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Réactions régionales au « traitement choc » de François Legault

La rue Saint-Germain, en hiver. Aucune auto ni piéton n'y circulent.

Le centre-ville de Rimouski était désert dans l'après-midi du 24 mars 2020, quelques heures avant la fermeture imposée des services jugés non essentiels pour freiner le coronavirus. Le même scénario se dessine pour les prochaines semaines (archives).

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

Entre déception et résignation. Les réactions à l'imposition d'un couvre-feu et au resserrement des mesures décrétés jusqu'au 8 février par le premier ministre François Legault, sont nombreuses au Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine.

Les mesures s’étendent à l’ensemble du Québec à l’exception du Nunavik et des Terres-cries-de-la-Baie-James. Le premier ministre Legault indique que cette décision a été prise en fonction des capacités hospitalières des régions.

Plusieurs personnes auraient souhaité que Québec fasse une différence entre les régions de l’Est-du-Québec, moins touchées par la pandémie que d'autres de la province, mais la plupart acceptent avec philosophie ces nouvelles restrictions.

Considérant la hausse constante du nombre de cas de contamination à la COVID-19 au Québec, c’est surtout la résignation qui prend le dessus parmi les citoyens interrogés par Radio-Canada. Je me console en me disant qu’il y a quelques personnes que j’ai pu voir en allant dehors. On est quand même chanceux en Gaspésie d’avoir de grands espaces, commente une dame de Gaspé.

La députée de sa circonscription, Méganne Perry-Mélançon, comme la plupart des députés du Parti québécois des circonscriptions de l’Est-du-Québec, aurait souhaité des mesures distinctes déterminées selon le niveau de contamination des régions.

La députée de Gaspé Méganne Perry Mélançon

La députée de Gaspé Méganne Perry Mélançon

Photo : Radio-Canada

Elle comprend que le gouvernement veut lancer un message fort. C’est certain que cette onde de choc aura des répercussions en Gaspésie, souligne la députée. Elle ajoute qu’il serait temps par contre que les décideurs expliquent un peu mieux leurs décisions aux populations des régions éloignées.

Le député des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, ne cache pas, lui non plus, sa déception.

Il juge que Québec a peu d’arguments pour justifier l’imposition de consignes sans modulations régionales.

Je pense que le gouvernement devra se justifier au cours des prochains jours pour une crise dont il a perdu le contrôle notamment dans les milieux urbains.

Joël Arseneau, député des Îles-de-la-Madeleine

J’aimerais savoir comment, en imposant des règles très strictes à l'Abitibi-Témiscamingue, à la Côte-Nord, à la Gaspésie et aux Îles, il va permettre d'alléger la pression sur le réseau montréalais de la santé, ajoute-t-il. J’attends encore la démonstration de ça.

Invitation au respect des mesures

Le maire de Gaspé et vice-président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Daniel Côté, dit comprendre la déception en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine.

Il indique que les élus ont tenu plusieurs discussions avec les responsables de santé publique au cours des derniers jours afin d’obtenir certains allègements. On comprend qu’ils ne sont pas rendus là, indique Daniel Côté.

On n'a pas le choix de se fier aux spécialistes de la santé publique.

Daniel Côté, maire de Gaspé et premier vice-président de l’UMQ

Comme plusieurs maires, Daniel Côté devra veiller à l’application des nouvelles règles. Plusieurs points demeurent toutefois en suspens, notamment en ce qui a trait à la gestion des installations sportives ou des bibliothèques. Ce n’est pas très clair, relève M. Côté qui attend des précisions dans les prochains jours.

À travers un grillage, des jeunes hockeyeurs s'amusent sur une patinoire extérieure.

Les activités extérieures seront autorisées, mais seulement entre les membres d'une même bulle familiale.

Photo : Getty Images / OLIVIER MORIN

En attendant des éclaircissements sur certaines mesures, le maire de La Pocatière, Sylvain Hudon, recommande à ses concitoyens de respecter le couvre-feu. On va traverser une période difficile. Les gens devront s’adapter. Le gouvernement décide de ne pas mettre de barrage, c’est une bonne décision, mais je demande aux gens d’être très respectueux des règles établies, convient-il.

Il rappelle que plusieurs de ces mesures visent à préserver le réseau de la santé.

Le préfet de la MRC de Kamouraska, Yvon Soucy, va dans le même sens. Il note que, contrairement au confinement plus strict du printemps dernier, il est maintenant possible de voir la lumière au bout du tunnel grâce à la campagne de vaccination.

Santé, économie et éducation

Le préfet de la MRC de La Mitis, Bruno Paradis, fait partie de ceux qui auraient aimé tout de même que la région soit traitée différemment des autres.

Le gouvernement fait avec ce qu’il a, relève-t-il.

Il souligne le fait que l'impact des rassemblements tenus durant le temps des fêtes sur le nombre de cas de COVID-19 n’est pas encore connu et que le personnel de la santé a besoin de soutien et de protection. C'est peut-être mieux de faire un effort collectif, tous ensemble, pour mettre fin à l'éclosion massive que l'on voit un peu partout, croit le préfet de la MRC de La Mitis.

Marc Parent.

Le maire de Rimouski se dit heureux de constater que l'économie pourra être en partie préservée.

Photo : Radio-Canada

Que cet effort ne se fasse pas au détriment de l’éducation et de l’économie est un élément qu’apprécie le maire de Rimouski, Marc Parent. Il se dit heureux de constater que le gouvernement conserve un certain niveau d’activités économiques en maintenant les chantiers de construction ou en permettant aux commerces de détail non essentiels d’offrir la livraison.

Le maire de Matane, Jérôme Landry abonde dans le même sens et se dit content de constater que les mesures permettront de préserver l’économie des régions. Même si Matane compte à peine cinq cas actifs de la maladie, le maire juge que les nouvelles consignes permettront de préserver le réseau de la santé du Bas-Saint-Laurent et possiblement, si besoin est, d’accueillir des malades d’autres régions.

Avec la collaboration de Denis Leduc, Bruno Lelièvre et Martin Toulgoat

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