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Avion abattu en Iran : des familles de victimes toujours en attente de justice

« La douleur est encore fraîche. Nos vies se sont arrêtées le 8 janvier. »

Javad Soleimani et Elnaz Nabiyi.

Javad Soleimani (à gauche) a perdu sa femme, Elnaz Nabiyi (à droite), dans l'écrasement du vol PS 752 (archives).

Photo : Javad Soleimani

Un an après l’écrasement du vol PS752 d'Ukraine International Airlines, abattu par un missile iranien, des familles de victimes ne parviennent pas à faire leur deuil et attendent toujours que les responsables de la tragédie soient traduits en justice.

La vie de Javad Soleimani a été mise en veilleuse le 8 janvier 2020. Ce jour-là, l’étudiant en maîtrise à l’Université de l’Alberta a perdu sa femme, Elnaz Nabiyi.

La jeune femme revenait d’un séjour en Iran. C'est l'une des 63 victimes canadiennes de l'écrasement du vol PS752.

Cette année a été terrible. La douleur est encore fraîche. Nos vies se sont arrêtées le 8 janvier. Nous sommes terrassés et frustrés parce que nous ne savons toujours pas ce qu'il s’est réellement passé cette nuit-là, déplore Javad Soleimani.

Le couple était marié depuis quatre ans et avait immigré au Canada en septembre 2018 dans l’espoir d’avoir une vie meilleure.

Nous voulions avoir un enfant et devenir professeurs au sein d’une université canadienne prestigieuse, mais tous ces plans se sont envolés, ajoute Javad Soleimani.

Un deuil difficile à faire

Le responsable des relations publiques de l'Iranian Heritage Society d'Edmonton, la Société du patrimoine iranien d'Edmonton, Soroush Samavat, explique qu’en plus de l’absence de réponses le processus de deuil de sa communauté a été compliqué par l’isolement engendré par la pandémie de COVID-19.

Dans notre culture, le deuil se vit en groupe, mais nous n’avons pas eu cette occasion cette année parce que nous étions isolés. Même si l'année est terminée, la douleur est encore vive, explique-t-il.

De nombreux proches des victimes se sont tout de même rassemblés à travers l’Association des familles des victimes du vol PS752, qui représente environ 140 des 176 personnes mortes dans l’écrasement.

Nous sommes unis et faisons notre deuil ensemble, affirme Javad Soleimani, un des fondateurs du groupe.

Il ajoute que la vie des proches des victimes a été bouleversée à jamais. Nous ne sommes plus des gens ordinaires. Cela a bouleversé chaque aspect de nos vies, dit-il.

Un long parcours vers la justice

Même s’il dit avoir confiance dans la capacité du gouvernement canadien d’obtenir justice pour les victimes et leurs familles, Javad Soleimani sait que les procédures prendront du temps.

Ce sera le combat de notre vie.

Javad Soleimani

Il salue d’ailleurs la décision de Ralph Goodale, le conseiller spécial chargé de la réponse continue du gouvernement du Canada à la tragédie, de rejeter l'offre compensatoire de 150 000 $ faite aux familles des victimes par le gouvernement de l'Iran.

Le gouvernement iranien espère que les familles arrêteront de demander que justice soit faite en offrant une compensation, mais cela ne ramènera pas nos proches. Il ne peut pas clore l’affaire simplement en nous donnant de l’argent, affirme Javad Soleimani.

Daniel Ghods et Saba Saadat.

Daniel Ghods (à droite) a perdu sa compagne, Saba Saadat (à gauche), dans l'écrasement du vol PS752.

Photo : Daniel Ghods

Daniel Ghods, qui a perdu sa compagne, Saba Saadat, dans l'écrasement, est du même avis.

Le gouvernement iranien a essayé à plusieurs reprises de détourner la vérité, de museler les familles et d’éviter de répondre aux questions, dénonce-t-il.

C’est un grand manque de respect envers les familles qui insistent pour connaître la vérité, ajoute-t-il.

Les deux Edmontoniens espèrent que les responsables iraniens de l'écrasement seront un jour traduits devant une cour de justice internationale.

Des photos des victimes et des bougies seront installées devant l’Assemblée législative à Edmonton vendredi soir.

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