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Analyse

Qui voudra de l’héritage de Donald Trump?

Depuis l’intrusion de ses partisans au Capitole, le président sortant est critiqué de toutes parts, y compris au sein de son propre parti.

Des partisans de Donald Trump à l'assaut du Capitole.

Des partisans de Donald Trump à l'assaut du Capitole mercredi.

Photo : Reuters / SHANNON STAPLETON

Le 3 novembre, Donald Trump a perdu le vote populaire par 7 millions de voix. N’empêche, la soirée électorale n’a pas été catastrophique pour tout le monde dans son camp.

Des sénateurs en danger ont réussi à conserver leurs sièges et les républicains ont augmenté leur présence à la Chambre des représentants, défaisant des recrues démocrates prometteuses.

Avec l’appui de 74 millions d’électeurs, Donald Trump a reçu plus de votes que tout autre président sortant dans l'histoire. Un bassin considérable d’électeurs que ne peut ignorer quiconque envisage briguer l’investiture du Parti républicain.

Tellement que malgré les dizaines de revers du président Trump et de ses alliés devant les tribunaux, plusieurs élus républicains ont cru bon de partager ses allégations non prouvées de fraude électorale, y compris pendant le processus de certification des résultats électoraux par le Congrès.

Puis, sont survenues les scènes qui ont capté l’attention du monde entier. Des fenêtres brisées, des partisans de Donald Trump qui ont outrepassé les barrières et les policiers pour faire irruption dans le Capitole, certains entrant même dans la Chambre des représentants.

Peu avant ces événements, le président avait appelé à marcher vers le Capitole, affirmant qu’ils n'allaient pas reprendre notre pays avec de la faiblesse et qu’ils devaient démontrer de la force.

Des heures plus tard, dans des messages que le réseau social Twitter lui a demandé de supprimer – d'ailleurs, Facebook et Twitter ont suspendu ses comptes –, Donald Trump a finalement appelé ses partisans au calme, mais en leur répétant des allégations infondées de fraude électorale.

Ces scènes surréalistes et la réaction du président ont déclenché une vague de critiques venant à la fois de démocrates et de républicains.

C’est comme ça qu’on règle les élections dans des républiques de bananes, a écrit George W. Bush, le seul ancien président républicain encore en vie. Cette violence est le résultat laid et inévitable de la dépendance du président à constamment attiser les divisions, a écrit de son côté le sénateur républicain Ben Sasse.

Puis, quand le Congrès a repris ses travaux pour certifier les résultats du vote, un changement de ton était perceptible chez certains élus, notamment au Sénat.

Certains, comme Josh Hawley du Missouri, ont maintenu leurs discours évoquant des craintes de fraudes et d’irrégularités électorales.

Mais d’autres sénateurs, qui avaient initialement promis de s’opposer à la certification des résultats de l’élection présidentielle, comme James Lankford, Mike Braun, Kelly Loeffler et Steve Daines, sont finalement revenus sur leur décision, prenant leur distance du président sortant.

Des choix d’ici 2022

Des soldats et des policiers devant le Capitole.

Des membres de la Garde nationale et des policiers de Washington protègent le Capitole des États-Unis, en soirée, le 6 janvier 2021.

Photo : Getty Images / Samuel Corum

Donald Trump a toujours un très grand pouvoir d’attraction au sein du Parti républicain. Il suffisait de voir la foule réunie près de la Maison-Blanche mercredi matin pour le comprendre.

Dans des entrevues réalisées au cours des derniers jours à Washington, plusieurs militants ont multiplié les critiques contre le Parti républicain qui, selon eux, ne défendait pas suffisamment le président.

En vue des élections de mi-mandat de 2022 et du scrutin présidentiel de 2024, le Parti républicain sera donc confronté à des choix sur la direction à prendre.

Renier ou se coller à l’héritage d’un président dont certaines idées, notamment économiques, demeurent populaires, mais dont les dernières semaines au pouvoir auront été marquées par des contestations électorales, des défaites dans des élections sénatoriales et une intrusion au Capitole?

Chose certaine, peu importe la direction que prendront les républicains, ils devront composer avec une force réduite.

Quand Donald Trump a été assermenté en janvier 2017, les républicains contrôlaient la Maison-Blanche, la Chambre des représentants et le Sénat. Quatre ans plus tard, ces trois institutions sont désormais entre les mains des démocrates.

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