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Confinement : Québec envisage un statut particulier pour les Îles-de-la-Madeleine

Vue de Cap-aux-Meules

Les Îles-de-la-Madeleine sont en zone orange depuis le 17 décembre (archives).

Photo : Radio-Canada / Luc Paradis_Rad

Les Îles-de-la-Madeleine pourraient obtenir un statut particulier en lien avec les mesures sanitaires annoncées mercredi par Québec.

Des pourparlers entre le maire Lapierre et le cabinet du premier ministre François Legault sont en cours à cet effet.

On ne demande pas, évidemment, de faire comme si la pandémie n’existait pas. On ne souhaite pas que les gens vaquent à leurs occupations comme si de rien n’était. En gros, on demande le maintien de la zone orange.

Jonathan Lapierre, maire des Îles-de-la-Madeleine

Lors de son point de presse mercredi soir, le premier ministre mentionnait qu'il n'y aurait pas d'exception régionale concernant l'imposition de nouvelles mesures plus strictes.

Le couvre-feu sera appliqué partout dans la province, à l'exception du Grand Nord, affirmait M. Legault.

À l'instar de nombreux maires dans l'Est-du-Québec, Jonathan Lapierre raconte avoir été déçu et étonné de l'application mur à mur des nouvelles mesures sanitaires, même s'il avait été mis au courant quelques jours avant l’annonce de Québec.

Le maire Lapierre affirme toutefois avoir reçu un appel du cabinet du premier ministre, peu avant l'annonce des nouvelles mesures, lui proposant de poursuivre les discussions au cours des prochains jours. L'archipel pourrait ainsi, possiblement, obtenir un protocole sanitaire particulier en lien avec sa situation géographique isolée, a indiqué le maire au micro de Bon pied, bonne heure.

Dans un courriel, le cabinet du premier ministre confirme que des discussions ont présentement lieu entre la santé publique et les autorités locales des Îles-de-la-Madeleine pour adapter les mesures à la réalité régionale .

Nous comprenons le statut particulier des Îles-de-la-Madeleine, lié à son caractère insulaire, écrit l’attaché de presse du premier ministre, Ewan Sauves.

M. Lapierre rappelle que la situation épidémiologique est enviable aux Îles-de-la-Madeleine, qui cumulent 35 cas depuis le début de la pandémie.

C’est une question de cohérence. Depuis le début, le premier ministre et la santé publique affirment vouloir s’ajuster à la situation particulière d’un certain nombre de régions plus éloignées. J’ai bon espoir qu’on va trouver une voie de passage pour établir ce genre de protocole là, soutient-il.

Jonathan Lapierre devant la mairie des Îles-de-la-Madeleine, en été.

Le maire des Îles-de-la-Madeleine, Jonathan Lapierre, devant la mairie. (archives)

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Pas juste les Îles, demande Joël Arseneau

Le député des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, abonde dans le même sens que le maire Lapierre.

Ce qu’on souhaite, c’est demeurer dans un palier d’alerte qui soit appuyé par les faits et la réalité sur le terrain.

Joël Arseneau, député des Îles-de-la-Madeleine

Il affirme ne pas faire partie des discussions entre le cabinet du premier ministre et la mairie.

Le député péquiste explique toutefois que son groupe parlementaire travaille présentement à obtenir une forme de statut particulier dans d’autres régions plus éloignées qui ne sont pas aux prises avec une contamination communautaire.

Partout où il est possible de contrôler les allées et venues de façon plus stricte […] comme sur la Côte-Nord et même en Abitibi, à partir du moment où la situation est assez stable, on pourrait appliquer un concept de bulle. Ça a donné des résultats probants chez nos voisins de l’Atlantique, estime-t-il.

Joël Arseneau photographié durant une conférence de presse.

Le député des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau

Photo : Gracieuseté - Dereck Doherty

Joël Arseneau craint qu’un niveau d’alerte trop élevé aux Îles-de-la-Madeleine ou dans tout autre endroit où la transmission communautaire est relativement stable diminue l’adhésion de la population aux règles sanitaires en place.

Des protocoles stricts à mettre en place

Le directeur régional de santé publique pour les Îles-de-la-Madeleine, le Dr Yv Bonnier Viger, ne s’oppose pas à l’idée de donner un statut particulier à l’archipel madelinot.

Dr Yv Bonnier-Viger précise toutefois que pour échapper au couvre-feu et à l'interdiction de rassemblement, les autorités madeliniennes devraient mettre en place un contrôle serré des entrées sur le territoire, à l'instar du Nunavik et des Terres-Cries-de-la-Baie-James, les seules régions exemptées des mesures annoncées hier.

C’est clair qu’il y a des ressemblances entre les Îles et les communautés isolées du Nord, affirme Dr Bonnier-Viger. Par contre, comme au Nunavik, il faudrait se donner des mesures assez strictes comme demander aux gens qui entrent aux Îles de faire une quarantaine préalable, de prendre l’avion seulement s’ils ont reçu un résultat de test négatif, qu'ils fassent une nouvelle quarantaine lorsqu'ils arrivent aux Îles et qu'ils soient testés de nouveau quelques jours après leur arrivée pour être certains qu'il n'y a pas eu de transport du virus, note-t-il.

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