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« Un double traumatisme », après une agression raciste à Edmonton

L'entrée du centre commercial Southgate.

L'agression a eu lieu au centre commercial Southgate, dans le sud d'Edmonton.

Photo : Google Street View

Radio-Canada

Au début du mois de décembre, deux femmes noires musulmanes ont été brutalement attaquées dans le stationnement d’un centre commercial d’Edmonton. Un mois après les faits, une membre de la famille des victimes ainsi que des représentants de la communauté musulmane reviennent sur cette agression et le traumatisme qu’elle a engendré.

Ma famille s'est rendue dans ce centre commercial de nombreuses fois, mais cette fois était différente, affirme celle qui se présente comme la fille de l’une des victimes et la sœur de la seconde.

La jeune femme qui parle en leur nom préfère témoigner de façon anonyme sur Zoom, car elle s’inquiète des représailles à la suite de la progression du racisme et de l’islamophobie en Alberta, au pays et dans le monde.

Le 8 décembre dernier, deux femmes noires, de confession musulmane, étaient assises dans leur voiture stationnée près du centre commercial Southgate, à Edmonton quand deux hommes ont commencé à leur crier des insultes racistes avant de s’en prendre physiquement à elles, selon la police.

Depuis, un homme vivant à Edmonton et âgé de 41 ans a été accusé d’attaque haineuse.

Alors que la représentante de la famille affirme que deux hommes sont impliqués dans l’attaque, la porte-parole de la police d’Edmonton, Cheryl Voordenhout, dit qu’une seule personne a été accusée en rapport avec l’incident. Il a été déterminé qu'il n'y a pas de preuve permettant de porter des accusations contre un deuxième individu dans cet incident troublant, écrit-elle dans un courriel.

Si l’attaque s’est produite il y a un mois, les deux victimes sont encore sous le choc. Cela les a complètement changées, cela a changé leur vision de la vie, cela les a profondément traumatisées, raconte la personne qui parle en leur nom.

Selon elle, les hommes auraient notamment dit aux deux femmes de retourner dans leur pays et qu’elles n'avaient pas leur place au Canada. Pour la témoin anonyme, ces mots ont été d’une grande violence émotionnelle. Pendant des générations, nous avons vécu et habité en Alberta et avons toujours pensé que c’était chez nous, confie-t-elle.

Nous ne nous sommes jamais demandé si notre place était ici ou non jusqu'au moment de cette attaque vicieuse.

Une citation de :Témoin anonyme, fille et soeur des victimes de l'attaque raciste

Alors que l’attaque a été très brutale, la jeune femme qui témoigne parle de double traumatisme, car elle estime que les victimes n’ont pas reçu le soutien adéquat après les faits. Rencontrer intervenant après intervenant non formé pour accompagner les victimes de crimes haineux a été très difficile et décourageant, affirme-t-elle.

Une réponse coordonnée espérée par le CNMC

À la lumière de cet événement, Sameha Omer, directrice des affaires juridiques du Conseil national des musulmans canadiens (CNMC), appelle les gouvernements et le public à ouvrir les yeux sur la situation des musulmans et de toutes les minorités au pays.

Sameha Omer.

Lors d'une conférence sur Zoom, Sameha Omer, directrice des affaires juridiques du Conseil national des musulmans canadiens, demande à tous les ordres de gouvernement de mettre sur pied au plus vite un plan pour en finir avec le racisme en Alberta et au pays.

Photo : Capture d'écran d'une rencontre Zoom

Nous avons ignoré l'existence des suprémacistes blancs et des islamophobes, nous avons ignoré des organisations comme [la milice armée d’extrême droite] III % en nous mettant résolument la tête dans le sable, dénonce-t-elle.

Il s'agit du Canada, et le fait que la violence des suprémacistes blancs et des groupes, comme la milice du III %, existent, mobilisent et agit à la vue des forces de l'ordre bouleverse notre vision nationale de paradis multiculturel.

Une citation de :Sameha Omer, directrice des affaires juridiques, Conseil national des musulmans canadiens

C’est pourquoi elle exhorte le gouvernement fédéral à prendre le taureau par les cornes en réclamant un plan national visant à démanteler de tels groupes.

Toutefois, le CNMC pense que tous les ordres de gouvernement doivent prendre part à la bataille. Nous demandons au premier ministre, Jason Kenney, à la chef de l'opposition, Rachel Notley, aux maires Don Iveson et Naheed Nenshi, ainsi qu'à tous les autres maires de l'Alberta, de se réunir pour élaborer un plan commun bipartite, provincial et municipal visant à mettre fin au harcèlement de rue et à la violence raciste en Alberta, dit Mme Omer.

Elle demande aussi à tous les Albertains et à tous les Canadiens dégoûtés par cette situation de faire des dons aux groupes qui soutiennent les victimes de telles attaques.

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