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737 MAX : accusée de fraude, Boeing va payer 2,5 milliards $ US

Des Boeing 737 MAX immobilisés au sol à Seattle.

Des Boeing 737 MAX immobilisés au sol à Seattle.

Photo : Reuters / Lindsey Wasson

Agence France-Presse

Les autorités américaines ont officiellement accusé jeudi Boeing de complot en vue de commettre une fraude, pour ne pas avoir fourni toutes les informations nécessaires lors du processus d'approbation du 737 MAX, dont deux avions se sont écrasés en vol.

Le géant de l'aéronautique a accepté de verser plus de 2,5 milliards de dollars pour solder certaines poursuites – dont une amende pénale de 243,6 millions, 1,77 milliard d'indemnités aux compagnies aériennes ayant commandé le 737 MAX et 500 millions pour un fonds destiné à indemniser les proches des 346 victimes des accidents de Lion Air en octobre 2018 et Ethiopian Airlines en mars 2019.

Le directeur général de Boeing a estimé que l'accord conclu avec les autorités américaines était la bonne chose à faire.

Cette résolution nous permet de reconnaître de façon appropriée que nous avons failli à nos valeurs et à nos attentes, a ajouté David Calhoun dans un communiqué.

Les employés de Boeing ont préféré le profit à la franchise en cachant à la FAA [l'autorité américaine de l'aviation] des informations importantes concernant l'utilisation de son avion 737 MAX et en s'efforçant de dissimuler leur tromperie, a dénoncé un responsable du département de la Justice, David Burns, dans un communiqué.

L'accord auquel sont parvenues les autorités et l'entreprise tient Boeing responsable de la faute criminelle de ses employés, règle le problème de l'impact financier sur les compagnies aériennes clientes de Boeing et, espérons-le, fournira une certaine forme de réparation aux familles et aux proches des victimes de l'accident, a- t-il ajouté.

Les familles ne veulent pas abandonner les poursuites

Certaines familles de victimes ne prévoient par ailleurs pas d'abandonner leurs poursuites, a indiqué un représentant de leur avocat à l'AFP.

Pour Zipporah Kuria, qui a perdu son père dans l'écrasement du 737 MAX d'Ethiopian Airlines, l'accord représente une simple tape sur les doigts.

Si on cherchait vraiment la justice, les personnes responsables chez Boeing ne devraient pas prendre leur retraite ou démissionner avec des primes : elles devraient être tenues pénalement responsables de leurs actes, a-t-elle souligné dans un message.

La FAA induite en erreur

Boeing, souligne le communiqué, a reconnu que deux de ses employés avaient induit en erreur un groupe chargé au sein de la FAA de préparer la formation des pilotes au sujet du logiciel de vol MCAS, mis en cause dans les deux accidents.

Par conséquent, les documents produits ensuite par l'agence de l'aviation ne contenaient pas d'informations essentielles sur ce logiciel, et elles n'ont donc pas été incluses dans les manuels destinés aux pilotes ni dans les documents de formation.

Selon les termes de l'accord, Boeing a accepté de continuer à coopérer avec les autorités pour toutes les enquêtes en cours ou à venir.

Le constructeur s'est aussi engagé à rapporter aux autorités tout exemple ou soupçon de fraude commise par un de ses employés.

Le ministère n'a en revanche pas jugé nécessaire d'imposer à la compagnie un inspecteur indépendant.

Le 737 MAX avait été cloué au sol pendant vingt mois, après le deuxième accident en mars 2019. Il a été autorisé à voler de nouveau en novembre aux États-Unis, puis dans d'autres pays.

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