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Minimum 25 ans de prison pour Ugo Fredette : « Mon père est mort pour rien »

Les proches des victimes encaissent difficilement la décision rendue par la Cour supérieure vendredi.

Ugo Fredette, cheveux courts et lunettes, est assis dans le box des accusés.

Croquis d'Ugo Fredette lors de son procès, en septembre 2019

Photo : Radio-Canada

Le meurtrier Ugo Fredette devra passer au moins 25 ans derrière les barreaux avant d'être admissible à une libération conditionnelle. Une peine largement insuffisante d'après les familles de Véronique Barbe et d'Yvon Lacasse, tués par Fredette en 2017.

Vingt-cinq ans pour deux meurtres, pour moi, ça veut dire douze ans et demi par meurtre... C'est vraiment ridicule, s'est exclamée la mère de Véronique Barbe, Claudette Biard, à sa sortie de la salle d'audience, vendredi, au palais de justice de Saint-Jérôme.

Je n'ai reçu aucune excuse, il est toujours d'un ton et d'une allure tellement froide, tellement distant, a-t-elle ajouté. Je ne pense pas qu'il ait de remords.

Le 14 septembre 2017 à leur résidence de Saint-Eustache, Ugo Fredette, 41 ans, a poignardé à 17 reprises son ex-conjointe Véronique Barbe, parce qu’il n’acceptait pas leur rupture.

Il s'est ensuite sauvé avec un enfant de 6 ans et a battu à mort un automobiliste de 71 ans, Yvon Lacasse, dans une halte routière de Lachute. Il a volé son véhicule, déposé le corps du septuagénaire dans un boisé, et poursuivi sa cavale jusqu'en Ontario où il a été arrêté le lendemain, l'enfant sain et sauf à ses côtés.

Le 19 octobre 2019, un jury a reconnu Ugo Fredette coupable de deux meurtres au premier degré. Il a automatiquement écopé de l'emprisonnement à vie.

Le ministère public demandait 50 ans

La poursuite demandait au tribunal d'additionner les périodes d'inadmissibilité à la libération conditionnelle pour les deux meurtres, comme le prévoit l'article 745.51 du Code criminel, afin que le tueur purge un minimum de 50 ans de détention.

Mais le 26 novembre dernier, dans le dossier du tueur de la grande mosquée de Québec, Alexandre Bissonnette, la Cour d’appel du Québec a invalidé l'article 745.51 et tranché qu'il est inconstitutionnel. Les trois juges de la Cour d'appel ont considéré cette disposition comme odieuse et dégradante.

La décision rendue dans l'affaire Bissonnette ne donne plus cette discrétion et [clôt] actuellement le débat sur la possibilité d'imposer, en plus de l'emprisonnement à perpétuité, des périodes d'inadmissibilité à la libération conditionnelle de 25 ans purgées consécutivement pour chaque meurtre, de façon à totaliser 50 ans, écrit la juge Myriam Lachance de la Cour supérieure dans sa décision rendue vendredi matin.

Elle a donc condamné Ugo Fredette à passer un minimum de 25 ans derrière les barreaux avant d'être admissible à une libération conditionnelle.

La fille d'Yvon Lacasse estime que son père n'a pas obtenu justice. Au final, mon père n'a rien eu. Il a eu zéro. Il est mort pour rien. Et ce qu'on envoie comme message, moi ce que j'entends, c'est : "Tuez-en un, tuez-en deux, tuez-en trois, ils vont avoir 25 ans, affirme Jennifer Lacasse.

Vers la Cour suprême?

Le ministère public doit annoncer avant la fin du mois s'il demande la permission d'être entendu par la Cour suprême du Canada relativement au dossier d'Alexandre Bissonnette. Si le plus haut tribunal du pays se prononce sur la constitutionnalité des peines consécutives dans les cas de meurtres multiples, la décision pourrait avoir une influence sur la peine d'Ugo Fredette.

Les deux dossiers sont tout à fait reliés, le fond de l'affaire est le même, affirme le procureur aux poursuites criminelles et pénales Steve Baribeau, qui pilote le dossier d'Ugo Fredette. On va attendre de voir ce qui se passe avec le dossier de M. Bissonnette.

Ugo Fredette a porté en appel sa condamnation.

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