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Le retour en classe retardé jusqu'au 25 janvier dans le Sud de l'Ontario

Une classe vide avec, en avant-plan, une bouteille de désinfectant.

Toutes les écoles du Sud de l'Ontario demeureront fermées jusqu'au 25 janvier, tandis que le retour en classe dans les régions du Nord est maintenu au 11 janvier.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

La durée du confinement dans les régions du Nord de l'Ontario est prolongée jusqu'au 23 janvier, tandis que l’apprentissage à distance continuera jusqu’au 25 janvier pour les élèves de l'élémentaire du Sud de la province.

Alors qu'il devait initialement prendre fin le 9 janvier, le confinement des régions du Nord de l'Ontario est désormais aligné avec celui du Sud en étant prolongé jusqu'au 23 janvier, a annoncé jeudi après-midi le gouvernement provincial, par voie de communiqué.

Cependant, le retour en classe des élèves du Nord de la province, élémentaire et secondaire confondus, est toujours maintenu au 11 janvier.

Les élèves de l'élémentaire du Sud de l'Ontario continueront quant à eux leur apprentissage à distance jusqu’au 25 janvier, jour de rentrée à l'école. Ils devaient initialement retourner en classe le 11 janvier.

Compte tenu des tendances en matière de santé publique dans toute la province, notre priorité demeure d'assurer la sécurité des élèves, des enseignants, du personnel scolaire et de tous les Ontariens, a déclaré Doug Ford, dans le communiqué.

Nous devons réduire les chiffres [de la COVID-19] et les mesures d'aujourd'hui nous aideront à continuer à arrêter la propagation de ce virus mortel.

Doug Ford, premier ministre de l'Ontario

Tout en insistant sur le fait que les écoles ne sont pas une source de transmission communautaire croissante, le ministre de l'Éducation, Stephen Lecce, a exprimé sur Twitter son appui à la décision afin de sauver des vies.

Selon le plan de confinement ontarien annoncé en décembre, les écoles élémentaires du Sud devaient rouvrir leurs portes lundi.

Toutefois, l'Ontario a fracassé un record de nouveaux cas et de morts jeudi, et les partis d'opposition ainsi que des syndicats d'enseignants réclament plus de mesures sanitaires avant la réouverture des écoles.

Le Dr David Williams, médecin hygiéniste en chef de l'Ontario, a déclaré jeudi qu'il avait fait cette recommandation, suivie par le gouvernement Ford, avec beaucoup de réticence. Je sais que c'est difficile. C'est difficile pour tout le monde [...] Nous voulons que les écoles soient ouvertes, et qu'elles restent ouvertes, a-t-il déclaré.

Plus de mesures, plus tôt, réclame l'opposition

L'opposition officielle à Queen's Park anticipe quant à elle les futurs retours en classe en demandant au gouvernement de prendre des mesures pour rendre les écoles sûres.

La critique du NPD en matière d'Éducation, Marit Stiles, a exigé par communiqué un vaste programme de tests asymptomatiques à l'école, la limitation de la taille des classes à 15 élèves, des espaces bien ventilés et la vaccination des enseignants et des éducateurs plus tôt que l'ordre établi par l'Ontario.

La députée néo-démocrate Marit Stiles en entrevue par vidéoconférence.

La députée néo-démocrate Marit Stiles (archives)

Photo : Radio-Canada

Le chef du Parti libéral de l'Ontario, Steven Del Duca, a commenté sur Twitter que l'extension de l'école à la maison dans les régions du Sud est appropriée, mais a exhorté l'exécutif à donner plus de préavis aux parents et aux éducateurs afin qu'ils ne se démènent pas pour la garde d'enfants.

Pression sur les parents et les éducateurs

La Fédération des enseignantes et des enseignants de l'Ontario (FEEO), l'un des quatre grands syndicats ontariens de l'éducation a déclaré que le prolongement de l'enseignement à distance traduisait l'échec du gouvernement Ford à contenir la propagation du virus.

