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Francisation des demandeurs d'asile : Québec simplifie le processus d'admission

Tableau dans une classe de français.

Des centaines de demandeurs d'asile n'ont pas pu s'inscrire à leurs cours de français l'automne dernier.

Photo : iStock

Sévèrement critiqué l'automne dernier, le gouvernement Legault revient à des critères plus simples pour les demandeurs d'asile qui veulent apprendre le français. Des centaines d'entre eux pourront ainsi retourner sur les bancs d'école comme ils le souhaitaient.

L'annonce a été faite discrètement, juste avant Noël, sur le site web du ministère de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration (MIFI).

Dorénavant, les demandeurs d'asile n'auront plus à se procurer un certificat d'acceptation du Québec et un permis d'études fédéral pour avoir accès à la francisation.

Ces deux documents posaient problème, car il fallait compter au moins six mois pour les obtenir. Certains demandeurs d'asile s'étaient même vus refuser l'accès au certificat d'acceptation du Québec.

Uniquement à Québec, environ 200 demandeurs d'asile étaient touchés par ces nouvelles exigences en octobre dernier et n'avaient pas pu s'inscrire à leurs cours de francisation, comme l'avait révélé Radio-Canada.

Craignant pour leur intégration, le Parti libéral du Québec, le Centre multiethnique de Québec et des acteurs du milieu scolaire avaient alors exigé un recul du gouvernement Legault.

« Je suis tellement ravie! »

Un couple de demandeurs d'asile originaires de Colombie et rencontrés par Radio-Canada l'automne dernier a réagi avec beaucoup de joie en apprenant la nouvelle.

Christian, 35 ans, et sa conjointe Ivonne, 37 ans, sont arrivés au Québec en janvier 2020.

Christian, 35 ans, et sa conjointe Ivonne, 37 ans, faisaient partie des demandeurs d'asile incapables d'accéder à la francisation.

Photo : Radio-Canada

Je suis tellement ravie! Je sens que finalement, je pourrai m'intégrer à la société, s'est exclamée Ivonne.

Je crois que nous irons [nous inscrire à la francisation] lundi, aussitôt que ce sera possible!

Ivonne

La bonne nouvelle a aussi été accueillie avec un certain soulagement par Natasha Battisti, directrice générale du Centre multiethnique de Québec.

Des demandeurs d'asile privés de francisation avaient commencé à se démotiver, raconte-t-elle.

Maintenant, ça va être vraiment d'activer le processus de francisation pour les aider par la suite à trouver un emploi, à bien s'intégrer aux activités de la communauté dans la ville de Québec et à contribuer comme ils le désirent.

Natasha Battisti, directrice générale du Centre multiethnique de Québec et de ses habitations

Une priorité, dit le gouvernement

Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, n'a pas voulu commenter ce revirement de situation. C'est lui qui était le porteur du dossier l'automne dernier.

Son cabinet a plutôt redirigé nos questions vers la ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration, Nadine Girault.

L'attachée de presse de cette dernière, Flore Bouchon, soutient que des discussions ont eu lieu avec le gouvernement fédéral avant d'en venir à ces critères simplifiés.

Le retrait de cette exigence démontre la volonté de notre gouvernement de donner tous les outils aux personnes immigrantes pour apprendre notre langue commune et s’intégrer pleinement à la société québécoise.

Flore Bouchon, attachée de presse de la ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration

En plus des demandeurs d'asile, leurs conjoint(e)s et leurs enfants à charge de 16 ans et plus pourront se prévaloir des nouvelles règles, tout comme les travailleurs étrangers temporaires déjà présents en sol québécois.

Notre gouvernement fait de la francisation des personnes immigrantes une priorité. Depuis deux ans, nous déployons les efforts nécessaires à élargir et à faciliter le plus possible l’accès aux cours de français, et ce, pour les personnes issues de toutes les catégories d’immigration , indique Mme Bouchon.

Il n'a toutefois pas été possible de savoir si le réseau scolaire a été informé de ces changements, ni quand ou de quelle manière.

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