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Nucléaire iranien : pour Khamenei, le retour des États-Unis dans l'accord ne presse pas

Ali Khamenei.

Le Guide suprême de l'Iran, l'Ayatollah Ali Khamenei, prononce un discours télévisé à Téhéran, en Iran, le 8 janvier 2021.

Photo : Reuters

Agence France-Presse

L'Iran n'est pas pressé de voir les États-Unis revenir dans l'accord international sur le nucléaire iranien et exige avant tout la levée des sanctions américaines qui asphyxient son économie, a déclaré vendredi le guide suprême iranien.

La question n'est pas que l'Amérique revienne ou non ; nous ne sommes pas pressés et nous n'insistons pas pour qu'elle revienne, a déclaré l'ayatollah Ali Khamenei.

Notre demande rationnelle et logique est la levée des sanctions, et les sanctions doivent être levées, car il s'agit du droit usurpé de la nation iranienne, a ajouté le numéro un iranien, qui s'exprimait lors d'un discours télédiffusé.

Les États-Unis et l'Europe, qui suit les États-Unis, ont le devoir de respecter ce droit du peuple iranien.

Une citation de :Ali Khamenei

En 2015, la République islamique et le groupe des Six (Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne) ont conclu à Vienne un Plan d'action global commun (PAGC) censé régler la question nucléaire iranienne après douze années de tensions.

L'accord offre à l'Iran un allègement des sanctions internationales en échange d'une limitation stricte de son programme nucléaire et de garanties prouvant qu'il ne se dote pas de la bombe atomique.

Le président américain Donald Trump.

Le président américain, Donald Trump, a signé un ordre présidentiel pour commencer à rétablir les sanctions américaines liées au programme nucléaire du régime iranien.

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

Mais ce pacte menace de voler en éclats depuis que le président américain Donald Trump en a retiré son pays en 2018 avant de rétablir et d'intensifier des sanctions économiques punitives au nom d'une politique de pression maximale contre l'Iran.

Le retour des sanctions a privé la République islamique des bénéfices économiques qu'elle attendait de l'accord de Vienne en faisant fuir les investisseurs étrangers et en réduisant comme une peau de chagrin le commerce extérieur du pays (en premier lieu ses exportations pétrolières), ce qui a plongé l'Iran dans une violente récession dont il peine encore à sortir.

En riposte, Téhéran s'est affranchi progressivement depuis 2019 de la plupart de ses engagements pris à Vienne pour forcer (jusqu'ici sans succès) les autres partenaires de l'accord à l'aider à contourner les sanctions américaines.

Centrale nucléaire en Iran

Centrale nucléaire en Iran

Photo : Radio-Canada / CBC RADIO-CANADA

La victoire de Joe Biden face à M. Trump, à la présidentielle américaine, laisse présager un changement d'attitude de Washington vis-à-vis de Téhéran.

Le président élu a signalé son intention de ramener les États-Unis dans le giron du PAGC, mais pose des conditions inacceptables pour l'Iran.

Si le président iranien, Hassan Rohani, a multiplié les signes d'ouverture ces dernières semaines à l'attention du futur gouvernement américain, il a aussi conditionné le retour des États-Unis à l'accord de Vienne à la levée des sanctions américaines réimposées ou instituées depuis 2018.

Si les sanctions sont levées, le retour des Américains (dans l'accord) aura un sens, a insisté M. Khamenei, tandis que si les sanctions ne sont pas levées, non seulement le retour des États-Unis ne sera pas dans notre intérêt, mais il risquera aussi de se faire à notre détriment.

Lorsque l'autre partie ne remplit pratiquement aucune de ses obligations, il n'est pas logique que la République islamique remplisse toutes ses obligations

Une citation de :Ali Khamenei

S'ils retournent à leurs obligations, nous reviendrons à nos obligations, a-t-il ajouté.

L'Iran répète qu'il reviendra à l'application pleine et entière de l'accord de Vienne immédiatement si les sanctions américaines sont levées et que la République islamique peut engranger les bénéfices qu'elle attend du PAGC.

Sous la pression des conservateurs, majoritaires au Parlement depuis février, le gouvernement modéré-réformateur de M. Rohani, a relancé cette semaine les activités d'enrichissement de l'uranium iranien à hauteur de 20 %, niveau que pratiquait le pays avant l'accord de Vienne, ce qui fait encore monter les enjeux d'une éventuelle future négociation avec Washington.

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