•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des rumeurs d’élections imminentes s’amplifient à Terre-Neuve-et-Labrador

Montage photo d'Andrew Furey et Ches Crosbie.

Andrew Furey (à gauche), du Parti libéral, est le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador. Ches Crosbie (à droite) est chef du Parti progressiste-conservateur et chef de l'opposition officielle.

Photo : La Presse canadienne / Paul Daly

Des signes avant-coureurs d’élections se succèdent à Terre-Neuve-et-Labrador, où le premier ministre Andrew Furey a été assermenté à la suite de la démission de l’ancien chef libéral Dwight Ball. Les partis d’opposition se sont même avancés sur une date : le 13 février.

Des élections en 2021 à Terre-Neuve-et-Labrador étaient déjà écrites dans le ciel. En vertu de la loi, un premier ministre qui n'a pas été élu lors d'élections générales doit déclencher un scrutin moins d'un an après son entrée en poste.

Bien qu’Andrew Furey ait remporté l’élection partielle dans la circonscription de l’ancien premier ministre Dwight Ball, et même si des élections ne sont pas obligatoires avant le 19 août 2021 – date de l'accession au pouvoir de M. Furey – la course à la nomination de candidats et les collectes de fonds des partis s’accélèrent.

Pourtant, le moment peut, à première vue, sembler plutôt mal choisi, explique un professeur de science politique à l’Université Saint-Francis-Xavier, Yvon Grenier.

Ça ne va pas très bien au niveau de la COVID au Canada. Des élections en hiver, ça s’est déjà fait, mais c'est un peu de mauvais goût. Et à Terre-Neuve, ils ont quand même une tradition d’avoir des gouvernements pendant trois ou quatre mandats, énumère M. Grenier vendredi, en entrevue à l'émission Le réveil / Nouvelle-Écosse et T.-N.-L.

Deux signes avant-coureurs

Malgré tout, deux raisons principales pourraient expliquer le désir du gouvernement libéral de plonger la province en élections à ce moment-ci de l’année, d'après le politologue.

Tout d’abord, les libéraux sont minoritaires depuis la courte réélection de Dwight Ball en mai 2019.

Ches Crosbie en entrevue.

Si des élections sont déclenchées, le Parti progressiste-conservateur prévoit opposer à Andrew Furey l’actuel chef de l’opposition officielle, Ches Crosbie.

Photo : CBC

Certains sondages indiquent qu’ils sont maintenant en avance de 30 % sur les progressistes-conservateurs.

C’est incroyable, parce qu’aux dernières élections, les libéraux ont eu cinq sièges de plus que les conservateurs, mais au niveau du pourcentage, c’est 1 % de différence, souligne M. Grenier.

Peu de politiciens peuvent résister à un vent favorable comme ça.

Une citation de :Yvon Grenier, professeur de science politique à l’Université St. Francis Xavier

La deuxième raison qui pourrait inciter les libéraux à tenter de s'arroger une majorité concerne la désignation de Moya Greene à la tête de la relance économique de la province.

Cette ancienne cheffe de Postes Canada, connue pour être favorable aux privatisations, a mis sur pied un groupe de travail chargé de s'attaquer au problème de la dette provinciale. Celle-ci atteint des sommets et s’élève à 32 000 $ par habitant.

Un portrait de Moya Greene.

Moya Greene a dirigé Postes Canada de 2005 à 2010 avant de prendre la tête du service postal du Royaume-Uni, qui a été privatisé sous sa gouverne. Elle a d'ailleurs été la première femme, et la première personne de l'extérieur du Royaume-Uni, à obtenir ce poste.

Photo : CBC

Moya Greene n’est pas rémunérée pour son travail, qu'elle effectue à huis clos depuis Londres, où elle habite. Un rapport préliminaire est attendu d’ici la fin du mois de février et un rapport complet doit être déposé en avril.

Personne à Terre-Neuve ne pense que ce rapport va être rempli de fleurs. Tout le monde sait que ça va être vraiment des mauvaises nouvelles. Alors il y en a qui disent que c’est pour ça qu’il va y avoir des élections plus tôt. En gros, selon eux, il [Andrew Furey] voudrait présenter les mauvaises nouvelles après les élections et pas avant les élections.

Une hypothèse plus probable que l'autre

Selon le professeur de science politique, cette stratégie présente aussi des risques pour le gouvernement libéral. Le déclenchement d'élections juste avant le dépôt d'un rapport de cette envergure pourrait donner l’impression que quelque chose de très grave se trame.

Je me demande ce qui est pire. Attendre le rapport dont tout le monde [anticipe les] recommandations? [...] Ou organiser des élections à la va-vite avant que le rapport paraisse, laissant planer une espèce de nuage soudainement?

Yvon Grenier en entrevue.

Le politologue Yvon Grenier, de l’Université Saint-Francis-Xavier, en Nouvelle-Écosse (archives)

Photo : Radio-Canada

Cette dernière hypothèse, aux yeux du professeur de science politique, semble donc beaucoup plus improbable que la première.

Moi, ça m’apparaît beaucoup moins évident que les 30 % d’avance dans les sondages. Je pense que les politiciens ne peuvent simplement pas y résister. C’est une espèce de bonus COVID pour avoir géré la crise. Et on le sait d’ores et déjà que d’administrer le vaccin, ça va être pas mal plus difficile que de gérer des confinements.

La pandémie semble effectivement avoir joué en faveur des gouvernements en place. Jusqu’ici, tous les gouvernements provinciaux qui ont déclenché des élections depuis mars 2020 ont réussi à obtenir la majorité convoitée, tant au Nouveau-Brunswick, en Colombie-Britannique qu'en Saskatchewan.

Avec les informations de Marc Babin

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !