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Analyse

Donald Trump a cimenté sa place dans l’Histoire

Donald Trump s'adressant à ses partisans mercredi à Washington

Donald Trump s'est adressé à ses partisans mercredi à Washington.

Photo : Reuters / JIM BOURG

Pour comprendre ce qui s’est passé mercredi à Washington, il faut d’abord rappeler certains faits.

D’abord, il n’y a pas eu de fraude massive lors de l’élection du 3 novembre dernier. Le camp Trump a été débouté dans près de 60 contestations du scrutin devant les tribunaux de tous les niveaux, dans plusieurs États et même devant des juges qui avaient été nommés par Donald Trump.

Pendant tout ce temps, il n’a pas réussi à prouver qu’un seul électeur a voté illégalement. Pas un seul. Cela est incontestable.

La campagne de Trump a dit avoir des centaines de déclarations assermentées prouvant le contraire, mais elle ne les a jamais soumises à l’examen d’un tribunal. Et pour cause : si elles étaient démontrées fausses par le tribunal, leurs auteurs auraient pu être poursuivis pour parjure, ce qui aurait évidemment discrédité leur cause.

Il n’y a pas eu de fraude : Joe Biden a eu sept millions de votes de plus que Donald Trump. Il a gagné au Collège électoral avec la même marge que Trump il y a quatre ans. Tous les responsables de ces élections les ont déclarées valides.

La primauté du verdict populaire

Mais, à la base même de la démocratie, il y a un principe simple qui a été bafoué par le président Trump : la primauté du verdict populaire.

Que le perdant doit accepter sa défaite, et que ce sera le gagnant qui formera le prochain gouvernement. Le corollaire étant que la passation des pouvoirs se fera de façon calme et ordonnée.

Il y a un autre principe qui est valable en tout temps : les mensonges ont des conséquences. Encore plus quand ils sortent de la bouche d’un président des États-Unis. Quand le président Trump refuse de reconnaître sa défaite, il se trouve à inciter ses partisans à croire qu’ils ont été lésés ou volés.

Bien sûr, quand il se déplace pour faire un discours pour chauffer à blanc ses partisans et les inciter à marcher sur le Capitole, comme il l’a fait mercredi midi, il choisit clairement et délibérément de jeter de l’huile sur le feu.

Pas étonnant qu’on ait vu cette manifestation violente et sans précédent dans l’Histoire des États-Unis dégénérer au point de menacer les élus du peuple.

Un partisan de Donald Trump à l'intérieur du Capitole

Un partisan de Donald Trump à l'intérieur du Capitole

Photo : Reuters / MIKE THEILER

Pour préserver son ego

Tout cela pour une seule raison : préserver l’ego de Donald Trump. Lui permettre de prétendre, jusqu’à la fin de ses jours, qu’il n’a jamais perdu. Qu’il n’est pas un perdant, mais plutôt un homme qui s’est fait voler une élection.

Ce qui s’est passé mercredi à Washington était une tentative de coup d’État. Un coup d’État plutôt moche, désorganisé et qui a échoué – comme l’ensemble de cette vaine tentative de nier les résultats des élections –, mais une tentative de coup d’État tout de même.

La démocratie américaine a une longue tradition et des institutions résilientes. C’est ainsi que le Congrès a repris son travail de certifier les résultats de l’élection en soirée, mercredi.

Les institutions n’ont pas cédé aux assauts du président sortant. Mais en incitant ses partisans à la violence contre le Congrès et l’État de droit – sans oublier son tweet contre son propre vice-président, pas assez servile à son goût puisqu’il a annoncé qu’il allait respecter la Constitution –, Donald Trump a cimenté sa place dans l’Histoire.

Celle d’un ennemi de cette grande démocratie.

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