La sécurité des élèves et des éducateurs ne peut tout simplement pas être garantie dans une grande partie de la province, a déclaré son président, Sam Hammond.

L'arrêt de l'apprentissage en personne ajoute une pression supplémentaire sur les familles et les éducateurs, en particulier ceux qui ont des enfants d'âge scolaire.

Fédération des enseignantes et des enseignants de l'Ontario, dans un communiqué

Daniel Lajeunesse, qui vit avec ses deux enfants et sa conjointe à Aurora, au nord de Toronto, a dit être d’accord avec un retour plus tardif dans les régions les plus densément peuplées de l’Ontario, mais il s'inquiète pour ses enfants.

Je suis pas surpris, c’est la bonne décision mais malheureusement la jeunesse va en souffrir énormément, a-t-il noté.

Un homme avec des lunettes.

Daniel Lajeunesse et sa famille habitent à Aurora.

Photo : Fournie par Daniel Lajeunesse

Nathalie Rainville, mère monoparentale à North Bay, dans le Nord de l’Ontario, doit quant à elle jongler entre l’éducation de ses trois enfants d’âge primaire et son emploi qui requiert normalement qu’elle y soit présente physiquement.

Si elle comprend que le confinement sera prolongé dans sa région, elle est surtout soulagée par la rentrée en présentiel de ses enfants dès lundi.

Ça veut dire un peu plus de normal dans nos vies, c’est excellent, ça.

Le milieu des affaires nord-ontarien demande de l'aide

La décision de la province de prolonger le confinement dans le Nord a surpris des présidentes de chambre de commerce de la région, même si elles comprennent et approuvent la mesure.

Selon la présidente de la Chambre de commerce de Thunder Bay, Charla Robinson, plusieurs propriétaires d’entreprises estimaient en décembre qu’un confinement de deux semaines n’aurait pas trop d’impact sur leurs revenus.

Un confinement d’un mois aura certainement un plus grand impact.

Charla Robinson, présidente de la Chambre de commerce de Thunder Bay

Mme Robinson remercie la province de ne pas avoir attendu vendredi pour faire part de son plan.

Elle affirme tout de même qu’il s’agit d’un délai serré, surtout que plusieurs entreprises avaient commencé leurs préparatifs en vue de la réouverture, comme la planification des horaires des employés.

Elle encourage aussi les propriétaires d’entreprises à se renseigner sur l’aide financière à laquelle ils ont droit pour les aider.

De son côté, la présidente de la chambre de commerce de Timmins, Mélanie Verreault, demande à la province de fournir plus de soutien aux PME.

Comment allons-nous les soutenir au niveau financier, surtout que ça va représenter encore de nouvelles difficultés?

Mélanie Verreault, présidente de la Chambre de commerce de Timmins.

La PDG de la Chambre de commerce du Grand Sudbury, Debbi Nicholson, croit qu’il est nécessaire pour la province d’accélérer l’administration des vaccins contre la COVID-19.

Elle aimerait aussi que la province fournisse rapidement aux entreprises un plan clair concernant la vaccination de leurs employés.

Le taux de positivité chez les enfants a augmenté

Jeudi matin, le premier ministre Ford a révélé qu'un enfant de moins de 13 ans sur cinq qui subit un test de dépistage actuellement a un résultat positif.

C'est sans parler de tous les autres enfants qui n'ont pas subi de test et qui ont le nez qui coule ou de la toux, a-t-il ajouté.

Ma priorité est de protéger nos enfants, particulièrement avec les taux [de positivité] qu'on voit actuellement.

Doug Ford, premier ministre de l'Ontario
Doug Ford à un point de presse, portant un masque de type chirurgical.

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

À cause des Fêtes

Le premier ministre a affirmé jeudi que le taux de positivité des tests de dépistage chez les enfants avait bondi durant les vacances des Fêtes.

