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Loto Atlantique : des mises 40 fois plus élevées sur les jeux virtuels

Une homme regarde un terminal de loterie vidéo.

La Société des loteries de l’Atlantique est tenue de limiter les paris sur les terminaux de loterie vidéo physiques à 2,50 $ par tour dans la province. Elle soutient que ces règles ne s'appliquent pas à son casino virtuel.

Photo : Associated Press / Mike Groll

Radio-Canada

Un casino virtuel exploité par Loto Atlantique au Nouveau-Brunswick autorise les joueurs à miser jusqu’à 100 $ sur le résultat unique d’un jeu de hasard de type machine à sous, alors que la mise maximale légale pour un terminal de loterie vidéo (TLV) est établie à 2,50 $.

La société se défend toutefois de contrevenir aux règles.

La réglementation des jeux de casinos virtuels de Loto Atlantique est différente de celle des terminaux de loterie vidéo, a justifié une porte-parole de la Société des loteries de l’Atlantique, Molly Cormier.

La gamme de produits et les règles qui s’y appliquent s’apparentent à ce qu’on pourrait voir dans les casinos physiques du Nouveau-Brunswick. Les produits et les normes sont cohérents avec les autres plateformes en ligne ailleurs au Canada.

Un porte-parole du ministère des Finances a déclaré jeudi que la province se penchait sur la question et qu’une réponse était attendue vendredi.

Des règles plus strictes pour les terminaux de loterie vidéo

En 2016, la Société des loteries de l’Atlantique avait demandé aux quatre gouvernements l’autorisation d’exploiter des casinos virtuels, mais avait essuyé des refus, jusqu’à ce que le gouvernement de Brian Gallant donne le feu vert en août 2018.

L’élaboration du plan a mis deux ans. Le casino virtuel a été lancé en août 2020.

Bien que le Nouveau-Brunswick ait des règles très strictes encadrant les TLV, la Société affirme que les casinos en ligne sont affranchis de cette réglementation.

La plupart des machines à sous en ligne permettent des mises maximales de 40 $ ou plus. L’une d’entre elles, appelée Spartacus, permet des mises allant jusqu'à 100 $.

Un écran du jeu Spartacus.

Spartacus permet des mises de 0,10 $ à 100 $.

Photo : Loto Atlantique

En plus des machines à sous, le casino virtuel de la Société propose aussi des jeux de table avec des limites de mise encore plus élevées, notamment le baccarat virtuel, où les joueurs peuvent parier jusqu'à 250 $ à la fois, et le blackjack virtuel, où 500 $ par main sont autorisés.

Un jeu de blackjack virtuel de Loto Atlantique.

Au jeu de blackjack virtuel, une main de 500 $ est autorisée.

Photo : Loto Atlantique

Les pertes, la porte d’entrée des problèmes de jeu

Le directeur du centre de recherche sur les jeux de hasard de l’Université de la Colombie-Britannique, Luke Clark, affirme que les études portant sur l’influence des limites de paris sur les problèmes de jeu ne sont pas concluantes.

La recherche à ce sujet est un peu contradictoire, explique Luke Clark.

Intuitivement, si un joueur peut parier 70 $ par tour dans un terminal où la vitesse de jeu est rapide, il se trouve susceptible de ne plus avoir d’argent très rapidement [et donc de devoir arrêter de jouer]. En revanche, les pertes financières sont la porte d'entrée des problèmes de jeu.

Luke Clark devant des machines à sous.

Luke Clark, directeur du centre de recherche sur les jeux de hasard de l’Université de la Colombie-Britannique (archives).

Photo : Université de la Colombie-Britannique

Selon le chercheur, l’absence de plafonnement sur les mises n’est pas nécessairement une cause de problèmes de jeu, mais les pertes financières en sont une.

Il y a des données prouvant que seule une très petite fraction des paris sur ces machines atteint la mise maximale, indique-t-il.

La Société des loteries de l'Atlantique fait même de la prévention en lien avec les limites sur son site web. Ce conseil de jeu responsable n’apparaît toutefois pas sur la section de son site web consacrée aux casinos virtuels.

Un joueur de loterie vidéo sur cinq présente un risque modéré ou a carrément un problème de dépendance, selon la dernière enquête sur la prévalence du jeu au Nouveau-Brunswick, réalisée en 2014.

Le casino en ligne, une grande ambition de Loto Atlantique

Des documents obtenus par CBC à Terre-Neuve-et-Labrador montrent que la Société des loteries de l'Atlantique tente depuis 2016 de convaincre ses quatre propriétaires des avantages financiers d’un casino virtuel, alors que les habitants de la région injectent déjà, selon elle, de l’argent dans des sites web à l’étranger.

La Société a estimé qu'un casino en ligne du Canada atlantique, qu'elle appelait à l'époque iCasino, générerait 122 millions de dollars de revenus nets sur 7 ans.

Ce casino pourrait être lancé avec l’adhésion d’une seule province atlantique.

Étant donné les revenus projetés, la Société des loteries de l'Atlantique n'aurait pas besoin des quatre provinces pour aller de l'avant, peut-on lire dans les documents.

Seule l’Île-du-Prince-Édouard est trop petite pour procéder seule à la mise en place d'iCasino et réaliser des bénéfices.

Les casinos virtuels de la Société des loteries de l’Atlantique sont exploités au Nouveau-Brunswick seulement. Pour pouvoir jouer au casino, les joueurs doivent résider au Nouveau-Brunswick et doivent ouvrir un compte en ligne.

Avec les informations de Robert Jones de CBC

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