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Il y a 20 ans, le premier ministre Lucien Bouchard tirait sa révérence

Lucien Bouchard au lutrin, devant une rangée de drapeaux du Québec.

Lucien Bouchard surprend le Québec et toute la classe politique en annonçant sa démission le 11 janvier 2001.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le 11 janvier 2001, au retour des Fêtes, le premier ministre du Québec Lucien Bouchard crée la surprise. En conférence de presse, il annonce qu’il souhaite abandonner ses fonctions et quitter la vie politique.

Un homme s'en va, et l'univers politique québécois et canadien ne sera plus vraiment le même, déclare l’animateur Stéphan Bureau en ouverture du Téléjournal du 11 janvier 2001.

En démissionnant de son poste de premier ministre, Lucien Bouchard met fin à une carrière de 13 ans en politique fédérale et provinciale. Il renonce aussi à conduire les Québécois vers un autre référendum sur la souveraineté.

Le Téléjournal/Le Point, 11 janvier 2001

Dans son reportage au Téléjournal, la journaliste Sophie Langlois résume le discours de Lucien Bouchard devant la presse réunie au Salon rouge.

Le premier ministre du Québec affirme qu’il tire sa révérence, car malgré toute sa passion, il n’a pas réussi à raviver la flamme souverainiste.

L’affaire Michaud a aussi secoué Lucien Bouchard et a nourri sa réflexion durant le temps des Fêtes.

Je n'ai pas le goût de quelque discussion que ce soit sur l'Holocauste et sur le vote des communautés ethniques et culturelles, déclare Lucien Bouchard.

Je ne parviens toujours pas à comprendre comment le débat linguistique en est venu à dévier vers la quantification comparée des souffrances du peuple juif et l'intolérance que manifesteraient les citoyens québécois en ne votant pas pour la souveraineté du Québec, dit-il.

Le premier ministre Lucien Bouchard affirme qu'il souhaite céder la place à un chef qui saura mieux que lui raffermir le militantisme. Il demeurera en poste jusqu’à ce que son successeur soit choisi.

Un débat de fond s’impose au Parti québécois, souligne-t-il. Et l'attente est devenue trop longue pour un père qui veut voir grandir ses enfants.

Alexandre et Simon ont besoin de moi. Et moi, j'ai besoin de les retrouver, de les retrouver tous et de leur consacrer, désormais, le meilleur de mes énergies et de mon temps.

Une citation de :Lucien Bouchard

Une carrière politique sabordée

Le cheminement politique de Lucien Bouchard a longtemps vacillé entre son amitié pour Brian Mulroney et son attrait pour la souveraineté.

Une citation de :Le journaliste Gilles Morin

Le Midi, 11 janvier 2001

À la suite de la démission surprise de Lucien Bouchard, le journaliste Gilles Morin dresse le portrait de la carrière politique de Lucien Bouchard, partagée entre Ottawa et Québec.

À partir de 1973, Lucien Bouchard militait pour le Parti québécois, mais c’est Brian Mulroney qui lui fait quitter son Lac-Saint-Jean natal.

Proche conseiller du premier ministre du Canada, Lucien Bouchard est l’un des artisans du beau risque et un défenseur de l’accord du lac Meech.

La perspective de voir cet accord constitutionnel dilué par les recommandations du rapport Charest lui fait claquer la porte du Parti progressiste-conservateur de Brian Mulroney en mai 1990.

Deux mois plus tard, il fonde le Bloc québécois. Le nouveau parti qu’il dirige formera l’opposition officielle à Ottawa dès l’élection suivante.

Le chef charismatique occupe une place centrale dans la campagne référendaire de 1995. Le camp du oui mise sur son éloquence de même que sur sa popularité et le nomme négociateur en chef en cas de victoire.

À la suite de la démission du premier ministre Jacques Parizeau, Lucien Bouchard devient tout naturellement le chef du Parti québécois (PQ) en janvier 1996.

Comme chef du PQ, Lucien Bouchard est reporté au pouvoir en 1998 et reçoit en 2000 un vote de confiance sans précédent. Il a néanmoins souvent maille à partir avec la vieille garde du PQ.

La pétition signée par une trentaine de personnalités souverainistes – dont Jacques Parizeau, qui condamne la motion de blâme contre Yves Michaud à l’Assemblée nationale – portera le coup fatal.

Lucien Bouchard quitte la politique active et n’entend pas commenter les actions et les décisions de ses successeurs.

Des aspirants chefs au portillon

Le Téléjournal/Le Point, 11 janvier 2001

Lucien Bouchard démissionne presque cinq ans jour pour jour après avoir pris la relève de Jacques Parizeau au lendemain de la défaite référendaire d’octobre 1995.

Au Parti québécois, il n’y a pas eu de course à la direction depuis la démission de son fondateur René Lévesque, en 1985.

Le départ précipité de Lucien Bouchard plonge le Parti québécois dans un bouleversement inattendu, affirme la journaliste Dominique Poirier au Téléjournal du 11 janvier 2001.

Néanmoins, les yeux sont déjà tournés vers sa succession.

C'est la journée de monsieur Bouchard et je suis encore sous le choc. On aura l'occasion d'avoir toutes sortes de discussions sur la suite des choses au cours des prochaines semaines.

Une citation de :Le ministre de l’Éducation François Legault

Bien qu’aucun ne souhaite alors afficher ses couleurs, Dominique Poirier identifie trois ministres qui pourraient se lancer dans la course à la direction : Bernard Landry, Pauline Marois et François Legault.

Lucien Bouchard quittera officiellement le poste de premier ministre le 8 mars 2001 pour faire place au nouveau chef, Bernard Landry.

Pauline Marois devra attendre 2012 afin d’être élue comme première femme première ministre du Québec.

François Legault finira aussi par accéder au poste de premier ministre en 2018, mais comme chef du parti Coalition avenir Québec (CAQ), qu’il a cofondé en 2012.

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