•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des agriculteurs veulent délaisser les énergies fossiles pour l’électricité

Plusieurs agriculteurs n'ont toutefois pas accès à un réseau électrique qui fournit la puissance nécessaire.

Des allées de courgettes sous une serre.

Des allées de courgettes sous une serre (archives)

Photo : Flavie Villeneuve

Thomas Deshaies

De nombreux agriculteurs du Québec n’ont pas accès à une puissance électrique suffisante pour se passer des énergies fossiles. Un défi de taille pour les producteurs en serre qui ont été appelés à contribuer à l’effort national pour l’atteinte d’une plus grande autonomie alimentaire. La situation pourrait toutefois changer grâce à un nouveau programme du gouvernement.

Selon l’Union des producteurs agricoles de l’Estrie, une centaine d’entreprises de la région n’ont toujours pas accès au courant électrique triphasé, qui permet de fournir la puissance nécessaire aux activités.

QU’EST-CE QU’UN RÉSEAU ÉLECTRIQUE TRIPHASÉ?

Un réseau de distribution électrique comprenant 3 phases et circulant sur 3 fils électriques différents, ce qui permet de fournir la puissance nécessaire au bon fonctionnement d’appareils énergivores.

SOURCE: MERN 

Les agriculteurs doivent donc se rabattre sur les énergies fossiles, qui sont beaucoup plus polluantes. Dans mon cas, par année, j’utilise 15 000 litres de diesel, explique le vice-président de l’UPA en Estrie, Michel Brien.

Il fait partie des agriculteurs qui souhaitent délaisser les énergies fossiles pour l’électricité, mais qui n’ont toujours pas accès au courant électrique triphasé. Si on calcule sur plusieurs fermes [l’utilisation de l’électricité], cela a un impact sur l’environnement, soutient-il.

Un programme du gouvernement bien accueilli par les agriculteurs

Le gouvernement du Québec a justement annoncé récemment un programme pour subventionner l’extension du réseau triphasé.

Avec cet investissement de plus de 15 millions de dollars, c’est notre volonté de stimuler l’économie régionale et le secteur agroalimentaire grâce à l’octroi d’une aide financière aux producteurs agricoles.

Une citation de :Jonatan Julien, ministre de l'Énergie

Il permettra de couvrir jusqu’à 75 % des dépenses. En plus d’être un levier économique important, l’accessibilité au réseau triphasé permettra le remplacement d’énergies fossiles par une source d’énergie propre, favorisant ainsi l’atteinte des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, a mentionné par courriel le ministre de l’Énergie, Jonatan Julien.

Il s'agit d'un geste politique attendu depuis longtemps par le président des Producteurs en serre du Québec, André Mousseau. C’est quelque chose qu’on demandait depuis longtemps, que l’électricité devienne la source principale d’énergie dans les serres, souligne-t-il.

Actuellement, au moins 500 producteurs sont utilisateurs de propane et d’huile.

Une citation de :André Mousseau, président des Producteurs en serre du Québec.

Le courant triphasé n’est pas disponible dans plusieurs secteurs des régions du Québec et l’électricité était plus chère que plusieurs autres sources d’énergie. On peut dire qu’il n’y a pas plus de 15 % [des membres] qui utilisent l’électricité triphasée, souligne M. Mousseau.

Les tarifs préférentiels offerts depuis peu aux producteurs convaincront toutefois plusieurs agriculteurs d’amorcer un virage énergétique, croit M. Mousseau.

Hydro-Québec prête à répondre à la demande

Le porte-parole d’Hydro-Québec, Cendrix Bouchard, assure que la société d’État pourra répondre à la demande qui, selon toute vraisemblance, va croître fortement. On a les ressources, autant au niveau du personnel que du matériel [et] de l’électricité pour répondre à la demande, tranche-t-il.

Le président des Producteurs en serre s’attend toutefois à ce que le prolongement du réseau électrique nécessite du temps.

En attendant, la biomasse forestière?

La chargée de projet énergie pour Nature Québec, Emmanuelle Rancourt, soutient dans un texte publié par le Conseil régional de l’environnement de l’Estrie qu’une bonne option pour les agriculteurs consiste à se tourner vers la biomasse forestière résiduelle.

Pour écouter le segment à l'émission Vivement le retour, cliquez ici.

Il s’agit essentiellement de chauffer les serres avec du bois provenant par exemple de palettes de bois inutilisé. On produit le combustible à partir de résidus d’arbres coupés pour d’autres usages et on ne réalise donc pas de coupes additionnelles destinées au chauffage, explique-t-elle dans son texte.

C'est donc une option moins polluante que l’utilisation des énergies fossiles, et peu onéreuse.

Force est d’admettre que l’enjeu de la souveraineté énergétique est inévitable pour permettre au gouvernement d’atteindre ses objectifs, soit doubler le volume de culture en serre d’ici 5 ans.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !