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Les tests de la COVID menacent l'arrivée de travailleurs étrangers

Des entreprises québécoises réclament une exemption de la part du gouvernement Trudeau.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Un travailleur mexicain travaille sur une ferme québécoise.

Le reportage de Kassandra Lamarche-Nadeau

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Des dizaines d’entreprises manufacturières et agricoles du Québec dénoncent la mesure qui va obliger, à compter du 7 janvier, tous les voyageurs à présenter un test de dépistage de la COVID-19 négatif datant de moins de 72 heures, pour pouvoir entrer au pays.

Ils craignent que cette mesure annoncée par le gouvernement fédéral, le 31 décembre, ne les force encore une fois à retarder l’arrivée de travailleurs étrangers.

C'est un manque de respect envers la classe agricole et les employeurs. Si on avait des employés disponibles au Canada, on n'importerait pas de main-d'oeuvre. Les producteurs sont vraiment fâchés et indignés de cette mesure-là. Le problème, c'est qu'il n'y a eu aucune consultation, déplore le président de l’Union des producteurs agricoles du Québec (UPA), Marcel Groleau.

Le président de l'UPA, Marcel Groleau.

Le président de l'UPA, Marcel Groleau.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Vendredi, par courriel, une porte-parole d'Emploi et Développement social Canada écrit que le gouvernement reconnaît le rôle intégral des agriculteurs et des travailleurs sur les fermes pour s’assurer que les Canadiens ont accès à la nourriture.

Il n'y aura pas d'exemptions plus larges pour cette catégorie de travailleurs pour le moment, poursuit-elle, en soulignant que le gouvernement fédéral a fait des investissements majeurs pour protéger les travailleurs étrangers temporaires durant la pandémie.

Des centaines de travailleurs attendus

Les producteurs agricoles attendent l’arrivée de 400 travailleurs du Mexique et du Guatemala d'ici la fin janvier.

L’entreprise Phoenix gestion mobilité internationale travaille de son côté depuis plusieurs mois afin de faire venir ici 250 travailleurs étrangers.

Ils doivent venir prêter main-forte à des entreprises manufacturières de l’Est de Montréal, en Beauce, à Sherbrooke, et dans la région de Chaudière-Appalaches.

Ce sont des postes souvent extrêmement urgents et que les employeurs attendent déjà depuis plusieurs mois. Nous avons déjà subi des retards considérables dans les procédures, lance la directrice des opérations à l'immigration, Selin Deravedisyan-Adam.

Coûts importants

Cette nouvelle obligation va également engendrer des frais importants pour les employeurs. Dans des pays comme la Colombie ou le Mexique, passer un test pour a COVID-19 peut coûter jusqu’à l’équivalent de 200 dollars canadiens par personne.

Nous devons organiser en amont toute une nouvelle logistique, probablement faire déplacer les candidats qui habitent souvent dans une zone plus éloignée des grandes villes, vers les villes où les tests ont lieu. Il faut les héberger en hôtel, leur faire passer les tests dans les 72 heures, illustre Selin Deravedisyan-Adam.

Mesure injuste

Marcel Groleau, lui, dit trouver profondément injuste que des entreprises aient à payer pour une mesure qui, au fond, tend à corriger le fait d’avoir laissé des voyageurs quitter le pays durant les vacances des Fêtes.

On avait déjà un système qui faisait ses preuves. Les travailleurs, on prenait leur température avant leur embarquement, un examen de santé était fait. S'ils montraient des signes de COVID, l'embarquement était refusé. Ici, ils sont en quarantaine sous surveillance, souligne-t-il.

Exemption réclamée

Les entreprises qui ont besoin de main-d'œuvre étrangère pour répondre à la demande et poursuivre leurs activités réclament au gouvernement fédéral de pouvoir être exemptées de la nouvelle mesure.

À tout le moins, elles souhaitent avoir plus de temps pour pouvoir s’y conformer.

Si on avait dit que cette mesure-là s'appliquerait pour les travailleurs étrangers à partir du 1er février, ça nous aurait donné le temps de s'ajuster et de trouver des solutions. Là, on n'a pas de délai et on doit remettre à plus tard l'arrivée de travailleurs, affirme Marcel Groleau.

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