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« On attend toujours » : l’argent pour lutter contre la violence conjugale tarde à arriver

Une femme est assise sur un lit et regarde la fenêtre.

Québec a proposé jeudi un plan de lutte contre la violence conjugale pour les cinq prochaines années.

Photo : Shutterstock

Radio-Canada

En mars 2020, le gouvernement du Québec annonçait un investissement majeur pour lutter contre la violence conjugale. Près d’un an plus tard, des maisons d’hébergement attendent toujours l’argent promis. Ce financement serait d’autant plus le bienvenu que les besoins ne cessent de croître depuis le début de la pandémie.

 On attend toujours, on attend toujours , a répété d’un rire teinté d’amertume la directrice de la maison l’Escale de l’Estrie, Céline Daunais-Kenyon, en entrevue à Par ici l’info.

L’organisme offre de l’aide et de l’hébergement aux femmes et aux enfants victimes de violence conjugale.

« Je ne comprends pas. Je n’ai aucune idée à quel moment nous aurons accès à ces sommes », ajoute-t-elle, au lendemain de la déclaration de la ministre de la Sécurité publique du Québec Geneviève Guilbault sur l’importance de faire appel aux ressources d’hébergement, malgré le prolongement du confinement.

Dans son budget 2020-2021, le gouvernement Legault avait pourtant annoncé qu’une somme de 181 millions de dollars sur cinq ans serait consacrée à la prolongation du Plan d’action du gouvernement en matière de violence conjugale, qui devait à l'origine prendre fin en 2023.

Une partie de cet argent était dédiée aux ressources comme l'Escale de l'Estrie.

« C’est surement quelque part dans la machine, il y a probablement eu des ententes. J’imagine qu’il y a des retards, car il y a d’autres priorités. C’est certain que la pandémie a une influence sur un ensemble de services », explique Céline Daunais-Kenyon.

« Entre-temps, nous ne sommes pas en mesure d’offrir des conditions de travail qui font en sorte que les employés restent chez nous, déplore-t-elle. La plupart des maisons d’hébergement sont en recrutement constant pour du personnel d’intervention auprès des femmes. »

À l’Escale de l’Estrie, des postes attendent depuis près d’un an d'être comblés, car les salaires ne sont pas suffisamment compétitifs.

Inquiétude à la veille du couvre-feu

À l’approche de l’entrée en vigueur du couvre-feu au Québec et du resserrement des mesures sanitaires, la situation est critique dans le réseau.

 « Le confinement a créé une situation où nous avons constaté une augmentation de la gravité des violences. Avec le confinement, il se peut très bien qu’il y ait un impact. Ces femmes doivent quitter leur milieu, il n’y a pas de question à se poser », rappelle Céline Daunais-Kenyon.

Depuis des mois, l’Escale de l’Estrie affiche complet, comme bien d’autres ressources au Québec. Une femme en détresse peut toutefois être réorientée vers un autre organisme.

« Il n’y a pas de moment où la maison n’est pas pleine. Lorsqu’une personne quitte l'Escale, une autre la remplace. Ça reste important de communiquer avec SOS violence conjugale, car s’il n’y a pas de places dans la région, il y en aura certainement ailleurs. On va s’assurer que cette personne-là soit mise en sécurité », précise la directrice de l’Escale de l’Estrie.

En décembre dernier, le gouvernement Legault avait aussi réitéré sa promesse d’investissement tout en annonçant 14 nouvelles mesures pour lutter contre la violence conjugale.

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