significative des transferts en santé d’Ottawa, mais le premier ministre Justin Trudeau a jusqu’ici envoyé des signaux peu encourageants aux provinces.

Pour l’instant, chaque chose en son temps, suggère Eric Girard, le temps que le Québec parvienne à maîtriser l’épidémie de COVID-19 grâce à la vaccination et à relancer son économie, si tout va bien, au printemps.

Vendredi, Statistique Canada annonçait que le taux de chômage au Québec avait légèrement diminué à 6,7 % en décembre. L’année dernière, l’emploi a néanmoins chuté de 4,6 %, ou de plus de 200 000 emplois, comparativement à 2019.

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