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Chronique

Le Canadien à l'abri des accidents de parcours

Trois joueurs se préparent à un exercice

Tyler Toffoli, Brendan Gallagher et Jonathan Drouin

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

L'accident de parcours qui a frappé Équipe Canada junior ne menace pas le Canadien.

Si vous avez regardé le Championnat du monde de hockey junior, et pas seulement la finale, vous conviendrez peut-être avec moi que la défaite canadienne n’aura été qu’un triste accident de parcours.

Je reste persuadé que les hockeyeurs juniors canadiens auraient remporté une série 4 de 7 contre les Américains sans même que la série atteigne la limite.

Ce n’est pas le premier accident du genre. Il n’y aurait pas eu de Miracle on Ice à Lake Placid si les Américains avaient dû affronter les Soviétiques dans une série.

Autre exemple : le patineur canadien Jeremy Wotherspoon a remporté huit titres aux Championnats du monde. Il a battu trois fois la marque mondiale du 500 m. Mais aux Jeux olympiques de Salt Lake City, en 2002, il s’est étalé de tout son long dès le départ de l’épreuve. Accident de parcours.

En finale de l’Euro de 2004, le Portugal a tiré 17 fois en direction du filet grec. Les Grecs n’ont cadré qu’un tir dans toute la rencontre, mais ils l’ont emporté 1-0. Autre coup du sort.

Amertume

On ne parle pas d’accident mortel, évidemment.

Mais le revers laisse un goût amer aux Canadiens parce que l’occasion était rare, presque unique. Plusieurs des joueurs qu’on a vus à Edmonton ne participeront plus jamais à un mondial junior.

L’entraîneur-chef André Tourigny n’est pas certain non plus de diriger la formation nationale à nouveau. Il ne sait d’ailleurs pas, lui-même, s’il accepterait. À son retour à Ottawa (il dirige l’équipe junior des 67’s d’Ottawa), il a accordé un entretien au collègue Jonathan Jobin.

C’est trop tôt pour décider, selon Tourigny. Il refuse de le faire sous le coup de l’émotion. Et il y en a, de l’émotion. L’entraîneur repense sans cesse à ce match, à ce qu’il aurait pu faire de différent. Il le fait de façon constructive, pour demain, pour une prochaine fois. On ne refait pas le passé.

Il refuse de s’apitoyer. Il rejette d’ailleurs les doléances qui ont entouré le séjour de son équipe en Alberta. Des cas de COVID-19 ont forcé sa formation à s’isoler à l’hôtel pendant 19 jours. Pas idéal pour la préparation.

On était dans un hôtel 5 étoiles, nourris comme des rois, à jouer au ping-pong ou à la PlayStation. Ça n’avait rien d’un martyre, prend-il soin de préciser.

Et le Canadien?

J'y arrive.

André Tourigny ne cherche pas d’excuse. Les circonstances ont tourné à son désavantage. Le contexte était cruel. Un match. Un seul.

Le Canadien de Montréal, lui, s’est pratiquement mis à l’abri des circonstances. À l’aube d’une saison de 56 matchs, c’est ce qui m’impressionne le plus au camp d’entraînement.

Marc Bergevin a fait tout ce qu’il faut pour qu’on puisse vivre et composer avec les accidents de parcours. La profondeur de l’équipe est absolument remarquable.

Si un attaquant de pointe se blesse, Corey Perry sera là immédiatement pour chausser ses patins. Une deuxième blessure? Michael Frolik sera prêt à monter d’un ou deux trios. Paul Byron aussi.

En défense, le top 4 passe 50 minutes par match sur la patinoire. Une blessure à Shea Weber, à Ben Chiarot, à Jeff Petry ou à Joel Edmundson et le Canadien pourra miser sur Alexander Romanov ou Brett Kulak.

Même Carey Price pourrait rater quelques matchs. La présence de Jake Allen est rassurante.

Si c’est chose possible, le Tricolore s’est placé à l’abri des accidents de parcours. C’est un avantage dont on imagine à peine les bénéfices.

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