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Pandémie et églises : un mariage dévastateur

Église Saint-Rédempteur.

Comme toutes les églises, celle de la paroisse Coeur-Immaculé-de-Marie restera fermée au moins jusqu'au 8 février (archives).

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

La fermeture des lieux de culte est un nouveau coup dur pour les fabriques des petites paroisses catholiques, dont plusieurs étaient déjà aux prises avec des difficultés financières, et ce, bien avant la pandémie.

Toutes les fabriques savent que les deux quêtes importantes de l’année sont celles de Pâques et de Noël. En 2020, les églises étaient fermées à Pâques, et l’assistance, limitée à 25 personnes à Noël. Beaucoup de paroisses ont préféré annuler les messes.

Sans les quêtes et les autres sources de revenus, à Matane, la fabrique Coeur-Immaculé-de-Marie est financièrement à bout de souffle, indique son président, Michel Barriault.

2020 va se solder par un déficit, et 2021 ne s’annonce pas mieux, probablement pire.

Michel Barriault, président de la fabrique Coeur-Immaculée-de-Marie

Cette situation, souligne-t-il, ressemble à celle de l’ensemble des fabriques du Québec.

On faisait, dit-il, une vente de garage tous les ans. Cette année, on n’en a pas fait. Les bingos, qui sont une source importante de revenus pour la fabrique, il n’y en a plus depuis le mois de septembre. C’est épouvantable, là, voyez, ils ferment les églises et ils vont permettre les funérailles, mais à dix personnes. Ces petites funérailles, dit-il, se dérouleront, la plupart du temps, en toute intimité dans des salons funéraires.

Cul-de-sac financier

À Matane, la fabrique a réduit ses dépenses de façon draconienne et mis à pied du personnel, dont un curé, un responsable de pastorale, une secrétaire et un homme d'entretien.

Des surplus accumulés lui ont permis de boucler le budget de la dernière année. Ces mêmes surplus serviront à combler un déficit anticipé de plus de 100 000 $ pour 2021.

Le mal est fait. À ce rythme-là, dans deux ans, la paroisse n’existe plus, fait observer le président.

Le regroupement avec d’autres paroisses ne suffira pas à colmater les brèches. Il donne l’exemple de la fusion des quatre paroisses de Matane, soit Saint-Rédempteur, Petit-Matane, Bon-Pasteur et Saint-Jérôme, qui a donné naissance à la fabrique Cœur-Immaculé-de-Marie. Le regroupement s’est traduit par une baisse de la capitation. Le sentiment d’appartenance est moins fort, constate M. Barriault. Les dépenses, elles, n’ont pas diminué.

D'un avenir précaire à un avenir en péril

Avant la pandémie, Michel Barriault siégeait déjà à un comité de l’Archevêché, mandaté pour réfléchir à l’avenir des fabriques de l’ensemble du diocèse. Une tournée de consultation avait été planifiée.

Tout a été remis en question avec la propagation du coronavirus, alors que c'est une réflexion qui aurait dû être entreprise il y a cinq ans et même plus, estime-t-il.

Tout le monde avait déjà des revenus très serrés, note M. Barriault. Les petites fabriques, comme Les Méchins, Grosses-Roches, Sainte-Félicité, Saint-Adelme, prenez-les toutes, ces gens-là font des miracles, plein d’activités, pour essayer d’atteindre l’autofinancement. Imaginez ce qui leur arrive là.

Un clocher d'église.

La fermeture et la reconversion d’églises sont devenues inévitables, estime M. Barriault (archives).

Photo : iStock

Plusieurs fabriques doivent entretenir et payer le chauffage d’églises qui étaient déjà désertées, mais qui sont, depuis plusieurs mois, vides ou quasi vides. La clientèle âgée n’est souvent pas revenue par crainte du virus.

La fermeture et la reconversion d’églises sont donc devenues inévitables, estime l’homme. Déjà, note-t-il, beaucoup sont sur le marché et les fabriques ne pourront pas espérer obtenir des fortunes pour ces grands bâtiments.

Michel Barriault croit que l’après-pandémie ouvrira aussi la porte à une vaste remise en question sur le maintien des services pastoraux. Ces services devront de plus en plus être confiés à des bénévoles, ajoute-t-il.

Le président de la fabrique Cœur-Immaculé-de-Marie dit être en discussions avec l’Archevêché qui suit de près l’évolution financière des fabriques.

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