Selon des données dévoilées par le gouvernement, le taux de positivité parmi les enfants de 4 à 11 ans a augmenté de 116 % du 27 décembre au 2 janvier, alors qu'il a grimpé de 97,9 % chez les 12-13 ans et de 75,9 % dans le groupe des 14 à17 ans.

Pour le président du Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario (CHEO), Alex Munter, la prolongation de la fermeture des écoles, si elle est confirmée par la province, symbolise « l'échec » des gouvernements et de la communauté. Nous savons comment prévenir la COVID-19, mais ne l'avons pas fait, commente-t-il sur Twitter. Maintenant, ce sont les enfants qui en paient le prix.

Dans une lettre aux parents diffusée le week-end dernier, le ministre de l'Éducation, Stephen Lecce, assurait pourtant que les écoles étaient sécuritaires et n'étaient pas une source de transmission de la COVID-19.

Ça n'a pas de sens de la part du gouvernement de renvoyer les élèves, les enseignants et les autres travailleurs en éducation à l'école, alors que la province est en confinement pendant deux ou trois autres semaines, avait rétorqué, mercredi, le président de la Fédération des enseignants de l'élémentaire (FEEO), Sam Hammond.

La FEEO cite à l'appui l'épidémiologiste David Fisman, de l'Université de Toronto, selon qui il y aura beaucoup d'élèves infectés, mais asymptomatiques, si la province rouvre les écoles lundi. Il serait irresponsable de renvoyer les enfants et les éducateurs en classe sans savoir avec certitude s'il est sécuritaire de le faire, selon lui.

La présidente de l'Association des enseignants franco-ontariens (AEFO), Anne Vinet-Roy, a admis en entrevue à l'émission Y a pas deux matins pareils, jeudi, que les avis étaient partagés dans la population au sujet du retour en classe. Toutefois, elle rejette les assurances du ministre Lecce, selon qui il n'y a aucune propagation du coronavirus dans les écoles.

Le gouvernement fonctionne dans sa propre bulle et ne consulte pas vraiment les gens qui sont les plus concernés par tout ça.

Anne Vinet-Roy, présidente de l'AEFO

De son côté, le chef du Parti vert, Mike Schreiner, croit que toutes les écoles devraient rester fermées jusqu'au 25 janvier. Entre-temps, le gouvernement devrait réduire la taille des classes à 15 élèves, améliorer la ventilation dans les écoles et y planifier plus de dépistage asymptomatique.

On a le devoir de s'assurer que les écoles sont véritablement sécuritaires, dit-il. Les parents et les élèves ont besoin de stabilité. On ne peut pas attendre de semaine en semaine de voir ce qui va se passer.

Des bureaux de santé publique avaient devancé la province

À Windsor, la santé publique avait annoncé jeudi matin que les écoles de son territoire resteraient fermées au moins jusqu'au 25 janvier.

Même décision annoncée jeudi par le bureau de santé publique de Wellington-Dufferin-Guelph.

Par ailleurs, la division de la région de Peel de la Fédération des enseignants de l'élémentaire avait écrit directement au chef de la santé publique de Peel, le Dr Lawrence Loh, pour lui demander de garder les écoles fermées sur son territoire si le gouvernement Ford refuse de le faire à l'échelle provinciale.

Selon le syndicat, environ 300 des 700 cas de COVID-19 recensés dans les écoles élémentaires de la région de Peel depuis le début de l'année scolaire ont eu lieu en décembre.

Au Québec, malgré la prolongation du confinement jusqu'au 8 février et l'imposition d'un couvre-feu, le gouvernement de François Legault a décidé de rouvrir les écoles primaires comme prévu lundi. Au secondaire, le retour en classe aura lieu le 18 janvier.

Selon le bureau de M. Ford, il devait s'entretenir avec son homologue du Québec jeudi.

Avec les informations de CBC News

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